Le Réseau ouest-africain pour l’édification de la paix (WANEP-Togo) a réuni, le jeudi 15 octobre dernier à Kara, les acteurs institutionnels, communautaires et de la société civile autour de la validation de la cartographie des conflits dans les régions des Savanes, de la Kara et de la Centrale. L’étude, qui a permis d’identifier plus de 242 conflits, vise à renforcer les mécanismes de prévention, d’alerte précoce et de consolidation de la paix.



Organisé à l’Hôtel La Concorde dans le cadre du projet « Résilience économique face à l’extrémisme violent, Continuité », financé par Pain pour le Monde (PPLM), cet atelier national a constitué une étape importante dans l’examen des résultats d’une étude destinée à mieux comprendre les dynamiques conflictuelles dans les trois régions concernées.
Réalisée par le cabinet Result Services SARL, sous la direction du sociologue et consultant Komlan Tokpra, l’étude s’est appuyée sur une approche qualitative. Selon les données présentées à l’ouverture des travaux, la collecte a mobilisé douze agents et reposé sur 201 entretiens semi-structurés ainsi que 70 groupes de discussion. Les échanges ont associé des autorités administratives et institutionnelles, des responsables communautaires et religieux, des organisations de la société civile et d’autres acteurs locaux.




Les premiers résultats font ressortir plus de 242 conflits recensés, des griefs persistants et des mécanismes locaux de régulation fragilisés. Ces constats soulignent la nécessité d’une action concertée pour prévenir l’aggravation des tensions et mieux répondre aux vulnérabilités susceptibles d’alimenter l’extrémisme violent et la criminalité transfrontalière.
Une cartographie pour mieux anticiper les tensions
Au-delà du recensement des conflits, la démarche entend fournir aux décideurs et aux acteurs de terrain un outil d’aide à la décision. L’objectif est de mieux cerner les causes profondes des différends, leurs facteurs aggravants ainsi que les possibilités de médiation et de règlement pacifique.

Prenant la parole au nom du ministère de la Sécurité et de la Protection civile, son représentant a salué l’initiative de WANEP-Togo, tout en insistant sur l’importance de la fiabilité des données, de la rigueur méthodologique et de la prise en compte des réalités locales. Il a également rappelé que la cartographie doit contribuer à renforcer les mécanismes d’alerte précoce et à orienter les actions de prévention, plutôt que se limiter à décrire les conflits existants.
Le représentant du ministère a, par ailleurs, souligné la nécessité de préserver la confidentialité des informations sensibles afin de ne pas exposer inutilement les personnes, les communautés ou les institutions concernées. Il a plaidé pour une exploitation responsable des résultats et une meilleure coordination entre les services de l’État, les autorités locales, les chefferies traditionnelles et les organisations de la société civile.

Vers des réponses concertées et durables
Pour WANEP-Togo, cette initiative s’inscrit dans une dynamique de consolidation de la paix et de renforcement de la résilience communautaire, dans un contexte marqué par des défis sécuritaires et des tensions de diverses natures. L’organisation mise sur une meilleure connaissance des réalités du terrain pour favoriser des interventions plus adaptées aux besoins des populations.
L’atelier du 15 octobre devait permettre aux participants d’examiner, d’amender et de valider le rapport provisoire, de consolider les recommandations et de définir les modalités de diffusion et d’exploitation du document final. La validation de cette cartographie constitue ainsi une étape importante, dont la portée dépendra de la traduction des recommandations en actions concrètes.
Face à la persistance des différends communautaires, fonciers et liés à l’accès aux ressources, la prévention demeure une responsabilité partagée. La collaboration entre les institutions publiques, les organisations de la société civile et les communautés locales apparaît dès lors essentielle pour anticiper les crises, préserver la cohésion sociale et consolider durablement la paix dans les régions concernées.





