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Lourdes : Thierry Lavit accueille Léon XIV, un geste entre cité et foi

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L’accueil du pape Léon XIV à Lourdes, le 26 septembre 2026, par le maire Thierry Lavit, dépasse le simple cadre protocolaire. Pour le philosophe et universitaire togolais Roger Folikoué, cette rencontre met en lumière une dimension plus profonde : celle d’une rencontre entre deux responsabilités distinctes, l’une relevant de l’ordre temporel, l’autre de l’ordre spirituel, réunies autour d’un même objectif, le service de la communauté humaine.

La scène observée à Lourdes prend ainsi, dans la lecture de Roger Folikoué, une portée symbolique particulière. D’un côté, Thierry Lavit, représentant de la collectivité locale et de ses habitants ; de l’autre, Léon XIV, chef de l’Église catholique et ministre ordonné. Deux fonctions, deux missions et deux ordres qui ne se confondent pas, mais qui se rencontrent dans un même espace public.

Cette distinction constitue précisément, selon le philosophe, l’un des enseignements majeurs de la séquence. L’ordre temporel et l’ordre spirituel demeurent différents dans leurs responsabilités, mais peuvent se retrouver autour de valeurs communes : l’accueil, le service, la fraternité et la construction d’un vivre-ensemble respectueux des différences.

Le pont, une image du lien

L’inauguration d’un pont portant le nom du pape donne à cette rencontre une dimension supplémentaire. L’ouvrage, destiné à être utilisé au quotidien par les habitants et les visiteurs, devient une trace concrète appelée à traverser le temps.

Pour Roger Folikoué, le pont peut alors être lu comme une métaphore du lien : lien entre les personnes, entre les générations, mais également entre des univers qui, sans être identiques, peuvent dialoguer. Il ne s’agit plus seulement d’un équipement urbain, mais d’un symbole inscrit dans la vie ordinaire d’une cité.

Cette lecture conduit le philosophe à évoquer le célèbre refrain de Signes par milliers, œuvre de Claude Bernard et Jo Akepsimas. Les « signes » deviennent ici des réalités visibles qui permettent de lire, dans les événements ordinaires, une dimension spirituelle plus large.

L’accueil du pape à Lourdes, tout comme l’inauguration du pont, est ainsi interprété comme un signe parmi d’autres : une réalité concrète qui renvoie à la possibilité de construire une société où la foi, la responsabilité publique et la vie quotidienne peuvent se rencontrer sans confusion des rôles.

Quand la liturgie sort des églises

L’un des axes forts de la réflexion de Roger Folikoué réside dans cette expression : la « liturgie du quotidien ». La liturgie n’est alors plus seulement envisagée dans son cadre strictement religieux. Elle peut également se manifester, dans une lecture spirituelle, à travers les gestes d’accueil, de partage, de service et de fraternité qui rythment la vie collective.

Le geste de Thierry Lavit prend, dans cette perspective, une valeur particulière. En accueillant le pape dans sa tenue d’élu local, il accomplit un acte relevant de sa responsabilité temporelle. Léon XIV, de son côté, reçoit cet hommage en tant que pasteur de l’Église universelle.

La rencontre devient donc une scène où deux formes de service apparaissent simultanément : le service de la cité et le service de la communauté des croyants.

Cette symbolique se prolonge dans les présents remis au souverain pontife : un pot de roses de Lourdes et une bouteille de miel du terroir, accompagnée d’une référence à saint Ambroise, patron des apiculteurs. Des produits simples, enracinés dans le territoire, mais qui prennent une portée symbolique dans le contexte de cette rencontre.

Le terroir comme offrande

Roger Folikoué voit dans cette remise de produits du terroir une forme d’offrande symbolique. Le maire ne remet pas seulement des objets au pape : il lui présente, dans cette lecture, une part de Lourdes, de son identité et de ses habitants.

Cette interprétation conduit naturellement le philosophe à faire un rapprochement avec la tradition liturgique, notamment avec le chant d’offertoire en langue éwé : « Xo wo dzro, xo wo dzro, xo vosa nunana siawo dzro », qui signifie : « Reçois avec bienveillance, reçois ces offrandes ».

Le rapprochement avec la culture liturgique togolaise donne ainsi à l’événement de Lourdes une résonance universelle. Les gestes d’offrande, d’accueil et de reconnaissance peuvent traverser les cultures et les langues tout en conservant une même aspiration : présenter ce que l’on est et ce que l’on possède comme expression d’une communauté.

À travers ce geste du maire, Roger Folikoué perçoit donc l’expression symbolique de toute une ville. Les roses et le miel deviennent, dans son analyse, les représentants d’un territoire, de son histoire et de ses habitants.

L’accueil, un langage universel

La réflexion insiste enfin sur l’accueil comme l’un des fondements du vivre-ensemble. À Lourdes, ville marquée par une forte dimension spirituelle et internationale, recevoir un pape ne relève pas uniquement du protocole. Pour Roger Folikoué, le geste peut être compris comme une invitation à considérer l’accueil comme une véritable responsabilité humaine.

Cette approche rejoint sa vision d’une société où les différences de fonctions, de convictions ou d’appartenance ne doivent pas empêcher la rencontre. Le maire et le pape n’exercent pas la même mission. Ils ne représentent pas le même ordre. Mais leur rencontre rappelle que le service de l’être humain peut constituer un terrain commun.

