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Vo 1- Drame à Dekadome : les autorités au chevet de la famille

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Une délégation conduite notamment par le représentant du ministère chargé des Mines, le préfet de Vo et le maire de Vo 1 s’est rendue, mercredi 7 octobre 2026, auprès de la famille des deux adolescentes mortes par noyade à Dekadome-Adjinoko. Cette visite de compassion a permis aux autorités de présenter leurs condoléances, d’apporter un soutien à la famille et de constater sur le terrain les conditions ayant entouré le drame.

À Dekadome-Adjinoko, l’émotion reste vive quelques jours après la disparition tragique de deux jeunes filles dans une retenue d’eau issue d’une ancienne zone d’exploitation de sable.

Mercredi, une délégation composée de représentants des autorités administratives, municipales, du ministère chargé des Mines ainsi que de la société civile ITIE s’est rendue au domicile de la famille endeuillée.

Face aux proches des victimes, la délégation a d’abord marqué un temps de compassion. Les autorités ont présenté leurs condoléances au père des deux adolescentes et apporté un appui financier à la famille, durement éprouvée par cette double perte.

Le père revient sur les dernières heures de ses filles

Yatsiglo Yaovi, père des deux victimes, a relaté les circonstances dans lesquelles il a appris le drame. Selon son témoignage, il venait de quitter son domicile lorsqu’il a été informé que ses deux filles étaient tombées dans une retenue d’eau située sur le site d’une ancienne carrière de sable.

Il s’est immédiatement rendu sur les lieux. D’après les informations recueillies par la famille, les deux adolescentes auraient quitté la maison à l’insu de leur mère pour se rendre sur le site, où elles comptaient faire la lessive.

« Quand je suis revenu, j’ai cherché à savoir ce qu’elles sont venues faire. On m’a fait savoir qu’elles ont trompé la vigilance de leur maman pour venir faire la lessive », a expliqué leur père.

Yatsiglo Yaovi assure par ailleurs que ses filles ne fréquentaient pas habituellement cet endroit. Pour lui, elles s’y seraient rendues pour la première fois, sans que la famille ne puisse imaginer le danger auquel elles allaient être exposées.

Après les condoléances, la délégation sur le lieu du drame

Après la visite à la famille, la délégation s’est rendue sur le site de la noyade pour apprécier les conditions dans lesquelles l’accident s’est produit.

Pour le préfet de Vo, Leguèdè Kokou, cette tragédie rappelle l’urgence de mieux sécuriser les retenues d’eau laissées après certaines exploitations de sable. Il appelle les populations, particulièrement les enfants, à ne pas s’approcher de ces plans d’eau dont la profondeur et les risques restent souvent difficiles à évaluer.

« Nous demandons que les enfants n’approchent plus ces mares qui sont des dangers publics », a-t-il déclaré.

L’autorité préfectorale annonce également un recensement des retenues d’eau et des carrières abandonnées dans la préfecture afin d’identifier les sites présentant des risques pour les populations.

Les anciennes carrières désormais au cœur des préoccupations

Au-delà de la sensibilisation, la question de la responsabilité des exploitants et de la réhabilitation des sites abandonnés se pose désormais avec davantage d’insistance.

Le préfet estime que l’exploitation du sable ne devrait pas s’arrêter à l’extraction. Des dispositions doivent être prévues pour sécuriser les sites après leur fermeture et éviter qu’ils ne deviennent des zones dangereuses pour les riverains.

« Les sociétés qui exploitent du sable, parce qu’ils exploitent et après ils laissent, en principe, il doit y avoir des dispositions qui doivent être prises pour gérer après l’exploitation », a-t-il relevé.

Les autorités entendent ainsi sensibiliser les chefs de villages et de quartiers et, si nécessaire, interpeller les responsables des exploitations concernées afin qu’ils prennent leurs responsabilités.

Une carrière qui aurait été exploitée sans autorisation

Représentant le ministre chargé des Mines, le directeur régional maritime des Mines et de la Géologie, Karamon Nagazama, a indiqué que le site du drame serait une carrière exploitée sans autorisation.

« La carrière dont il est question, ce n’est pas une carrière autorisée. C’est une carrière qui a été exploitée par des gens illégalement », a-t-il affirmé.

L’identité de l’exploitant reste toutefois à établir. Une fois celui-ci identifié, les autorités entendent examiner les responsabilités éventuelles et appliquer, le cas échéant, les dispositions prévues par la loi.

Le ministère envisage par ailleurs un recensement plus large des carrières abandonnées afin d’identifier les sites nécessitant des travaux de réhabilitation et de sécurisation.

Prévenir un nouveau drame

À Dekadome-Adjinoko, la visite des autorités aura ainsi été à la fois un moment de compassion envers une famille frappée par une double perte et le point de départ d’une réflexion plus large sur la sécurité des anciennes carrières de sable.

Le recensement des sites abandonnés, leur réhabilitation et la sensibilisation des communautés figurent désormais parmi les pistes avancées pour prévenir de nouveaux accidents.

Pour la famille des deux adolescentes, l’heure reste cependant au deuil. Dans la localité, leur disparition rappelle avec brutalité les dangers que peuvent représenter ces retenues d’eau laissées à ciel ouvert après l’exploitation du sable.

La rédaction

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