Pendant deux jours, 25 journalistes issus de différents médias togolais, en majorité des femmes, ont pris part à un atelier de formation consacré aux droits des femmes et aux cadres juridiques de leur protection. Organisée les 25 et 26 juin à l’IFAD Bâtiment d’Adidogomé par l’Association Ekina et son webmagazine EkinaMag, avec l’appui du Fonds Pananetugri, cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet « Comprendre et défendre les droits des femmes dans les médias au Togo ».

L’objectif est de renforcer les compétences des professionnels des médias afin d’améliorer le traitement journalistique des questions liées aux droits des femmes et de promouvoir une information davantage fondée sur les droits humains et sensible au genre.
Durant la formation, les participants ont approfondi leurs connaissances sur les concepts liés aux droits des femmes et à l’égalité de genre, le cadre juridique national de protection des femmes, ainsi que plusieurs instruments internationaux de référence, notamment le Protocole de Maputo, la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF/CEDAW), la Résolution 1325 des Nations Unies et l’Objectif de développement durable (ODD) n°5 consacré à l’égalité entre les sexes. Les échanges ont également porté sur les responsabilités des médias dans la promotion des droits des femmes et sur les techniques de production de contenus journalistiques sensibles au genre.

L’atelier a été animé par plusieurs experts, dont André Kangni Afanou, coordinateur Afrique du Centre pour les droits civils et politiques (CCPR) et président du CDFDH, Andréa Aziabou, chargée de programme au WiLDAF-AO, ainsi que Joseph Atchali, juriste au ministère des Solidarités, du Genre, de la Famille et de la Protection de l’Enfance.
À l’ouverture des travaux, le représentant de la ministre des Solidarités, du Genre, de la Famille et de la Protection de l’Enfance, Joseph Atchali, a salué une initiative qui, selon lui, s’inscrit dans la vision du gouvernement togolais de promouvoir l’égalité entre les femmes et les hommes, de renforcer la protection des droits des femmes et de favoriser leur participation au développement national. Il a rappelé que les médias constituent aujourd’hui un acteur incontournable de la promotion des droits humains et de la cohésion sociale.

Même son de cloche du côté du ministère de la Communication. Représentant la ministre, Antoine Afanou a estimé que les avancées enregistrées ces dernières années en matière des droits des femmes ne doivent pas conduire à relâcher les efforts. Au contraire, elles appellent à intensifier les actions de sensibilisation, d’éducation et d’accompagnement afin de déconstruire les stéréotypes et de favoriser une meilleure appropriation des droits par l’ensemble de la société.
Le secrétaire général de la Haute Autorité de la Régulation de la Communication Audiovisuelle et Numérique (HARC), Bathtembana Solitoke, a, pour sa part, insisté sur la responsabilité des professionnels des médias dans la promotion de l’égalité des sexes. Il les a exhortés à contribuer à l’édification d’environnements médiatiques inclusifs, respectueux de la dignité humaine et exempts de toute forme de discrimination.
Le président de l’Observatoire togolais des médias (OTM), Fabrice Petchézi, a quant à lui rappelé les conclusions d’une étude réalisée en 2025 sur la représentation du genre dans 45 médias togolais. Les résultats révèlent que seulement 23 % des sujets relatifs aux droits humains traitent spécifiquement des droits des femmes et que 7 % seulement des experts invités sur les plateaux sont des femmes, alors que celles-ci représentent 51,3 % de la population togolaise. Des chiffres qui, selon lui, illustrent l’urgence de renforcer les capacités des journalistes afin de favoriser une couverture médiatique plus équilibrée.

Prenant la parole, la présidente de l’Association Ekina et fondatrice d’EkinaMag, Hélène Doubidji, a souligné que les droits des femmes restent encore insuffisamment traités dans les médias togolais ou sont parfois abordés sans une connaissance approfondie des textes qui les encadrent. « Cet atelier vise à renforcer les capacités de 25 journalistes, en majorité des femmes, sur les droits des femmes et les cadres juridiques de leur protection afin d’améliorer le traitement médiatique des questions de genre et de promouvoir un journalisme fondé sur les droits humains », a-t-elle déclaré.
Cette formation s’inscrit dans la continuité d’une première initiative menée en 2024 sur l’implication des médias dans la lutte contre les violences basées sur le genre et les stéréotypes. À l’issue de cette première expérience, les participants avaient recommandé un approfondissement des connaissances juridiques relatives aux droits des femmes.
Le projet ne s’arrête pas à cette session de formation. Douze femmes journalistes seront sélectionnées pour intégrer le programme « Ambassadrices Genre dans les Médias », qui leur offrira un accompagnement éditorial personnalisé, des séances de mentorat ainsi qu’un appui à la production et à la diffusion de contenus médiatiques consacrés aux droits des femmes.
Financé par le Fonds Pananetugri, le projet est mis en œuvre sur une période de sept mois, du 1er mars au 30 septembre 2026. À travers cette initiative, l’Association Ekina entend contribuer à l’émergence d’un paysage médiatique togolais plus inclusif, plus responsable et davantage engagé en faveur de l’égalité de genre.
La Rédaction





