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La vie, une semence appelée à fleurir

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Et si la vie humaine ressemblait à une semence, appelée non seulement à germer, mais aussi à fleurir et à porter des fruits ? Dans une réflexion inspirée de la parabole du semeur, le philosophe et universitaire Roger Folikoue propose une lecture qui dépasse la simple distinction entre « bonne » et « mauvaise » terre. Pour lui, les quatre terrains évoqués dans l’Évangile ne désignent pas nécessairement des catégories d’hommes, mais peuvent plutôt représenter les différentes étapes que chacun traverse au cours de son existence.

Superficialité, difficultés matérielles, choix personnels, recherche effrénée de possession ou encore fermeture à l’autre : autant de « ronces » et de « pierres » susceptibles d’entraver l’épanouissement de la vie. Mais derrière ces obstacles demeure une semence, porteuse d’un potentiel de croissance et d’humanisation. Dans cette perspective, l’intériorité, la raison, la capacité de créer et surtout l’ouverture à l’autre deviennent autant de chemins permettant à chacun de faire émerger les fruits de ce qu’il porte en lui.

Découvrons la réflexion en toute intégralité ⏬

LA VIE EST UNE SEMENCE : FLEURIR ET PORTER DES FRUITS

La parabole du semeur (Lc 8, 4-15) distingue quatre situations : des semences tombées au bord du chemin, puis dans des ronces, dans des pierres et enfin dans la bonne terre.

Ces quatre situations peuvent renvoyer facilement à quatre catégories et il est souvent demandé d’être une bonne terre pour porter des fruits. Car dans les trois situations précédentes, il y a eu des obstacles.

Je constate que personne ne veut se comparer aux trois premières situations mais nous cherchons des éléments et des raisons pour être, sous un certain angle, la bonne terre. Et cela peut se comprendre car il n’existe aucun être humain constitué uniquement d’éléments négatifs.

La parabole du semeur peut être lue autrement et alors elle nous aide à voir que les quatre situations, loin de renvoyer à des catégories, dévoilent, au contraire, quatre phases dans une même vie. Et elles nous concernent tous.

Et si le bord du chemin signifiait la superficialité avec laquelle nous saisissons parfois les choses.
Et si le bord du chemin désignait le manque d’ intériorité et de profondeur que nous cultivons!
La semence est toujours là en nous et elle est appel à l’intériorité. Et, cet appel à l’ intériorité est un principe constitutif de la semence que nous sommes.

Et si les ronces renvoyaient à tout ce qui nous empêche de voir que notre vie est une semence: les soucis matériels, les difficultés économiques, le chômage, les orages de la vie, la difficulté de se réaliser dans un état de vie choisi ou subi etc.
Les ronces existentielles sont nombreuses et il n’ y a pas de vie sans ronces,et par conséquence, les tentations que les ronces étouffent la semence de vie sont réelles et nombreuses.

Mais savoir que nos vies valent plus que des oiseaux du ciel et des fleurs des champs (Mt 6, 26-33 ; Lc 12, 23-32) ouvre des chemins car le Créateur nous a fait don de la raison et de la faculté d’ imaginer, d’inventer, de créer.
Découvrir la raison comme un don de Dieu, c’est se frayer un chemin même dans des situations d’impasse.

Et si les pierres constituaient tout ce qui nous encombre par notre volonté et nos différents choix. Et si les pierres ce sont tout ce qui occupe l’espace intérieur et existentiel et ferme nos cœurs à la fraternité : l’accumulation des biens de ce monde c’est-à-dire la soif de posséder pour posséder, la recherche effrénée de l’ avoir (Lc 12, 20- 22), le goût de dominer les autres(Mt 20 25- 28).

Quand nos vies deviennent des cœurs de pierre, il n’ y a plus beaucoup d’ espace pour les autres.
Or avoir de l’ espace pour les autres n’ est pas d’abord une affaire de faveur ou de charité mais c’est un acte vital pour nous-mêmes car l’accueil de l’ autre est le pollen qui fait fleurir ce que nous sommes.

La tentation de vouloir toujours occuper les espaces nous guette constamment. Mais se découvrir comme une semence, c’ est prendre conscience qu’ il faut faire de l’espace aux autres pour fleurir.
Je pense ici à la chanson dans laquelle l’ artiste Jean-Claude Gianadda affirme  » Je pense donc Je suis et Tu es donc, j’apprends ».
L’autre est ainsi pour nous une grâce et surtout le pollen qui nous permet de fleurir.

Et si la parabole du semeur était en réalité une parole de sagesse qui nous indique des situations à dépasser pour devenir une bonne terre pour notre réalisation, notre accomplissement et notre humanisation?

N’ est-ce pas pour cela que l’ homme qui passait en faisant le bien, Jésus, a laissé le commandement d’amour comme unique loi ?

Roger la Joie de la Croix FOLIKOUE

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