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Père Godfroy Kouégan-Abbey : 35 ans de sacerdoce, un moine au cœur du monde

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À l’occasion des 35 ans de sacerdoce du père Godfroy Kouégan-Abbey, le professeur Roger la Joie de la Croix Folikoue, philosophe et universitaire togolais, livre une réflexion profonde sur le parcours spirituel de cet homme d’Église.

À travers son itinéraire monastique, son engagement sacerdotal et son expérience au service de l’Église, il met en lumière une vocation qui dépasse les murs du monastère pour s’inscrire au cœur de la vie quotidienne.

De Dzogbégan à Lomé, jusqu’à Lausanne, en Suisse, le père Godfroy incarne, selon cette lecture philosophique et spirituelle, une manière de chercher Dieu non seulement dans le silence et le recueillement, mais aussi dans le tumulte du monde, au contact des hommes et des femmes.

Lire la réflexion en toute intégralité ⏬

35 ANS DE SACERDOCE DU PÈRE GODFROY KOUÉGAN- ABBEY : UN MOINE AU CŒUR DE LA VILLE

Le père Godfroy serait-il membre des Fraternités Monastiques de Jérusalem, une fondation du père Pierre-Marie Delfieux (1934-2013), en 1975 en France ?

Pour le fondateur, il s’agit d’implanter la vie monastique et contemplative dans les villes. Cette belle intuition, le Carmel au cœur du quotidien des hommes et des femmes, est l’un des signes de notre temps.

Le père Godfroy n’est pas membre de cette communauté. Je connais une Togolaise, la Sr Noélie, membre des Fraternités Monastiques à Strasbourg et d’autres Togolais qui sont passés par cette communauté à Paris et à Strasbourg.

Le père Godfroy, lui était un moine du Monastère de l’Ascension de Dzogbégan (Togo), devenu Abbaye en 1993.

Le 7 juillet 1978, il est entré au monastère de Dzogbégan.
Le 26 avril 1981, il a fait sa profession temporaire avec le frère Boniface Tiguila et, le 7 septembre 1985, sa profession solennelle.
Le 12 octobre 1991, après avoir reçu le diaconat ensemble avec le père Laurent Azonko le 26 avril 1990, il a été ordonné prêtre par Mgr Robert Dosseh-Anyron. Il fut prieur (1991-1993) de ce monastère avant de rejoindre, en 1997, son diocèse d’origine, Aného.

Le père Godfroy, le moine-prêtre, sans appartenir à la communauté de Pierre-Marie Delfieux, a choisi, il me semble, de vivre cette intuition dans notre pays.

Pour rencontrer Dieu, on peut se retirer du monde pour l’écouter dans le silence de Dzogbégan, situé sur les plateaux de Dayes. On peut aussi se retirer à Alédjo, au Foyer de Charité ou encore dans une autre maison de prière.
Mais, on peut aussi retrouver le Carmel au cœur du monde, car ce qui compte c’est de faire place à Celui qui est au fond de nous, dans notre intériorité.

Le silence, pour Madeleine Delbrel, n’est pas une simple absence de bruit ou une fuite du monde. «Le silence n’est pas une évasion, mais le rassemblement de nous-mêmes au creux de Dieu ». Le silence, c’est une écoute attentive de Celui qui est à l’intérieur de nous.
Faire silence, c’est d’abord écouter Dieu partout où il se manifeste, dans la prière, mais aussi au milieu du tumulte de la vie quotidienne, du travail et de la rue.

Alors pour moi, le moine-prieur qui a été aussi recteur au Grand Séminaire St Jean-Paul II de Lomé de 2008 à 2018, est un moine au cœur du tumulte du monde.

Ce n’est pas un renoncement au monastère physique situé toujours, géographiquement, en dehors des villes mais une invitation à saisir et à vivre la parole du Nouveau Testament : « Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? »(1Co 3, 16).

Par sa formation théologique (1986-1989 à l’Abbaye de la Pierre qui Vire en France) et surtout liturgique à Padoue 1994-2001, où il a obtenu son doctorat en 2001, le père Godfroy est aussi le signe de Dieu qui invite à faire de notre vie, un temple de Dieu et donc un lieu liturgique.

Célébrer Dieu dans nos vies de tous les jours, c’est faire de « ora et labora » une devise qui fait de nos travaux et actions des prières et, des temps du silence des moments de reconnexion à la Vigne dont nous sommes des sarments ( Jn 15, 1- 15).

Le père Godfroy KOUÉGAN-ABBEY, le moine-prieur, l’ancien recteur au Grand Séminaire Saint Jean Paul II de Lomé et l’actuel curé de la paroisse St Amédée en Lausanne, Suisse, ne porte-t-il pas le titre de mon partage ?

Ne nous révèle-t- il pas une triple réalité :

  • Se découvrir comme un don de Dieu, Théodore.
  • Devenir un ami de Dieu, Théophile.
  • Être partout un porteur de Dieu, Théophore ou Christophore.

Il ne s’agit pas de porter ces prénoms mais de faire de nos vies des lieux liturgiques pour dé-voiler le Dieu d’Amour, l’Unique Source de la vie.

Et si chaque personne se découvrait comme un sacrement de Dieu !

Père Godfroy, le diocèse d’Aného a encore besoin de toi.
Notre pays a encore besoin de toi mais notre continent aussi.

Père Godfroy KOUÉGAN-ABBEY, Joyeux anniversaire sacerdotal.

Roger la Joie de la Croix FOLIKOUE

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