Un groupe de migrants latino-américains, refoulés des États-Unis dans le cadre d’un programme controversé de réexpulsion vers des pays tiers, se retrouve confronté à une réalité brutale en République démocratique du Congo. Arrivés à Kinshasa après un vol éprouvant de 27 heures, souvent entravés, ces hommes et femmes découvrent avec stupeur une destination dont ils ignoraient tout jusqu’à la veille de leur départ.
Logés depuis plusieurs jours dans un complexe hôtelier sécurisé près de l’aéroport de Kinshasa, ces migrants vivent dans l’incertitude la plus totale. Interdits de sortie, sous surveillance policière et militaire, ils décrivent un quotidien marqué par l’isolement, la peur et des conditions sanitaires préoccupantes. Plusieurs témoignent de maladies non prises en charge médicalement, malgré une assistance limitée fournie par l’Organisation internationale pour les migrations.
Ce transfert s’inscrit dans une politique migratoire initiée sous l’administration de Donald Trump, visant à externaliser la gestion des migrants en situation irrégulière vers des pays partenaires, souvent en échange d’un soutien logistique ou financier. La RDC figure parmi plusieurs États africains ayant accepté ce dispositif, malgré son opacité et les inquiétudes qu’il suscite.
Sur place, les migrants disposent de visas temporaires de courte durée, mais redoutent un abandon imminent une fois ces délais expirés. Sans maîtrise du français ni perspectives d’emploi, ils craignent de se retrouver livrés à eux-mêmes dans une capitale marquée par une pauvreté endémique et des infrastructures fragiles.
Entre désillusion et angoisse, ces exilés involontaires dénoncent une situation « inhumaine et injuste », illustrant les dérives d’une politique migratoire internationale de plus en plus contestée.