La référence finale à Marthe Robin — « Qu’il est beau notre sacerdoce à nous qui s’exerce dans l’ombre et le silence » — élargit encore cette réflexion. Elle invite à considérer les responsabilités quotidiennes, souvent discrètes et peu visibles, comme pouvant elles aussi participer à une œuvre de service.

Ainsi, dans la lecture de Roger Folikoué, Lourdes ne donne pas seulement à voir une rencontre entre un pape et un maire. La ville devient le théâtre d’une symbolique où le pont représente le lien, l’accueil traduit la fraternité, les produits du terroir prennent la forme d’une offrande et la responsabilité publique rejoint, sans s’y confondre, une dimension spirituelle.

Une manière de rappeler que les grands signes ne se trouvent pas toujours dans les cérémonies extraordinaires : ils peuvent aussi apparaître dans les gestes simples du quotidien, là où des hommes et des femmes choisissent de se rencontrer, de servir et de construire ensemble.

Lire ici l’intégralité de la réflexion du professeur Roger Folikoue ↕️

LE MAIRE THIERRY LAVIT ACCUEILLE LE PAPE LÉON XIV

Le soir du 26 septembre 2026, le pape Léon XIV a été accueilli à Lourdes par le maire Thierry Lavit ; et le pape a inauguré un pont qui porte son nom.

Avez-vous vu et observé ce que j’ai vu ?
Ce geste est le deuxième des actes qui ont retenu mon attention jusqu’à présent en dehors des célébrations classiques au niveau liturgique.

Le premier est la visite de la maison Bakhita à Paris et le deuxième est l’ accueil du pèlerin Pape, Léon XIV, par le maire, représentant légal de la commune et donc de tous les citoyens et de toutes les citoyennes de la dite commune.

Dans sa tenue d’officiant, Thierry Lavit accueille le pape , Chef de l’Église catholique, ministre ordonné et officiant liturgique.

Deux officiants pour un acte dans la liturgie du quotidien des citoyens et des citoyennes.

Deux officiants mais pas de confusion de rôle, deux ordres différents , ordre temporel et ordre spirituel, mais au service de la vie des citoyens/citoyennes chrétiens/chrétiennes ou non.

L’ inauguration d’ un pont, utile à tous les citoyens et à toutes les citoyennes, est un acte symbolique qui devient une trace dans le quotidien des hommes et des femmes de la génération présente et à venir.

En voyant les deux officiants j’ai pensé aux paroles de la chanson écrite par Claude Bernard sur une musique de Jo Akepsimas :

Ref
« Signes par milliers, traces de ta gloire,
Signes par milliers, Dieu dans notre histoire.
Signes par milliers, traces de ta gloire,
Signes par milliers, Dieu dans notre histoire.

Couplets :
Ta main, Seigneur, nous a donné des signes :
Des signes par milliers,
Des signes par milliers.
Le chant de l’univers,
Le souffle sur la mer,
La flamme des vivants :
Dieu, à l’œuvre dans nos temps !

Jésus, ton fils, nous a donné des signes,
Des signes de clarté,
Des signes de clarté.
Par lui l’aveugle voit,
Le sourd entend sa voix,
Zachée partage grand :
Dieu, parole qui surprend !

Pour nous, Seigneur, tu as choisi des signes,
Des signes d’unité,
Des signes d’unité.
Le pain de nos travaux, le vin des renouveaux,
La table partagée : Dieu,
La fête réveillée.

Témoins choisis, que nous soyons des signes !
Des signes d’avenir,
Des signes d’avenir.
Un peuple de croyants
Disciples du Vivant,
L’Église à découvert : Dieu, soleil sur nos hivers.

Par ton Esprit tout homme soit un signe!
Un signe de l’amour,
Un signe de l’amour.
La source pour la soif,
Le rire d’un espoir,
La paix à fleur de vie : Dieu, lumière d’aujourd’hui. »

Seigneur, à Lourdes, Tu vas donner de nombreux signes et le premier est celui qui nous renvoie tous et toutes à la liturgie du quotidien par le bon usage de ce que Tu mets à notre disposition pour un vivre-ensemble dans l’harmonie des différences.

Et dans cette liturgie du quotidien qui met l’accent sur l’ accueil comme un charisme fondamental, Thierry Lavit a offert au pape un pot de roses de Lourdes et une bouteille de miel du terroir avec l’invocation de St Ambroise comme patron des apiculteurs.

Dans ce geste, si simple mais très profond, j’ ai vu le maire, l’officiant dans l’ordre temporel remettre au pape, l’officiant dans l’ordre spirituel, les fruits du terroir pour l’ offrande eucharistique .
Et ici j’ ai pensé au chant d’offertoire dans la langue Ewe du Togo :

Ref
Xo wo dzro, xo wo dzro, xo vosa nunana siawo dzro (Reçois avec bienveillance, reçois ces offrandes).

Couplets :

Miele kafuwom, miele yrawom, miele sewom, miele wo ntikokoe dem…
(Nous te louons, nous te bénissons, nous te rendons grâce, nous chantons ta gloire…).

Mie tso mia fe dziwo dade nunana sia dzi… (Nous portons nos cœurs sur cette offrande…).

Le maire,Thierry Lavit remet au pape l’offrande de toute la commune, de tous les hommes et toutes les femmes en communion avec sa ville, Lourdes, qui accueille Léon XIV en sa qualité de chef de l’Église universelle.

« Qu’il est beau notre sacerdoce à nous qui s’ exerce dans l’ ombre et le silence, caché comme Jésus- Hostie. » ( Marthe Robin)

Roger la Joie de la Croix FOLIKOUE.

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