Le ton monte entre acteurs africains et européens à l’approche du 2 avril. Dans un communiqué ferme, le Mouvement Martin Luther King (MMLK) dénonce ce qu’il qualifie d’« ultimatum » de l’Union européenne visant l’Alliance des États du Sahel, et appelle à une mobilisation des peuples africains contre toute ingérence extérieure.
À l’origine de la tension, une résolution adoptée le 12 mars par le Parlement européen, exigeant la libération immédiate du président déchu Mohamed Bazoum, renversé en juillet 2023, ainsi que le rétablissement de l’ordre constitutionnel d’ici début avril 2026. Une position que le MMLK juge « paternaliste » et attentatoire à la souveraineté des États concernés.
Dans son texte, l’organisation panafricaine estime que cette pression internationale intervient dans un contexte de recul de l’influence occidentale au Sahel, notamment après le retrait de plusieurs forces étrangères du Mali, du Burkina Faso et du Niger. Elle y voit une tentative de repositionnement stratégique motivée par des intérêts économiques et géopolitiques.
Le MMLK va plus loin en appelant les populations africaines à « rester vigilantes » et à s’organiser pour rejeter toute forme de pression extérieure. Il salue, dans le même temps, la dynamique souverainiste impulsée par les pays de l’AES, présentée comme une volonté légitime de reprendre le contrôle de leur destin après des décennies de dépendance.
Sur la question sensible de la détention de Mohamed Bazoum, l’organisation rappelle que celle-ci relève exclusivement de la justice nigérienne, tout en insistant sur le respect indispensable de ses droits fondamentaux, notamment à un procès équitable.
Ce communiqué, publié à Lomé, illustre la crispation croissante autour des rapports entre puissances africaines émergentes et partenaires occidentaux, dans un contexte de recomposition géopolitique accélérée au Sahel.






