Moscou prépare le troisième sommet Russie-Afrique dans un contexte marqué par la volonté russe de consolider ses relations économiques, diplomatiques et stratégiques avec le continent. Plus de 30 pays et plus de 200 journalistes et représentants de médias africains sont associés aux activités préparatoires, selon African Manager, dans une démarche qui accorde une place importante à la diplomatie culturelle et à la communication.
Les échanges porteront notamment sur le commerce, les investissements, les infrastructures, l’énergie, les technologies et l’enseignement. Pour Moscou, l’objectif est de développer des partenariats adaptés aux besoins des pays africains, tout en respectant leurs spécificités et leur souveraineté. Le responsable russe Maxime Orechkine a également évoqué la possibilité de visites dans plusieurs pays africains afin d’identifier des projets concrets de coopération.
Sur le plan économique, les échanges commerciaux entre la Russie et l’Afrique ont atteint environ 27,8 milliards de dollars en 2025, en hausse de 13 % par rapport à 2024. Cette progression masque toutefois un déséquilibre persistant : les exportations russes vers le continent restent largement supérieures aux importations en provenance d’Afrique. Les céréales, notamment le blé, ainsi que les engrais occupent une place centrale dans les livraisons russes, tandis que les pays africains exportent principalement du café, du cacao, du tabac et des fruits tropicaux.
Moscou ambitionne de porter le volume de ses échanges avec l’Afrique à 50-60 milliards de dollars d’ici à 2030. Cette stratégie répond également à la volonté russe de diversifier ses partenariats internationaux, d’atténuer les effets des sanctions occidentales et de promouvoir un ordre mondial multipolaire.
Les deux précédents sommets, organisés à Sotchi en 2019 et à Saint-Pétersbourg en 2023, ont permis de structurer le dialogue politique et économique entre les deux parties, avec plusieurs accords et un plan d’action commun. Néanmoins, la concrétisation des ambitions affichées dépendra de la capacité à diversifier les échanges, à renforcer les investissements productifs et à améliorer les infrastructures logistiques.
En parallèle, Moscou accueille le huitième sommet du Forum des pays exportateurs de gaz, consacré notamment aux perspectives du marché gazier mondial, à la sécurité énergétique et à la stabilité des approvisionnements.
Au-delà des annonces diplomatiques, l’enjeu majeur demeure donc la transformation de ce rapprochement en partenariats équilibrés, capables de produire des retombées économiques tangibles pour les pays africains.





