La présence du pape Léon XIV à l’UNESCO, le 25 septembre 2026, dépasse le cadre d’une simple visite institutionnelle. Pour le philosophe et universitaire togolais Roger Folikoué, cette rencontre ouvre une réflexion plus profonde sur la place de la culture dans la relation entre l’être humain, les peuples et le divin.
À travers une lecture inspirée notamment de Gaudium et Spes, l’universitaire considère la culture comme un espace où l’humanité se construit, se transmet et donne sens à son existence.
Dans son analyse, Roger Folikoué voit ainsi dans les cultures bien davantage que des expressions de la diversité humaine : elles constituent des lieux de dialogue, de rencontre et, dans une perspective théologique, de révélation.
La visite de Léon XIV à l’UNESCO prend dès lors une dimension symbolique particulière, en mettant en relation la mission de cette institution — promouvoir l’éducation, la science, la culture, la paix et le dialogue entre les peuples — avec une vision de l’homme fondée sur sa dignité et sa capacité à construire un monde plus juste et solidaire.
Le philosophe s’attarde notamment sur le geste symbolique du pape Léon XIV et du directeur général de l’UNESCO, Khaled El-Enany, arrosant ensemble l’« arbre de paix ». Il y voit une représentation de la culture comme source de connaissance, de vie et de fraternité, mais aussi comme une invitation à dépasser la simple coexistence des cultures pour aller vers l’interculturalité, entendue comme une véritable capacité à apprendre des autres et à s’enrichir de leurs différences.
À travers cette lecture, Roger Folikoué propose finalement de considérer la diversité culturelle non comme une frontière entre les peuples, mais comme un espace de rencontre où peuvent se construire la paix, la solidarité et une compréhension renouvelée de l’humanité.
L’intégralité de la réflexion à découvrir ⏬
LA CULTURE, UN LIEU THÉOLOGIQUE : LE PAPE LÉON XIV À L’ UNESCO
Le 25 septembre 2026 après avoir rencontré le président Emmanuel Macron au Palais de l’Elysée et prononcé, dans la matinée, un discours devant les autorités françaises, les hommes et femmes politiques, les diplomates et la société civile, le Pape Léon XIV est allé au siège de l’ Organisation des Nations- Unies pour l’ Éducation, la Science et la Culture (UNESCO).
Mais le pape Léon XIV pouvait-il ne pas y aller ? Il serait difficile de répondre par la négative si l’ on tient compte de la définition de la culture selon Gaudium et Spes, un document du Concile Vatican II.
En effet, au numéro 53 de Gaudium et Spes, l’Église affirme que :
» Le mot culture désigne tout ce par quoi l’homme affine et développe les multiples capacités de son esprit et de son corps; s’ efforce de soumettre l’ univers par la connaissance et le travail; humanise la vie sociale, aussi bien la vie familiale que l’ensemble de la vie civile, grâce au progrès des mœurs et des institutions ; traduit, communique et conserve enfin dans ses œuvres, au cours des temps, les grandes expériences spirituelles et les aspirations majeures de l’ homme, afin qu’elles servent au progrès d’ un grand nombre et même de tout le genre humain. »
La définition de la culture ici est une définition englobante qui prend en compte les domaines de l’UNESCO mieux tous les domaines de l’exister humain. (C’est cette définition qui est au fondement de l’Association « Le Rameau de Jessé » dont les fondateurs sont Maryse Quashie, Sylvestre Minlekibe et Roger Folikoué.)
Avec cette définition, on peut affirmer sans aucun doute que si la nature, au sens d’essence de l’être humain, ne se réalise que par et dans la culture, les cultures sont des lieux de la révélation et de la manifestation de Dieu, le Créateur, le Sauveur mais aussi l’ Accompagnateur.
Tout ceci est bien résumé dans le mot « EMMANUEL, DIEU -AVEC-NOUS ».
