De Mongomo à Bata: une quête de liberté
Le matin du 22 avril dans la belle Basilique de l’Immaculée Conception, le Pape Léon XIV a célébré l’eucharistie devant de nombreux fidèles parmi lesquels se trouve le président Teodoro Obiang Nguema. Mongomo est, en effet, la ville natale du président.
Une célébration dans une ambiance de ferveur avec des instruments traditionnels pour la musique. C’est une façon de renouer avec ses origines dans une quête de liberté intérieure, source de paix.
Le Pape Léon XIV, en réponse aux nombreux cadeaux reçus, a offert le calice avec lequel il a célébré au diocèse de Mongomo, représenté par son évêque Monseigneur Juan Domingo-Beka Esono Ayang, qui assume également la charge de président de la Conférence épiscopale de Guinée équatoriale.
A Mongomo, il y a une joie sur les visages mais dans les cœurs certainement une profonde aspiration à un mieux-être dans un pays où, d’ une part, les injustices sociales font croître la masse des pauvres et, d’autre part, la peur de privation de liberté crée une situation de psychose.
En fin d’après midi, le président de la célébration eucharistique en la Basilique Immaculée Conception devient le visiteur des hommes et de femmes dans un lieu de privation de liberté à Bata.
Mais est-ce Bata, la multinationale reconnue pour ses chaussures abordables et durables?Non.
Est-ce Batà, le tambour sacré dans la religion Yorouba au Nigeria ou encore Bata une des langues parlées au Tchad, au Nigeria et au Cameroun? Certainement non.
Alors est-ce Bata, la deuxième ville de la Guinée Équatoriale, connue pour sa dynamique économique ?
Oui, mais le Pape Léon XIV n’ est pas allé dans un centre d’affaires ou économique mais il est allé à la prison de Bata, un lieu de privation de liberté.
« Je suis venu vous dire quelque chose de simple: Personne n’est exclu de l’amour de Dieu, a dit le Pape Léon XIV.™
Un vent de liberté a soufflé sur la prison de Bata et surtout dans les cœurs. La pluie, l’invitée imprévue, sur ce centre pénitentiaire durant ce moment de rencontre, a été interprétée comme un signe de paix et de bénédiction.
Mais à Bata a eu lieu également un dépôt de gerbes au mémorial des victimes du 7 mars 2021, puis une rencontre au stade avec les jeunes et les familles.
Un stade, rénové pour la coupe d’Afrique des Nations, est resté comme héritage pour la jeunesse, une jeunesse assoiffée de liberté et de meilleures conditions de vie et d’existence.
Il fallait plus qu’une pluie pour démobiliser les jeunes rassemblés dans cette arène.
Quand on voit tous ces jeunes pleins d’enthousiasme, on ne peut ne pas se demander : que faisons-nous de cette force en attente et dans l’Église et dans la cité pour un continent en devenir?
Que faire pour que ce qui est supposé être une force ne devienne un poids dans des pays africains où tout reste à construire?
Investir réellement dans la jeunesse et dans l’humain n’est-ce pas le chemin de notre développement ?
Le développement est le nouveau nom de la paix. (Mars 1967, Pape Paul VI in Populorum progressio).
Et depuis sa place dans le stade, le Pape Léon XIV adresse, à la jeunesse equato- guinéenne et par là à toute la jeunesse africaine, ce message: Jeunes, votre futur vous appartient.
Roger la Joie de la Croix FOLIKOUE





