Et si la véritable grandeur ne consistait pas à prendre le dessus sur les autres, mais à travailler à devenir soi-même meilleur ? C’est autour de cette interrogation, à la fois philosophique, humaine et spirituelle, que Roger la Joie de la Croix Folikoué développe une réflexion nourrie par une célèbre pensée attribuée à Albert Einstein : « La véritable grandeur ne se construit pas en rabaissant les autres, elle se construit en devenant soi-même plus grand. »
Cette formule fait immédiatement écho, chez le philosophe et universitaire, à une parole de Jean Baptiste rapportée dans l’Évangile selon saint Jean : « Il faut qu’il grandisse et que moi, je diminue » (Jn 3,30). Deux pensées séparées par les siècles, mais qui semblent se rejoindre autour d’une même exigence : grandir sans avoir besoin de diminuer l’autre.
Car le désir de grandeur est profondément humain. Chacun aspire, d’une manière ou d’une autre, à compter, à être reconnu, à construire une réputation et à donner un sens à son parcours. L’ambition n’est donc pas en elle-même condamnable. C’est la manière de la satisfaire qui peut devenir problématique.
Dans la compétition sociale, certains choisissent en effet la facilité apparente : dénigrer pour se faire une place, écraser pour avancer, détruire pour s’imposer, mépriser pour paraître supérieur ou encore rabaisser les autres pour donner l’illusion de sa propre valeur. Pour Roger Folikoué, cette logique conduit pourtant à une impasse. On ne grandit véritablement pas en réduisant l’autre.
La véritable élévation suppose au contraire un chemin plus exigeant : celui de la reconnaissance, de la bienveillance et du dépassement de soi. L’autre ne devrait pas être considéré comme un obstacle à abattre, mais comme une référence, parfois même comme un appui permettant de progresser. Une idée qui rejoint la célèbre formule attribuée à Bernard de Chartres : « Nous sommes comme des nains juchés sur les épaules de géants. »
À travers cette réflexion, le philosophe invite ainsi à repenser notre rapport à la réussite, à la concurrence et à la différence. Dans une société souvent marquée par le mépris et la volonté de domination, devenir plus grand sans rabaisser personne apparaît alors comme une véritable exigence éthique et humaniste.
L’intégralité de la réflexion de Roger Folikoue ↕️
La véritable grandeur ne se construit pas en rabaissant les autres, elle se construit en devenant soi-même plus grand.
(Albert Einstein)
En prenant connaissance de cette citation d’ Albert Einstein, j’ai pensé à la phrase énigmatique de Jean Baptiste à l’endroit de Jésus dans l’Evangile selon St Jean 3, 30 : il faut qu’il grandisse et que moi je diminue.
On peut être tenté de dire qu’ Albert Einstein, après des siècles, est venu schématiser une vérité existentielle sur la croissance et la grandeur. Il a assuré le TD du principe formulé par Jean Baptiste.
Tout être humain a en lui le désir de devenir grand. Nous avons en nous le désir de devenir socialement quelqu’un. Nous souhaitons avoir une réputation. Dans le langage courant, on peut dire que nous avons des ambitions.
Mais ce désir légitime prend un mauvais chemin dans la recherche de sa réalisation : dénigrer l’autre pour se faire une place, piétiner les autres pour monter et se faire voir, détruire les autres pour se donner un nom, mépriser les autres pour se mettre en valeur, insulter les autres pour se montrer plus intelligent.
Cette voie, qui semble plus facile et qui, apparemment, est plus empruntée par les hommes et les femmes, est un chemin sans issue.Mais celle qui est plus étroite et conduit à la réalisation de soi et de son désir est de grandir sans rabaisser, sans détruire les autres. Car on aura compris que monter sur les épaules des géants est une condition de croissance (cf Bernard de Chartres).
L’ autre est alors une référence qui vous permet de progresser.
L’ autre est une mesure pour devenir une autre mesure sans avoir la folle prétention d’ être La mesure.
L’ analyse de la citation d’ Albert Einstein me fait penser à la métaphore de la route large et du chemin étroit en Mt 7, 13-14:
“Entrez par la porte étroite. Car large est la porte, spacieux est le chemin qui mène à la perdition, et il y en a beaucoup qui entrent par là. Mais étroite est la porte, resserré le chemin qui mène à la vie, et il y en a peu qui les trouvent. »
Et si nous décidions de faire partie de ce peu !
Ne serait-ce pas une mise en œuvre de la théologie du petit reste qui fait de nous des indicateurs de croissance humaine, mieux des guides dans un monde en quête de repères?
La véritable grandeur ne se construit pas en rabaissant les autres,elle se construit en devenant soi même plus grand. »
Devenir soi-même plus grand comporte des exigences, ce n’est pas un chemin de facilité.
Devenir soi-même plus grand exige fondamentalement une éthique de la reconnaissance des autres et non du dénigrement mais aussi une spiritualité de la bienveillance qui est le chemin de bénédiction, dire du bien sûr les autres (bene dicere).
N’ est ce pas un des chemins de l’humanisme pour notre temps?
Vivre autrement en luttant contre une société de concurrence et de mépris (Axel Honneth) en vue de la co-existence dans une harmonie des différences est possible.
Roger la Joie de la Croix FOLIKOUE






