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Sénégal : le bras de fer Diomaye-Sonko

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L’adoption par l’Assemblée nationale sénégalaise d’une réforme constitutionnelle majeure ouvre un nouveau chapitre de la crise politique qui oppose désormais le président Bassirou Diomaye Faye à son ancien allié et actuel président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko. Voté dans une atmosphère particulièrement tendue, marquée par des altercations, le boycott de l’opposition, l’évacuation musclée d’un député et des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre, le texte redéfinit l’équilibre des pouvoirs au sein des institutions sénégalaises.

Portée par le parti au pouvoir, le Pastef, largement majoritaire à l’Assemblée nationale, la réforme entend renforcer les prérogatives du Parlement et du Premier ministre tout en limitant certaines compétences du chef de l’État. Parmi les principales mesures figurent l’interdiction pour le président de diriger un parti politique, le partage avec le Premier ministre de l’élaboration du programme gouvernemental, l’élargissement des pouvoirs de nomination du chef du gouvernement, ainsi qu’un contrôle parlementaire accru sur les ressources naturelles et les finances publiques.

Cette révision constitutionnelle intervient quelques mois après la rupture politique entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, ancien Premier ministre limogé en mai avant d’être élu à la tête de l’Assemblée nationale. Si les partisans de la réforme défendent un « rééquilibrage » des pouvoirs entre l’exécutif, le législatif et le judiciaire, les opposants dénoncent une tentative d’affaiblissement du président de la République au profit du Parlement.

Face à la controverse, Bassirou Diomaye Faye a annoncé son intention de soumettre le texte à un référendum, invoquant les dispositions constitutionnelles. Une décision immédiatement contestée par Ousmane Sonko, qui estime que la réforme est déjà définitivement adoptée grâce à la majorité qualifiée obtenue au Parlement et qu’elle doit être promulguée sans consultation populaire.

À l’extérieur de l’hémicycle, les tensions se sont également exprimées dans la rue. Des militants de l’Alliance pour la République (APR), formation de l’ancien président Macky Sall, ont tenté de manifester devant l’Assemblée avant d’être dispersés à coups de gaz lacrymogène. Des affrontements avec la police et plusieurs interpellations ont ponctué cette journée sous haute tension.

Cette réforme, soutenue par la majorité parlementaire mais rejetée par l’opposition, une partie de la société civile et plusieurs membres du gouvernement, pourrait désormais être tranchée par le peuple sénégalais lors d’un référendum, dont la date reste à fixer. L’issue de cette consultation s’annonce déterminante pour l’avenir des institutions et de l’équilibre politique au Sénégal.

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