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Quand Lourdes interpelle Paris : Léon XIV face au débat sur la fin de vie

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Le voyage apostolique du pape Léon XIV en France, placé sous le thème « Pour que le monde ait la vie », intervient dans un contexte marqué par un débat sensible autour de la fin de vie et de la place des convictions religieuses dans l’espace public.

À travers cette visite, le souverain pontife entend porter un message centré sur la défense de la vie, alors que la France vient d’adopter une législation encadrant l’aide à mourir.

Dans une analyse philosophique consacrée à cette actualité, le professeur Roger Folikoué, philosophe et universitaire togolais, met en lumière les tensions anciennes entre pouvoir politique et autorité spirituelle, mais aussi entre ce qui est légal et ce qui est considéré comme légitime.

Pour lui, le déplacement de Léon XIV à Lourdes offre un nouvel espace de réflexion sur la dignité humaine, l’autonomie, la transcendance et les rapports entre foi et raison.

Au-delà de la controverse autour de la législation française sur la fin de vie, cette réflexion ouvre ainsi une interrogation plus large : jusqu’où l’autonomie de la société peut-elle aller lorsqu’elle se confronte aux questions fondamentales liées à la vie, à la mort et à la dignité humaine ? Entre héritage philosophique, enseignement religieux et exigences de la modernité, le débat reste ouvert.

L’analyse philosophique du professeur Roger Folikoue à Lire au complet ↕️

QUAND ACCUEIL NOTRE-DAME DE LOURDES RÉPOND AUX PALAIS BOURBON ET DE L’ ÉLYSÉE À PARIS

Le vendredi 25 septembre 2026, le Pape Léon XIV a entamé, sur quatre jours, un voyage apostolique en France sous le thème « Pour que le monde ait la vie. »

Ce thème a une résonance particulière eu égard au contexte socio-politique en France. On peut le prendre comme une réponse diplomatiquement évangélique au texte législatif voté au mois d’août dernier.

En effet la loi n° 2026-794 du 18 août 2026 relative au droit à l’aide à mourir a été promulguée et publiée au Journal officiel le 19 août 2026.

On pourrait dire qu’ au droit de donner la mort de l’État français, défendre la vie, dans n’importe quelle condition, était porté par le thème  » pour que le monde ait la vie » du Pape dans l’espace public français déclaré laïc.

Le problème du rapport entre l’ ordre temporel et l’ ordre spirituel fait partie d’une des vieilles problématiques de notre monde depuis des siècles.
Et une citation du philosophe anglais Thomas Hobbes résume la volonté d’autonomie recherchée par le pouvoir temporel vis-à-vis du pouvoir spirituel :  » Auctoritas, non veritas, facit legem ». (C’est l’autorité et non la vérité qui fait la loi).

Mais cette phrase de Hobbes qui donne un poids à l’ autorité politique n’ a pas clôturé, pour autant, ce débat qui se prolonge toujours dans les sociétés. Car depuis toujours ( cf Antigone et le roi Créon dans la pièce de Sophocle), la discussion entre le légal et le légitime est une réalité des sociétés montrant le difficile rapport entre la loi naturelle et la loi positive. Il s’ agit bien d’une réalité complexe.

Le légal doit être un lieu de manifestation du légitime et au même moment le légitime a besoin du légal pour exister dans les sociétés.

Mais on sait aussi, par expérience, que tout ce qui est légal n’est pas, ipso facto, légitime.
Et ce principe a été rappelé explicitement par le Pape Léon XIV à Lourdes au cours de sa rencontre avec les malades en réponse à la loi de fin de vie votée en France.

La France, en votant cette loi, s’ inscrit sur une liste qui se constitue par des pays qui ont adopté cette loi : Pays Bas ( 2001), Belgique ( 2002), Luxembourg ( 2009), Canada (2016), Espagne ( 2021) etc.

Pour tout observateur averti, le voyage apostolique, terme préféré par le Pape Léon XIV, était déjà une résistance au souhait du président Emmanuel Macron qui voulait une visite d’État, lui qui est le président qui a promulgué cette loi votée par les représentants du peuple.

C’ est dire qu’avant l’arrivée du Pape, il y a un débat non organisé mais réel autour du thème du Pape et de la Loi de fin de vie de la République française.

D’ un côté nous avons une conception de la société comme une entité politique autonome mais qui sait que l ‘être humain n’est pas sa propre raison d’ être et qu’ il est précédé par une Transcendance qui se dit dans la société et de l’autre une communauté politique qui, puisant ses justificatifs dans la modernité, ne veut reconnaître que ce qui vient d’elle et de sa volonté libre par voie délibérative.
Cette deuxième conception récuse toute Transcendance au nom du dogme de l’autonomie moderne, qui, rejetant une position hétéronomique, situe tout au niveau horizontal.

Selon le Pape Léon XIV le droit à la vie est un droit constitutif de tous les autres droits et donc on ne peut pas prétendre défendre les droits de l’Homme et soutenir en même temps le droit de donner la mort.
Le droit de donner la mort, même dans certaines conditions ( cf la loi française encadrée ) ne saurait se justifier au nom d’une idéologie de la dignité humaine.

Les sociétés modernes, en évacuant la question de la Transcendance dans l’espace public, peuvent-elles se poser elles-mêmes comme la Norme des normes, l’ étalon de tout sans écouter l’ appel de Blaise Pascal  » la raison humaine n’est grande que quand elle reconnaît qu’ il y a une infinité de choses qui la dépassent. »

Mais comment reconnaître la grandeur de cette raison, capable de faire de grandes choses et de grandes découvertes sans devenir un moyen assujetti à une idéologie religieuse qui parlerait vite au nom de Dieu ( cf. par exemple le cas de Galilée, le cas de la féodalité avec les catégories des seigneurs et des vassaux etc.)?

Le thème « Pour que le monde ait la vie » invite a un vrai dialogue entre Raison et Foi, Science et Foi pour saisir la raison et la foi comme deux moyens complémentaires pour la connaissance.

La foi est un don de Dieu mais la raison aussi est un don de Dieu. En saisissant les deux comment dons de Dieu et comme deux moyens de connaissance du sujet humain, ne pourrait-on pas y trouver des pistes de dialogue qui, tout en défendant l’autonomie humaine, posent des relations moins conflictuelles entre autonomie humaine et Transcendance divine reconnue, acceptée et vécue ?

Roger la Joie de la Croix FOLIKOUE

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