Figure discrète mais influente du monde universitaire et spirituel togolais, Maryse Adjo Mawutowu Quashie a célébré ce jeudi son jubilé d’albâtre, marquant 75 années de vie et 38 ans d’engagement au service des Foyers de Charité. À cette occasion, le philosophe et universitaire Roger Folikoué lui a rendu un vibrant hommage dans un texte empreint de gratitude, de mémoire et de foi.
Née le 13 août 1951 à Reims, en France, Maryse Quashie a choisi de consacrer sa vie à une mission spirituelle et intellectuelle profondément enracinée au Togo, notamment au Foyer de Charité d’Alédjo, où elle s’est engagée en 1988. Son parcours, marqué par la transmission, l’accompagnement et le service, a laissé une empreinte durable sur plusieurs générations d’étudiants, de chercheurs, de responsables associatifs et de fidèles.
Dans son hommage, Roger Folikoué met en lumière une femme « ouverte à tous », fidèle à l’esprit des Foyers de Charité inspiré par Marthe Robin. Il rappelle également les nombreuses initiatives culturelles, éducatives et spirituelles portées par Maryse Quashie au sein du milieu universitaire et de la société togolaise, faisant d’elle une actrice reconnue du dialogue entre foi, culture et engagement citoyen.
L’intégralité de l’hommage ⏬
75 ANS DE VIE : JUBILÉ D’ ALBÂTRE DE MARYSE ADJO MAWUTOWU QUASHIE
« La maison de mon Cœur ouvert à tous. »(Jésus à Marthe Robin)
Cette phrase capitale reçue par Marthe Robin et qui manifeste la vocation de l’œuvre des Foyers de Charité, est celle que j’ai choisie pour te rendre hommage et pour rendre grâce à Dieu en ce moment, 13 août 2026, où toi Maryse Quashie, tu fêtes tes 75 ans de naissance. Tu es née à Reims (France), ville surnommée la « Cité des Sacres » et connue mondialement pour ses grandes maisons de Champagne et sa Cathédrale gothique avec l’ange au sourire.
Merci à Angèle et William Quashie, tes parents, de vénérée mémoire.
Parlant des Foyers de Charité, voici la vision reçue par Marthe Robin au sujet de cette œuvre:
« Je veux qu’elle soit un Foyer éclatant de Lumière, de Charité, d’Amour ; l’Oasis vivifiante aux âmes de bonne volonté, aux âmes anxieuses et découragées, aux pécheurs endurcis et sceptiques… la Maison de mon Cœur ouvert à tous ».
Maryse, dans la vie d’un être humain, il y a plusieurs événements mais un peut apparaître comme fondamental car il donne sens aux autres et il exprime la réponse libre de l’individu à l’appel de Dieu.
Il s’ agit d’un choix matérialisé par une décision volontaire, une réponse, à l’appel de Dieu à un inconnu : « Quitte la maison de ton père et va vers le pays que je t’indiquerai » ( Gn 12, 1).
C’ est un appel à la foi, à la découverte d’une identité, à la recherche et à la mobilisation des ressources et moyens pour donner une réponse toujours innovante dans l’écoute de Celui qui est à l’origine de l’appel.
« Ma grâce te suffit » ( 2 Co 12, 9).
Si Reims a été le lieu de ta venue au monde, le 13 août 1951, le Foyer de Charité d’Alédjo (Togo) a été le point de départ de l’orientation que tu as donnée à ta vie en assumant ton prénom, Mawutowu.
Ainsi le 11 juin 1988, à l’occasion de la fête du Cœur Immaculé de Marie , tu as remis ta vie et tous tes projets entre les mains de Dieu.
La date du 11 juin est devenue un symbole à double sens. Car le 11 juin c’est la fête de Saint Barnabé, apôtre et en cette fête, coïncidant avec la fête du Cœur Immaculé de Marie en 1988, tu as accepté de prendre Marie comme modèle pour ton ministère.
Je pense ici aux paroles de la chanson « La première en chemin » de Sr Marie- Colette Guedon, exécutée par Jean-Claude Gianadda avec Georges Lefèvre comme compositeur :
« La première en chemin, Marie tu nous entraînes à risquer notre « oui » aux imprévus de Dieu.
Et voici qu’est semé en argile incertaine de notre humanité Jésus-Christ, Fils de Dieu.
Marche avec nous Marie, sur nos chemins de foi. Ils sont chemins vers Dieu. Ils sont chemins vers Dieu ».
À Dieu qui t’a donné la vie en 1951, tu lui as redonné ta vie dans l’œuvre des Foyers en 1988 à Alédjo, devant le Père + Léon Marcel et toute la communauté, avec le choix de vivre dans le monde universitaire en particulier et dans le monde en général la mission des Foyers de Charité.
Être, avec le Christ, une oasis dans le quotidien des hommes et des femmes, voilà ton choix exprimé dans le texte de ta consécration : « Seigneur, je Te donne ma vie pour que l’Afrique ait des saints laïcs, religieux, religieuses et prêtres dont elle a besoin. »
Pour la Nouvelle Pentecôte d’Amour, annoncée par Marthe Robin, le 10 février 1936, les laïcs sont des missionnaires incontournables. Ils ont alors le monde comme leur noviciat et leur carmel.
Le Carmel n’est plus nécessairement un lieu en retrait des villes pour écouter Dieu mais il est une intériorité à se donner dans le monde, par son attachement à Dieu dans la contemplation de l’Incarnation, pour méditer la Parole de Dieu dans le quotidien.
