À l’occasion du lancement de la Nouvelle Stratégie pour le Sahel 2026–2028, le Togo a procédé à une évaluation de sa première feuille de route mise en œuvre depuis 2021. Dans un contexte régional marqué par l’insécurité terroriste et les recompositions politiques en Afrique de l’Ouest, Lomé revendique une diplomatie active, axée sur la prévention des conflits, la médiation et la stabilité régionale.
Selon le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et de l’Intégration africaine, Robert Dussey, l’engagement du Togo repose sur une conviction forte : face à la menace terroriste au Sahel, l’inaction n’est pas une option pour un pays qui se veut acteur de la paix régionale.
Une stratégie structurée autour de quatre piliers majeurs
La première stratégie (2021–2025) s’est articulée autour de quatre axes complémentaires. Le premier a mis l’accent sur la coopération régionale, en renforçant les cadres existants en Afrique de l’Ouest pour une réponse collective aux défis sécuritaires.
Le deuxième pilier a promu une approche dite de « paix positive », fondée sur la prévention des conflits, le dialogue et la valorisation des mécanismes endogènes de cohésion sociale.
Le troisième axe a concerné l’accompagnement des transitions politiques et des processus de médiation, notamment dans les pays sahéliens confrontés à des crises institutionnelles.
Enfin, le quatrième pilier a porté sur la gouvernance inclusive et le développement socioéconomique, avec un accent particulier sur l’intégration des jeunes et des femmes, considérés comme des acteurs essentiels de la stabilité durable.
Un bilan marqué par une diplomatie de médiation active
Au cours des quatre dernières années, le Togo s’est illustré comme un facilitateur de dialogue dans plusieurs crises régionales. Sous l’impulsion du chef de l’État Faure Essozimna Gnassingbé, Lomé a multiplié les initiatives de médiation, notamment dans des tensions diplomatiques entre pays de la sous-région.
Le pays revendique également son rôle dans la facilitation de processus de libération et de désescalade entre États partenaires, ainsi que son accompagnement des transitions politiques dans l’espace sahélien. Cette posture a permis au Togo de consolider son image de médiateur crédible et de partenaire de confiance.
Sécurité et développement : une approche intégrée contre le terrorisme
Face à la persistance de la menace terroriste, le Togo défend une approche globale combinant sécurité et développement. Le gouvernement insiste sur la nécessité de traiter les causes profondes de l’insécurité, notamment la pauvreté, l’exclusion sociale et le manque d’opportunités économiques.
Des initiatives comme le Programme d’Urgence pour la Région des Savanes (PURS) illustrent cette orientation, avec des investissements dans les infrastructures de base, l’éducation, la santé et les activités génératrices de revenus afin de renforcer la résilience des populations.
Pourquoi une nouvelle stratégie pour 2026–2028 ?
Le lancement d’une nouvelle stratégie s’explique par l’évolution rapide du contexte régional : persistance du terrorisme, extension des menaces vers les pays côtiers du Golfe de Guinée, et recomposition géopolitique en Afrique de l’Ouest avec de nouveaux équilibres institutionnels et sécuritaires.
Pour Lomé, il s’agit d’adapter son action diplomatique à ces mutations, tout en renforçant les liens économiques et politiques entre le Sahel et les États côtiers.
Une ligne diplomatique fondée sur l’équilibre et la souveraineté
Le Togo affirme enfin une posture diplomatique claire : coopérer largement avec ses partenaires internationaux tout en préservant sa souveraineté décisionnelle. Cette approche équilibrée, à la fois ouverte et indépendante, est présentée comme l’un des fondements de la crédibilité diplomatique du pays dans la région.
Par cette nouvelle stratégie, le Togo entend donc consolider son rôle de médiateur régional tout en adaptant sa réponse aux nouveaux défis sécuritaires et politiques du Sahel.