La diversité culturelle est alors un don de Dieu. Les cultures sont des lieux d’ apparition de Dieu. J’ ose affirmer qu’ avant les multiples lieux d’apparition de Dieu ou de Marie renvoyant à Dieu, nos différentes cultures sont les premiers lieux d’apparition de Dieu.
Ainsi, voir le Pape à l’UNESCO ce n’est pas étonnant ou ce n’est pas une simple visite institutionnelle mais c’est surtout une célébration d’action de grâce dans une autre basilique en dehors de celle de Sts Pierre et Paul à Rome.
Alors voir le Pape Léon XIV et Khaled El- Enany (l’ Égyptien ), directeur de l’UNESCO, tenir deux arrosoirs pour verser de l’ eau sous l’ arbre de paix dans cette institution, c’ est célébrer la culture comme arbre de la connaissance en référence à l’ arbre dans le jardin d’Eden mais c’est surtout se saisir comme des sarments qui doivent se nourrir de la même sève de l’arbre en référence à la parabole de la Vigne et les sarments avec la parole très forte » tout sarment en dehors de moi ne porte pas de fruits » (cf. Jn 15, 1-17).
La culture, comme lieu de révélation de Dieu se laisse, par sa nature, purifier par la Transcendance qui en fait son lieu d’ immanence.
Aucune culture n’échappe à ce processus dialectique de la Transcendance dans l’immanence et de l’immanence comme réceptacle obligé de la Transcendance. Et c’est ici que se dévoilent la kénose (Un Dieu qui vient à nous) et l’incarnation de Dieu (la nature comme une crèche humaine qui accueille Dieu).
A l’ UNESCO, j’ ai vu, ce 25 septembre 2026, une salle de la Cène du Jeudi Saint avec le Pape Léon XIV et Khaled El- Enany, deux représentants de Dieu venus de USA-ROME (symbole de l’Occident) et de L’AFRIQUE (symbole du reste du monde) avec toute l’ humanité, représentée dans sa diversité par les différents délégués des Nations.
Et ainsi, tous les membres du personnel, formant une haie, ont accueilli le Pape Léon XIV et le Directeur de l’UNESCO comme des Ministres au service de la vie : la responsabilité est une diaconie.
Renforcer la coopération entre les Nations, garantir la justice, promouvoir les droits de l’homme et la paix ne font-ils pas partie des missions de l’UNESCO ?
Accomplir ces missions n’ est-ce pas apporter la Bonne Nouvelle du Créateur qui se laisse chercher par tous les hommes et par toutes les femmes , et n’est-ce pas aussi célébrer l’Unique Dieu, avec une pluralité de Noms et de Symboles qui doivent révéler l’ infini amour de Celui qui est Alpha et l’Oméga?
Reconnaître le pluralisme culturel est un pas mais cette reconnaissance peut ne pas créer une dynamique vitale si elle ne nous conduit pas à la découverte des richesses de l’interculturalité qui accepte de s’enrichir de la culture des autres.
Et ici je pense à une chanson de Jean-Claude Gianadda qui dit :Je pense donc je suis, tu es donc je découvre et j’apprends.
Monsieur Khaled El-Enany, 12ᵉ Directeur général, premier directeur issu d’un pays arabe et deuxième directeur originaire d’Afrique à occuper ce poste après le Sénégalais Amadou Mahtar Mbow, vous êtes à côté du Pape Léon XIV, le symbole de toutes les cultures comme sanctuaires de notre humanisation et aussi des lieux théologiques au service de la Vie.
Pape Léon XIV, Merci à vous pour votre discours à l ‘UNESCO qui a mis l’ accent sur la reconnaissance de tout être humain comme une être sacré (cf les paroles du chant » Tout homme est une histoire sacrée) et le respect de la dignité de tout être humain dans la construction d’un monde plus juste et plus solidaire.
Seul l’ Amour fait vivre.
Roger la Joie de la Croix FOLIKOUE





