À travers la publication prochaine du tableau 2026 des ingénieurs agréés, l’Ordre National des Ingénieurs du Togo (ONIT) franchit une étape décisive dans la professionnalisation du métier d’ingénieur au Togo. Réuni ce vendredi 15 Mai 2026 à Lomé, l’Ordre a rappelé avec fermeté qu’aucun ingénieur ne peut désormais exercer légalement sans être inscrit au tableau officiel de l’institution.

Cette mesure, qui s’inscrit dans le cadre de la loi entrée en vigueur en 2020 et du décret de juillet 2021 réglementant la profession, marque la volonté des autorités et de l’ONIT d’assainir le secteur, de renforcer la crédibilité des compétences nationales et de mieux protéger les acteurs du domaine.
« Lorsqu’on n’est pas inscrit sur le tableau de l’ordre, on ne peut pas exercer la profession d’ingénieur. Sinon, on se retrouve dans une situation d’exercice illégal d’une profession réglementée », a averti Marius Bagny, vice-président de l’ONIT.
Au-delà du simple caractère administratif, le tableau 2026 se veut un véritable instrument de référence permettant d’identifier officiellement les ingénieurs autorisés à exercer sur le territoire togolais. Une exigence qui concerne aussi bien les professionnels togolais que les ingénieurs étrangers souhaitant travailler dans le pays.
Selon les responsables de l’Ordre, plusieurs dossiers continuent d’ailleurs d’être enregistrés, notamment ceux de membres de la diaspora et de professionnels étrangers désireux de se conformer aux nouvelles dispositions légales.
L’ONIT précise que toute personne exerçant sans inscription au tableau s’expose à des sanctions prévues par la loi. Les entreprises, institutions ou particuliers qui solliciteraient les services d’un ingénieur non inscrit pourraient également être poursuivis.
Dans cette dynamique, l’institution entend instaurer davantage de rigueur, de transparence et de professionnalisme dans un secteur stratégique pour le développement national.
Actuellement, le Togo compte vingt branches d’ingénierie reconnues, parmi lesquelles le génie civil, informatique, électrique, mécanique, énergétique, environnemental, hydraulique, télécommunications ou encore géotechnique. Au total, environ 380 ingénieurs agréés et huit stagiaires sont recensés.
Pour intégrer officiellement le tableau, les candidats doivent notamment être titulaires d’un diplôme de niveau Master (Bac+5), justifier d’au moins trois années d’expérience professionnelle et disposer d’un agrément délivré par l’ONIT.
Mais au-delà de la régulation, l’Ordre veut surtout redonner toute leur place aux compétences nationales dans les grands projets de développement du pays.
« Nous avons l’impression que les Togolais sont trop dans le back-office alors qu’en réalité, ce sont eux qui font le travail. Il faut davantage faire confiance aux ingénieurs togolais », a plaidé Marius Bagny.
Un appel fort lancé aux pouvoirs publics et aux maîtres d’ouvrage, alors que de nombreux ingénieurs togolais dénoncent depuis plusieurs années leur faible implication dans les grands chantiers nationaux malgré leurs compétences reconnues.
L’ONIT rappelle également que l’inscription au tableau ouvre droit à plusieurs avantages : protection institutionnelle, promotion professionnelle, accompagnement déontologique, formations à coûts réduits et meilleure visibilité dans le milieu professionnel.
La publication définitive du tableau 2026, attendue dans les prochains jours, devrait ainsi permettre au public, aux entreprises et aux partenaires techniques de disposer d’une base fiable des ingénieurs habilités à exercer légalement au Togo.
À travers cette réforme, l’Ordre National des Ingénieurs du Togo affiche une ambition claire : faire émerger une ingénierie togolaise plus forte, mieux organisée et pleinement impliquée dans la transformation du pays.
La rédaction





