Dernière étape de la visite apostolique du Pape Léon XIV en Afrique en cette année 2026, la Guinée équatoriale livre ses messages, riches en images et en symboles.
Le Pape est accueilli par le président Teodoro Obiang Nguema, l’homme de 83 ans, au pouvoir depuis 1979. La longévité existentielle est un vrai motif pour rendre grâce au Créateur, par qui on est encore capable de se mouvoir sans trop d’embûches. Mais la longévité au pouvoir (47 ans) est-ce aussi une prouesse à recommander?
Après le Cameroun, la Guinée Équatoriale, malgré la beauté de l’accueil et l’hospitalité affichée comme une véritable marque africaine, pose de façon silencieuse mais évidente la question du pouvoir politique
Et ici nous avons l’une des préoccupations majeures du continent: le pouvoir, sa conception, sa finalité, sa durabilité et sa légitimité.
Malabo, c’est aussi la mise en vedette d’un lieu indispensable et incontournable dans le devenir de l’Afrique : l’Université.
Oui l’Université, un lieu de culture et de production pour la culture, un lieu de recherche, de production du savoir, du savoir-faire mais aussi du savoir-être.
L’Afrique doit-elle continuer à être simplement une consommatrice de savoir où doit-elle, impérativement, devenir, et de plus en plus, une créatrice de savoir-être qui puise dans son savoir et savoir-faire pour l’avènement d’ un autre Humanisme pour notre temps.?
L’Université Léon XIV de Malabo serait-elle le signe annonciateur de cette nouvelle ère?
Elle doit alors réfléchir, comme les autres universités du continent, sur les indispensables ruptures à opérer.
Pour une Afrique qui se veut être souveraine quelle est la part du budget à la recherche et aux innovations?
Le philosophe et théologien congolais Kä Mana, dans son livre L’Afrique va-t-elle mourir ?, a déjà soulevé cette question :
« Est-il normal qu’un continent qui a pour tâche de bâtir solidement sa destinée dans le monde contemporain ait un taux insignifiant pour la recherche et se trouve entièrement dépendant de la recherche fondamentale des autres?…Pourquoi nos revendications de liberté, d’identité culturelle n’aboutissent- elles pas à une culture de créativité et de novation?.. Comment se fait-il que, vivant dans une société où le brassage de religions est de plus en plus considérable, nous ne soyons pas parvenus à donner au monde une synthèse théologique cohérente qui constituerait ce qu’on pourrait appeler une alternative spirituelle africaine ? »
L’Université ne doit-elle pas retrouver son rôle de production de savoir et de savoir-être pour un savoir-devenir qui passe par la transmission?
L’humanisme à inventer pour notre monde et dont l’Afrique serait porteuse ne serait-il pas celui qui, en réconciliant l’ordre spirituel et l’ordre temporel, non dans un rôle de confusion mais de distinguer pour unir (cf Jacques Maritain), met l’accent sur l’autorité comme service et le pouvoir comme capacité d’action avec les autres?
L’Afrique ne proposera cet Humanisme qu’en acceptant la critique des figures actuelles de l’autorité et du pouvoir sur sa terre aussi bien dans la cité que dans l’Église. C’est une promesse mais c’est aussi une exigence.
Et si c’était une Utopie collective au bon sens du terme !
Et si c’est cela l’Afrique, Notre projet !
Roger la Joie de la Croix FOLIKOUE






