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Universités Publiques du Togo : le blocage des Professeurs Titulaires, le scandale qui fragilise la crédibilité de l’État

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Depuis plusieurs années, un malaise profond couve au sein des Universités Publiques du Togo et notamment à l’Université de Lomé. Derrière son statut de plus ancienne institution publique d’enseignement supérieur du Togo, fondée en 1970, se cache une crise administrative qui suscite de nombreuses interrogations et alimente un sentiment d’injustice chez plusieurs Enseignants-Chercheurs.

Le sit-in organisé le 2 juillet dernier par des Professeurs Titulaires admis aux Concours du Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur (CAMES) a mis en lumière une situation qui dépasse le simple cadre universitaire. Les manifestants réclament la signature de leurs décrets de nomination, une formalité indispensable pour bénéficier des droits administratifs, financiers et statutaires attachés à leur nouveau grade. Malgré cette mobilisation, les réponses officielles n’ont pas permis de dissiper les inquiétudes, laissant persister un climat d’incertitude.

L’enquête menée par notre rédaction fait apparaître une situation préoccupante. Alors que les Maîtres-Assistants, les Maîtres de Conférences et les Maîtres de Conférences Agrégés voient généralement leurs arrêtés de nomination pris dans des délais relativement courts après leur promotion et entrent dans leurs droits en début de l’année suivante comme le stipule les textes régissant les UPT, les Professeurs Titulaires affirment être confrontés à des attentes prolongées avant la signature de leurs décrets. Cette différence de traitement nourrit un profond sentiment d’injustice au sein du corps des enseignants du supérieur.

Selon les informations recueillies auprès des intéressés, 83 Enseignants-Chercheurs de l’Université de Lomé admis au grade de Professeur Titulaire depuis 2021 et 26 de l’Université de Kara admis à ce même grade depuis 2022, attendraient toujours leur nomination officielle. Cela suppose que les lauréats de 2021 de l’UK ont été titularisés alors que ceux de l’UL attendent toujours, pourtant il s’agit toutes deux des Universités Publiques du Togo donc régis par les mêmes lois ou statuts. Certains témoignent avoir vu des collègues partir à la retraite sans avoir bénéficié des droits liés à cette promotion. D’autres évoquent également des enseignants décédés avant la régularisation de cette situation administrative. Si ces éléments appellent à être officiellement documentés et vérifiés par les autorités compétentes, ils traduisent le profond malaise exprimé par les concernés.

Au-delà des nominations, plusieurs enseignants dénoncent également un déficit d’encadrement dû au manque d’effectifs, une surcharge de travail croissante ainsi que l’insuffisance des financements consacrés à la recherche scientifique. Autant de difficultés qui, selon eux, réduisent progressivement le rayonnement académique des Universités Publiques du Togo et notamment celui de l’Université de Lomé, pourtant considérée comme un pilier de la formation supérieure au Togo.

Les investigations montrent par ailleurs que les dernières vagues de nominations des Professeurs Titulaires remontent aux promotions des années 2018, 2019 et 2020 pour l’Université de Lomé et à celles des années 2019, 2020 et 2021, pour l’Université de Kara. Depuis, les promotions issues du CAMES de 2021 et des années suivantes attendent toujours une régularisation, selon les informations recueillies auprès des enseignants concernés. Cette situation contraste, selon plusieurs universitaires, avec les pratiques observées dans certains autres pays de la sous-région où les procédures seraient plus rapides. Les Professeurs sont alors titularisés et entrent dans leurs droits immédiatement après leur promotion.

Nos investigations indiquent également que parmi les enseignants concernés figureraient plusieurs personnalités occupant ou ayant occupé d’importantes responsabilités nationales. Notre rédaction poursuit ses vérifications sur cet aspect avant toute publication de noms, conformément aux exigences de rigueur journalistique.

Cette affaire soulève une question essentielle de gouvernance publique : quels sont les obstacles administratifs ou institutionnels qui expliquent ces retards ? S’agit-il de simples lenteurs bureaucratiques ou de dysfonctionnements plus profonds ? Seules les autorités compétentes sont en mesure d’apporter des réponses précises et de clarifier les responsabilités.

À défaut d’une issue rapide, le climat social et pédagogique pourrait continuer à se dégrader dans les Universités Publiques du Togo. Plusieurs enseignants évoquent déjà la possibilité de nouvelles actions de protestation si aucune avancée concrète n’est enregistrée.

Au-delà des revendications corporatistes, ce dossier interroge la capacité des institutions à garantir l’égalité de traitement entre les agents de l’État et à reconnaître le mérite et la promotion académiques. Pour de nombreux observateurs, une clarification rapide permettrait d’apaiser les tensions, de préserver la crédibilité des institutions universitaires et de renforcer la confiance dans la gouvernance publique.

Le défenseur

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