Le Mouvement Martin Luther King (MMLK), « La Voix des Sans Voix », interpelle les autorités togolaises sur la situation préoccupante du pont de Tchitchira-Maison, situé sur la rivière Kéran et reliant les communes de Kéran 1 et Kéran 2, sur l’axe Nadoba-Kantè.




Au cœur des inquiétudes du mouvement citoyen : l’arrêt des travaux du nouveau pont métallique mixte acier-béton, de type Unibridge, engagé depuis mars 2024. D’une longueur de 102,60 mètres et d’une hauteur de 14,80 mètres, l’ouvrage est réalisé par l’entreprise française MATIÈRE dans le cadre du programme de construction de 21 ponts modulaires. Les travaux étaient initialement prévus pour une durée de 36 mois, avec une livraison attendue en mars 2027.
Mais depuis janvier 2026, le chantier serait à l’arrêt. Selon le MMLK, cette situation persiste malgré une visite effectuée en février dernier. Aucune explication officielle n’aurait, à ce jour, été communiquée aux populations concernées sur les raisons de cette interruption.
En attendant la reprise du chantier, les usagers continuent d’emprunter l’ancien pont, particulièrement vulnérable en période de fortes pluies. Lorsque la rivière déborde, les eaux submergent le passage, envahissent les terres agricoles et perturbent la circulation entre les deux communes.
Élèves, femmes, commerçants, motocyclistes et autres usagers se retrouvent ainsi exposés à des conditions de traversée jugées dangereuses. Le MMLK affirme que des images montrent des habitants tentant de franchir le passage alors que les eaux sont boueuses et rapides.
Au-delà des difficultés de circulation, le mouvement estime que cette situation constitue une menace directe pour la sécurité des populations et contribue à maintenir l’enclavement d’une partie de la préfecture de la Kéran. Il évoque notamment des risques d’accidents et de noyade, ainsi que des dégâts récurrents dans les exploitations agricoles.
Le MMLK demande des mesures urgentes
Face à cette situation, le mouvement présidé par le pasteur Edoh K. Komi demande au gouvernement, au ministère des Travaux publics et à l’entreprise MATIÈRE de clarifier officiellement les raisons de l’arrêt du chantier.
Il réclame également une reprise rapide des travaux afin que le nouveau pont puisse être achevé dans les délais annoncés. Dans l’intervalle, le MMLK appelle à la mise en place de mesures provisoires pour sécuriser la traversée, notamment un meilleur balisage, une assistance aux usagers ou, si nécessaire, la mise à disposition d’un bac.
Le mouvement demande par ailleurs la prise en compte des dommages causés aux champs par les inondations répétées.
Pour le MMLK, la sécurité des populations et la liberté de circulation ne sauraient être compromises par la lenteur d’un chantier stratégique. Le mouvement dit suivre attentivement l’évolution de la situation et n’exclut pas de nouvelles actions citoyennes si aucune réponse concrète n’est apportée dans un délai jugé raisonnable.
Le pont de Tchitchira-Maison reste ainsi au centre des préoccupations locales, alors que les populations attendent une solution durable avant la prochaine montée des eaux.






