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Pape Léon XIV en Espagne : quand la loi doit servir l’Homme

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S’inspirant du séjour du pape Léon XIV en Espagne, le philosophe universitaire Roger Folikoue propose une réflexion sur l’autorité, la dignité humaine et le bien commun. Son analyse met en lumière une idée forte portée par le souverain pontife : la légalité ne suffit pas, encore faut-il que les lois demeurent profondément humaines.

Découvrons sa réflexion 👇

PAPE LÉON XIV EN ESPAGNE :
QUE CE QUI EST LÉGAL SOIT HUMAIN

Le 6 juin dernier au Palais Royal de Madrid, le Pape Léon XIV a commencé son séjour en Espagne. Il fut accueilli dans une cérémonie solennelle de bienvenue par le Roi Felipe VI et la Reine Letizia. Très belle et émouvante cérémonie à laquelle les deux filles du Roi avaient participé.

Sur la cour du Palais Royal où tout n’ était « qu’ordre et beauté, luxe, calme et volupté » (Charles Baudelaire), j’ai vu plusieurs personnes hommes et femmes dans différents apparats incarnant également divers rôles dans la société.

Dans cette cour où il y avait plusieurs personnes avec une diversité de fonctions et de missions, j’ai vu deux re-présentants : deux hôtes, d’ une part, celui qui reçoit et offre l’hospitalité, il est le re-présentant de l’ ordre temporel et, d’ autre part, celui qui est invité, lui il est le re-présentant de l’ ordre spirituel. Tous les deux sont des lieutenants selon le sens étymologique du latin médiéval « locum tenens » qui signifie littéralement «tenant lieu de», c’est-à-dire celui qui agit à la place d’une autre personne. Et ici, il s’ agit de l’ autorité renvoyant au Pouvoir Divin, car il est admis que toute autorité vient de Dieu.

Mais au-delà des différents rôles et des mots qui font appel, historiquement, à des querelles de pouvoir entre deux ordres distincts, toutes les personnes qui étaient sur la cour du Palais Royal ont en commun L’HUMANITÉ.

A  » La clinique de la dignité humaine » de Cynthia Fleury, j’ai la réponse du Pape Léon XIV avec le titre de son encyclique « Magnifique Humanité » qui m’ a fait pensé au livre de la Sœur Marie-Gonzaga Johnson,  » La personne humaine, un être qui vaut infiniment ».

Sur cette cour, le 6 juin, j’ai vu deux autorités renvoyant à une Autorité Seule et Transcendante, justifiant leur nom de Lieu-tenant au service de leurs frères et sœurs.
Je me suis souvenu du livre de Mgr Barrigah qui affirmait que l’autorité est diaconie.

Et si les types d’autorité dans les différentes nations et dans le monde se mettaient véritablement au service de l’Humanité qui est en elle mais aussi dans les autres?

C’est ici que le Pape Léon XIV interpelle avec trois concepts durant ce séjour espagnol : Dialogue dans un contexte de pluralisme (sociologique, politique, religieuse etc.), Dignité humaine et Bien Commun.

L’auteur de « Magnifique Humanité » avait déjà annoncé ses couleurs par son appartenance à l’ordre augustinien et le choix de son nom de Léon à la suite de Léon XIII, auteur du « Rerum Novarum ».
Ces deux personnes font certainement partie de ses références.
Pour vous je suis évêque mais avec vous je suis chrétien et on pourrait ajouter avec vous je suis un être humain ayant une même dignité à défendre.

C’est dans ce sens que j’ai été frappé par un deuxième élément du séjour espagnol du Pape Léon XIV au Palais des Cortès, invité par le Congrès des Députés.
Ici aussi j’ ai vu, d’ un côté les re-présesentants du peuple sous l’ordre temporel et de l’autre le Pape Léon XIV et toute sa délégation symbolisant l’ordre spirituel.

Et devant le Congrès des Députés, le Pape Léon XIV a prononcé, non pas dans une Basilique ou une Cathédrale, le lundi 8 juin, un discours historique pour lequel il a été salué par sept minutes de standing ovation de la part des députés et des sénateurs.

De cette tribune politique au bon sens du terme où l’on pense, dans le pluralisme des partis politiques, les lois pour organiser le vivre ensemble, le Souverain Pontife a développé une idée qui a retenu mon attention: le nombre en termes de majorité n’est pas toujours la garantie d’une loi juste. Une loi est juste quand elle défend la dignité humaine. On doit s’interroger sur la vision (conception) de la personne humaine qui est à la base des lois mais aussi sur le profil que les lois doivent former.
La loi n’ est pas neutre, elle repose sur une vision; aucun droit n’est neutre, il transporte une valeur questionnable. La loi comme le droit présuppose une dimension métaphysique.
Il faut que le légal soit humain a fait comprendre le Pape Léon XIV.
Cela fait penser au problème du légal et du légitime mais plus encore ici on peut dire d’un légitime humain.

La doctrine sociale de l’ Église, rappelée par le Pape dans « Magnifique Humanité » en relevant le contexte historique et les principes posés par les différentes encycliques de ses prédécesseurs, peut constituer une boussole pour l’édification d’ un mieux être humain dans notre monde pluriel en mettant au centre la reconnaissance de la dignité de tout être humain. N’est-ce pas la reconnaissance de cette égale dignité qui fonde les droits de l’Homme?
Vivre ensemble dans l’harmonie des différences est une exigence éthique qui découle de notre être politique. C’est une responsabilité à un triple niveau :

assumer, au plan individuel, nos actes en cherchant à bien faire,

être le gardien de l’autre, veiller sur l’autre et les autres car l’altérité est un élément constitutif de notre être,

promouvoir et défendre le bien commun indispensable pour le vivre-ensemble.

Ne nous faut-il pas « mettre ensemble la justice et la force, pour faire que ce qui est juste soit fort ou que ce qui est fort soit juste » (Blaise Pascal)?

Roger la Joie de la Croix FOLIKOUE

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