Le cinéma togolais s’invite au cœur de la 20e édition du Festival cinémas d’Afrique de Lausanne, qui se tient du 13 au 16 août 2026.
À l’occasion de cet anniversaire, le festival consacre un Focus Togo à une cinématographie en pleine effervescence, avec dix films, quatre professionnels invités, une table ronde et un rendez-vous musical.

Fictions, documentaires et animation composent cette sélection produite entre 2020 et 2026. À travers des récits ancrés dans les réalités togolaises, les œuvres retenues abordent notamment la mémoire, la transmission, l’émancipation, la justice sociale et la préservation du patrimoine. Elles donnent également à voir la richesse des langues, des territoires et des regards qui traversent aujourd’hui le cinéma togolais.

Une vitrine pour une génération de cinéastes
Ce coup de projecteur intervient dans le cadre d’une édition anniversaire qui réunit plus de 60 œuvres provenant de 29 pays. Pour le public suisse, le Focus Togo constitue une occasion privilégiée de découvrir une production encore relativement peu diffusée en Suisse, mais portée par une nouvelle génération de réalisateurs, producteurs, techniciens et collectifs indépendants.

Quatre professionnels togolais prennent part aux activités du festival : Marcelin Bossou, Folligan Amouzou, alias Steven AF, Joël Tchedre et Essivi Mimi Bossou-Soedjede. Présents aux côtés des films, ils participent aux échanges avec les spectateurs et partagent leurs expériences sur les réalités et les perspectives du septième art au Togo.

Marcelin Bossou intervient également lors de la table ronde intitulée « Tous les chemins mènent au cinéma ? », consacrée aux différentes voies d’accès aux métiers du secteur cinématographique en Afrique.
Dix films, dix regards sur le Togo
La programmation réunit trois longs métrages ainsi que sept courts et moyens métrages. Parmi les œuvres présentées figurent « Abalo & Afi »de Mimi Bossou, qui raconte le parcours de deux jumeaux confrontés à l’exclusion et à la survie dans les rues de Lomé, et « Mawu-Sika » de Steven AF, plongée dans l’univers du commerce du pagne au Grand Marché de Lomé.

Le documentaire « Cent douze » de Joël M’Maka Tchedre revient, quant à lui, sur la mémoire de la voie ferrée reliant le sud du pays à Blitta et sur une époque où le train occupait une place importante dans la vie économique et sociale.
La sélection comprend également « Ménézé (Ma grand-mère) » d’Elisabeth Lemou, « Sikien » de Hègra Djessaga, « Silence brisé » d’Amanou Yelebo, « The Bike » d’Emmanuel Torko, « The Wallet » de Cédric Adougba, « Werga (La flûte) » de Jeannine D. Bessoga et « Zogbeto (Taxi 13) » de Matthieu Abalo.

Des histoires intimes aux récits liés au patrimoine, ces productions témoignent d’une volonté de revisiter l’histoire et les cultures du Togo pour mieux les raconter, les questionner et les transmettre.
Du cinéma à la musique
Le Focus Togo ne se limite pas aux salles de projection. La programmation culturelle se poursuit avec Nana Benz du Togo, formation féminine qui revendique un univers de « digital vaudou féministe », mêlant voix, rythmes, soul, musique électronique et instruments conçus à partir de matériaux recyclés.
Cette présence musicale prolonge ainsi le dialogue entre cinéma, mémoire et création contemporaine, donnant au Focus Togo une dimension culturelle plus large.
Créé en 2006, le Festival cinémas d’Afrique de Lausanne s’est progressivement imposé comme un espace de découverte et de promotion des récits africains et de leurs diasporas. Pour sa 20e édition, l’événement propose, outre les projections, des rencontres professionnelles, deux tables rondes, des séances destinées au jeune public, des projections en plein air ainsi que plusieurs rendez-vous musicaux et festifs.
À Lausanne, le cinéma togolais bénéficie ainsi d’une visibilité internationale qui met en lumière la vitalité d’un secteur en pleine structuration et les talents d’une génération déterminée à faire voyager les récits du Togo au-delà de ses frontières.






