L’élection d’Ousmane Sonko à la présidence de l’Assemblée nationale marque une nouvelle étape dans la profonde recomposition du pouvoir sénégalais. Réintégré comme député après son limogeage du poste de Premier ministre, le leader de Pastef a été élu avec 132 voix sur 133 suffrages exprimés, malgré le boycott d’une partie de l’opposition qui conteste la légalité de son retour au Parlement.
Cette accession au perchoir intervient dans un contexte de tensions politiques croissantes entre Sonko et le président Bassirou Diomaye Faye, pourtant issus du même parti. Devant une Assemblée dominée par les députés Pastef, Sonko a tenté de rassurer l’exécutif en promettant l’absence de « vendetta », de « blocage » ou de « chaos », tout en revendiquant un contrôle rigoureux de l’action gouvernementale.
Mais derrière les appels à l’apaisement, une bataille d’influence semble se jouer au sein du parti au pouvoir. Selon plusieurs sources, le camp présidentiel chercherait à redessiner les équilibres internes de Pastef à travers la formation du futur gouvernement. Des militants du parti auraient déjà été approchés par la présidence pour intégrer la nouvelle équipe gouvernementale, certains se disant favorables à cette ouverture.
Dans un communiqué, Pastef confirme que plusieurs de ses membres ont été contactés pour participer à des consultations sur la composition du gouvernement. Le parti se dit disposé à accompagner le chef de l’État dans une « collaboration franche et responsable », mais exige que toute discussion se fasse dans un cadre institutionnel et autour de priorités programmatiques claires, notamment la lutte contre la vie chère, la transparence dans la gestion des fonds publics, la renégociation des contrats stratégiques et la poursuite de la reddition des comptes.
Le COMEX de Pastef avertit par ailleurs que tout militant participant à ces consultations sans mandat officiel agira à titre strictement personnel. Une mise au point qui traduit les fractures naissantes au sein du mouvement et les enjeux de pouvoir qui entourent désormais la refonte de l’exécutif sénégalais.





