Après des étapes successives au Nigeria, au Niger et au Burkina Faso, le président béninois Romuald Wadagni poursuit sa tournée diplomatique régionale avec un objectif clair : relancer le dialogue et renforcer la coopération avec les pays voisins du Bénin.
Accueilli ce mardi à l’aéroport international de Ouagadougou par le président burkinabè, le capitaine Ibrahim Traoré, le chef de l’État béninois a conclu une séquence diplomatique marquée par des échanges avec les dirigeants du Nigeria, du Niger et du Burkina Faso. Une tournée placée sous le signe de l’amitié, de la concertation et du rapprochement régional.



Dans un message publié à l’issue de ses déplacements, Romuald Wadagni a salué l’accueil « chaleureux, fraternel et empreint de respect » reçu à Lagos, Niamey et Ouagadougou. Il a exprimé sa gratitude aux présidents Bola Ahmed Tinubu, Abdourahamane Tiani et Ibrahim Traoré, soulignant la profondeur des liens historiques entre les peuples de la sous-région.
Cette visite intervient dans un contexte marqué par plusieurs années de tensions entre le Bénin et certains pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), notamment le Niger. Depuis le coup d’État de juillet 2023 à Niamey, les relations bilatérales avaient connu une dégradation significative, entraînant notamment la fermeture de la frontière nigéro-béninoise.
À Niamey, la rencontre entre Romuald Wadagni et le général Abdourahamane Tiani est apparue comme un signal fort d’apaisement. Les deux dirigeants ont convenu de travailler à la réouverture de la frontière commune, fermée depuis plusieurs années. Un comité d’experts a été mis en place et devra soumettre ses recommandations dans un délai de quinze jours.
Pour de nombreux observateurs, cette dynamique marque un tournant dans les relations entre les deux pays. Selon le chercheur Abdoulaye Sounaye, spécialiste des questions sécuritaires au Sahel, « la realpolitik s’impose désormais » et pousse les deux États à privilégier le dialogue face aux défis économiques et sécuritaires communs.
Au Burkina Faso, les discussions ont porté sur la lutte contre le terrorisme, la criminalité transfrontalière et le renforcement de l’intégration régionale. Dans un communiqué conjoint, Romuald Wadagni et Ibrahim Traoré ont réaffirmé leur volonté de bâtir un partenariat fondé sur la confiance, la solidarité et la recherche de solutions concertées aux défis communs.
Au-delà des enjeux diplomatiques, cette tournée traduit la volonté du nouveau président béninois de redonner un souffle à la coopération régionale. Dans une région confrontée à l’insécurité, aux défis économiques et aux fractures politiques, Cotonou mise désormais sur le dialogue et la concertation pour restaurer la confiance avec ses voisins.
« C’est en conjuguant nos efforts dans un esprit de solidarité et de coopération que nous construirons une Afrique plus forte, plus prospère et pleinement maîtresse de son destin », a déclaré Romuald Wadagni, résumant ainsi l’ambition de cette offensive diplomatique qui pourrait redessiner les équilibres régionaux en Afrique de l’Ouest.