C’ est dans cette optique que Ste Thérèse de l’ Enfant Jésus, Ste Elisabeth de la Trinité, St François d’Assise, Marthe Robin et Madeleine Delbrel sont des figures essentielles dans le type de réponse que tu donnes à Dieu :
« il y a des gens que Dieu ne retire pas du monde. Ce sont des gens qui font un travail ordinaire, qui ont un foyer ordinaire ou sont des célibataires ordinaires, des gens qui ont une maison ordinaire, des vêtements ordinaires.
Ce sont les gens de la vie ordinaire, les gens que l’on rencontre dans n’importe quelle rue.
Nous autres, gens de la rue, croyons de toutes nos forces que cette rue, que ce monde où Dieu nous a mis est pour nous le lieu de notre sainteté. »
(Nous autres, gens des rues).
Convaincue de l’annonce de cette Pentecôte d’ Amour confiée à des laics, toi Maryse Quashie, tu as décidé de t’engager en tant qu’ intellectuelle à travers plusieurs initiatives :
1-Le Grain de Sénevé
C’était une revue sur le campus de Lomé, ton lieu de travail. Je pense à Michel Gbéassor, Télé Amenda, de vénérée mémoire. Je peux citer aussi Pierre Radji, Gervais Maglo, Germaine Anate et moi-même etc.
2- Le Rameau de Jessé
C’est une association culturelle chargée de penser l’avènement de la Civilisation de l’Amour.
Je pense à Sylvestre Minlekibe, Germaine Anate, Gervais Maglo, Roger Folikoué, Philomène Djoméda, Spero Mahoule, Pierre Akpawu, Laurenda Sédo, Gisèle Dovi, Olivier Damtare, Reine Dovi, Gaétan Tudiza, Vincent Agbovi, Émilienne Atameklo, Éric Yaforgman, Marc Maleme, Julie Maleme, Rébecca Afanlon, Robertine Dogbevi, Julie Minza, Éric Dzreke, Rodrigue Songana, Aristide Songana, Simon-Pierre Dzreke, Kelly Assiongbon et tous les jeunes avec qui nous continuons de travailler.
Pour le Rameau de Jessé, je ne peux pas oublier Jean-Paul Eschlimann, un prêtre SMA qui croit en nous et nous soutient.
3- Nazareth,
C’ est un atelier de couture, un espace de création que tu as voulu avec des femmes pour valoriser leurs compétences manuelles
Je peux citer: Julienne Kuevi, Marie-Claire Couchoro, Louise Agousse, Eulalie Adékplovi, Robertine Dogbevi etc.
4- Le Groupe « Le Bon Pasteur »
C’est un groupe de prière où nous voulons nous sanctifier en priant pour la sanctification des prêtres et, comme des intercesseurs, nous prions aussi pour tous les hommes et toutes les femmes de nos sociétés.
Je peux citer : +Simon Wuléme, Célestine Merat, Vincent Agbovi, Éric Yaforgman, Marc Maleme, Sylvestre Ouadja, Rodrigue et Aristide Songana, Julie Minza, Herbert Gounon, Pierre Titi, Robertine Dogbevi, Claire et Bertin Togbi, Ernest Kavege, Gisèle et Reine Dovi, Viviane Togbi, Blandine Brathold, Hubertine Ouadja, Gaétan Tudiza, Rébecca Afanlon, Émilienne Atameklo, Julie Maleme, Bernadette Fatognon, Simon Ayena, Roger Folikoué etc.
Il y a aussi des enfants Gaston Allyn Teco, Brice Djangbiégou, Enora Djangbiégou, Maëlle Djangbiégou et Nicolas – Marie Yaforgman, assidus à la prière de jeudi soir.
Maryse Quashie, 2026 est l’ année de tes 75 ans de vie et de tes 38 ans de vie donnée à Dieu dans les œuvres du Foyer.
C’est par toi que j’ai connu, Marthe Robin entre 1992 et 1993 à travers nos discussions et des livres que tu m’as offerts. Et puis naturellement le Foyer de Charité d’ Alédjo avec ma première retraite en 1994, animée par le Père Louis Devaux.
Père Louis Devaux, Merci
Je suis allé au séminaire petit et grand pour devenir prêtre, ministre ordonné mais je suis sorti librement et, par toi Maryse, j’ ai rencontré Marthe Robin avec sa phrase : « Qu’il est beau notre sacerdoce à nous qui s’exerce dans l’ombre et le silence, caché comme Jésus-Hostie ».
Cette phrase, dans laquelle je me suis retrouvé après cinq ans au grand séminaire, nous permet, à nous laïcs et sans aucun complexe, de vivre notre mission comme des prêtres de la liturgie du quotidien en notre qualité de baptisés.
Et dans la communion, tous et toutes nous faisons nôtres les paroles de la chanson de Fabienne Martet et de Le Jeune Chœur :
« Vous tous qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu le Christ, Alleluia! »
Avant de finir, Maryse, je souhaite citer une personne à laquelle tu étais attachée et qui était un de tes collègues qui m’a aussi marqué par sa simplicité. En le nommant je lui rends hommage comme une figure chrétienne et intellectuelle de notre pays. C’est + Marc Ahlonko Komlan.
À toi qui as accepté de porter le nom de Maryse Demeure de la Trinité (MDT), je dis: Heureux jubilé d’Albâtre (75 ans de naissance) et de mercure (38 ans de vie donnée à Dieu).
Quashie Adjo Maryse Mawutowu dite Maryse Demeure de la Trinité voici ton nom en formule d’équation vitale :
Q= AM² = MDT
« Seul l’ amour fait vivre ».
Roger la Joie de la Croix FOLIKOUE






