LA FILLE DE BAMENDA OU L’ACTE DU PAPE LÉON XIV À BAMENDA
Voici l’image qui a fait le tour du monde grâce aux réseaux sociaux. C’est une image d’une rare pureté et de beauté, une image assez révélatrice et porteuse de plusieurs messages.
Elle immortalise un instant, devenu éternel dans l’histoire de l’Église et celle des hommes et des femmes de tout un continent.
Elle dévoile également la densité du regard d’amour du Pape Léon XIV. Et on peut, dès lors, affirmer, sans aucun risque de se tromper, que l’amour pour ce continent est le motif intérieur de sa première visite apostolique en Afrique.
Ce regard d’amour ne fait-il pas penser à celui que le Christ avait posé sur le jeune homme riche? (Mc 10, 17-31)
L’ acte du Pape, gravé dans la texture de l’histoire, n’est pas commandité, il n’était pas programmé non plus ; il est un geste spontané en réponse à celui d’Amalia, la petite fille de Jean-Marie Atangana Mebara, ancien Secrétaire Général de la Présidence de la République, incarcéré depuis des années. Sa mère, Marie-Aline, porte aussi dans sa vie une profonde blessure car elle était petite lorsque son père a été arrêté en 2008. Une enfance sans père, une vie de famille fracturée par la détention, une situation de drame.
N’ est-ce pas une réalité dans plusieurs pays de notre continent ?
Combien de vies brisées sont en attente d’un moment humain de soulagement et de bonheur? Car, dans différents pays africains, croupissent des prisonniers politiques, des hommes et des femmes arrêtés à cause de leurs opinions et de leur droit d’exercice de l’esprit critique.
Combien de vies déstructurées, désorientées et désorganisées existent dans les pays africains où la quête de vivre normalement et en sécurité, comme sur d’autres continents, constitue une profonde et légitime aspiration ?
Qui peut alors oublier les mots de la Lettre du 5 septembre 2021 du Cardinal Robert Sarah mettant l’accent sur l’espoir des jeunes dans les pays africains : « espoir de justice, de paix, de développement, espoir de vivre tout simplement dans un pays normal, une Nation unie et prospère. »
Le prélat guinéen, auteur du livre « La force du silence », constate dans son pays et sur le continent : « une situation de pauvreté accrue, malgré toutes les richesses naturelles que Dieu a données » aux différents pays africains. Malgré ces richesses, les pays africains descendent « inexorablement dans les profondeurs du sous-développement et de la misère endémique ».
Le cardinal Robert Sarah, le sage africain au plan culturel et religieux, dans sa lettre dresse un tableau valable pour plusieurs pays africains. Il écrit : « L’ école et l’éducation sont en faillite. La santé est dans une déplorable dégradation. Les infrastructures routières sont catastrophiques. La corruption, la gabégie financière, le manque total de discipline morale et technique, la médiocrité et l’incompétence chronique font croupir dans la misère et la décadence de la vie sociale. »On peut penser aussi au livre du malien Tidiane Diakité, « L’ Afrique malade d’elle-même » puis au livre du philosophe camerounais Ebénézer Njoh-Mouellé « De la médiocrité à l’excellence ».
Amalia, petite fille de Bamenda, ne porte-t-elle pas sur son visage tout ce drame avec son regard inquiet et pas joyeux?
Son visage ne traduit pas, en effet, le sourire d’un enfant mais il dé-voile les traits d’un enfant, d’une jeunesse en quête de joie de vivre et d’exister. N’est-ce pas l’aspiration profonde de beaucoup de jeunes africains ?
Au visage terne de l’enfant et de la jeunesse désespérée et désemparée par des gouvernances socio-politiques qui ne transforment pas les conditions d’existence des citoyens, le Pape Léon XIV offre son sourire en signe d’accueil et de paix.
Regardez bien l’image et vous verrez le contraste saisissant et éloquent des deux visages.
Et si le visage souriant du Pape Léon XIV était une vive interpellation pour l’Église en Afrique , à travers ses responsables hiérarchiques, d’être, par de nombreuses innovations avec un réel esprit d’audace, un cadre de transformations des conditions d’existence des hommes et des femmes !
Ne traduirait-elle pas en acte la parole de St Irénée : « La gloire de Dieu c’est l’Homme debout et vivant »?
Et si le visage souriant du Pape Léon XIV était le symbole pour que chaque adulte, de façon engagée, apporte en acte des réponses aux problèmes de la jeunesse africaine !
Et si le Visage souriant du Pape Léon XIV était une invitation à nous tous d’offrir, dans une attitude d’écoute et d’attention, un sourire aux personnes en souffrance dans notre quotidien !
Parce qu’ Exister, c’est Co-exister et que la co-existence se déploie au plan politique et ecclésial, la politique de l’amour est le chemin de croissance de notre humanité.
Un autre monde est possible et cela dépend de nous.
Ekoué Roger la Joie de la Croix FOLIKOUE







