Les travaux de la deuxième session 2026 du Cadre permanent de concertation (CPC) ont repris le 30 juin 2026 à Lomé dans un contexte de fortes divergences politiques. Si les partis membres du cadre ont entamé l’examen des rapports des commissions et des principales questions liées à la vie politique nationale, cette reprise a été marquée par l’absence remarquée de plusieurs formations de l’opposition, révélant les limites du consensus autour de cette instance de dialogue.

À l’ouverture des travaux, le président du CPC, Tchassona Traoré, a rappelé la vocation de cette plateforme, qu’il présente comme un espace privilégié de dialogue où les divergences doivent s’exprimer dans le respect mutuel afin de dégager des positions consensuelles. De son côté, le ministre de l’Administration territoriale, Hodabalo Awaté, a insisté sur le rôle du CPC dans la consolidation de la démocratie, appelant les acteurs politiques à préserver la concertation pour relever ensemble les défis nationaux. Il a ajouté également que : « Seul, on ne peut rien faire. Pour aller loin, on doit aller ensemble », a-t-il précisé.
Cependant, cette session se déroule sans la participation de plusieurs partis de l’opposition, dont Santé du Peuple, l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) et la Dynamique pour la Majorité du Peuple (DMP).
Le parti Santé du Peuple, dirigé par Georges William-Kouessan, affirme avoir cessé de participer aux travaux du CPC depuis l’instauration de la Ve République. Il dénonce notamment des convocations jugées irrespectueuses, une composition du cadre qu’il estime largement favorable au pouvoir et considère que l’adoption de la nouvelle Constitution a définitivement vidé cette instance de son intérêt politique.
L’ANC, conduite par Jean-Pierre Fabre, justifie également son boycott en estimant que le CPC ne constitue plus un véritable cadre de dialogue, mais un mécanisme servant à entériner des décisions déjà arrêtées. Le parti appelle plutôt à l’ouverture d’un dialogue politique crédible et inclusif, en s’appuyant notamment sur la décision rendue en janvier 2026 par la Cour de justice de la CEDEAO relative à la réforme constitutionnelle de 2024.
Quelques jours auparavant, la DMP avait annoncé qu’elle ne participerait pas non plus aux travaux, invoquant des raisons similaires liées à la contestation de la réforme constitutionnelle et à la nécessité d’un dialogue politique plus inclusif.
Ainsi, malgré la poursuite des travaux du Cadre permanent de concertation, cette deuxième session s’ouvre sur un constat : l’instance continue de fonctionner, mais sans une partie significative de l’opposition, qui remet en cause sa crédibilité, son équilibre et sa capacité à produire un consensus national. Ce boycott confère à cette reprise des travaux un caractère contrasté et relance le débat sur l’avenir du dialogue politique au Togo.
La rédaction





