Réuni en Conseil des ministres le vendredi 26 juin 2026 à Lomé, sous la présidence du Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, le gouvernement a franchi une nouvelle étape dans la transformation de l’administration publique. Six décrets réglementaires, quatorze décrets de reconnaissance de chefs de canton ainsi qu’un texte examiné en première lecture ont été adoptés, dessinant les contours d’une réforme profonde de plusieurs secteurs stratégiques.
Parmi les décisions majeures figure la réorganisation du corps des agents des eaux et forêts. Cette réforme vise à renforcer la protection des ressources forestières, de la biodiversité et des aires protégées grâce à une nouvelle architecture administrative articulée autour d’un commandement central, de structures régionales et d’unités préfectorales. L’objectif est d’améliorer la gestion durable des ressources naturelles face aux défis environnementaux.
Le gouvernement a également renforcé les prérogatives de Cyber Defense Africa (CDA). Face à la montée des menaces numériques, la société élargit désormais son champ d’action à la conception, à la production, à la maintenance et à la commercialisation de drones aériens, terrestres et maritimes. Une évolution qui traduit la volonté des autorités de consolider la souveraineté numérique du pays tout en développant une industrie technologique à forte valeur ajoutée.
Le secteur routier fait l’objet de la réforme la plus structurante. Le Conseil des ministres a créé l’Agence des travaux et de gestion des routes du Togo (AGEROUTE TOGO), qui sera désormais chargée de la maîtrise d’ouvrage déléguée des projets routiers. Cette nouvelle agence a pour mission d’améliorer l’exécution des infrastructures, de réduire les retards et de garantir une meilleure qualité des ouvrages.
Dans le même élan, la Société autonome de financement de l’entretien routier (SAFER) disparaît au profit de la Société nationale de financement routier (SONAFIR). Dotée de compétences élargies, la nouvelle structure aura la responsabilité exclusive de mobiliser les financements destinés aux infrastructures routières grâce à des mécanismes plus diversifiés et à des partenariats stratégiques.
Cette réorganisation consacre une séparation claire des responsabilités : à la SONAFIR le financement des infrastructures, à l’AGEROUTE TOGO leur réalisation et leur gestion technique. Une approche qui ambitionne de renforcer l’efficacité, la transparence et la gouvernance du secteur routier.
Autre innovation institutionnelle, la création du Bureau d’études et d’ingénierie du Togo (BEIT). Cette nouvelle structure publique aura pour mission d’accompagner l’État ainsi que les institutions dans la conception, la planification, le suivi et le contrôle technique des grands projets de développement. Le gouvernement entend ainsi réduire sa dépendance aux expertises étrangères et valoriser les compétences nationales.
Le Conseil des ministres a également examiné en première lecture un projet de décret instituant un guichet unique des infrastructures. Cette plateforme, adossée au Réseau national de correction centimétrique de position géographique (CENTIPOS), permettra de mieux coordonner les interventions sur les réseaux d’eau, d’électricité, de télécommunications, de gaz et de travaux publics, afin de prévenir les dommages sur les ouvrages existants.
Enfin, quatorze décrets ont officialisé la reconnaissance de quatorze chefs de canton désignés conformément aux dispositions légales régissant la chefferie traditionnelle. Cette reconnaissance consacre leur statut d’autorités coutumières investies de la préservation des us et coutumes.
À travers ces différentes décisions, le gouvernement affiche sa volonté de moderniser les institutions, d’améliorer la gouvernance publique et de doter le Togo d’outils plus performants pour soutenir son développement économique, la transformation numérique, la protection de l’environnement et la réalisation des grands projets structurants.





