À peine élu, Romuald Wadagni se retrouve face à une décision à haute portée politique : traduira-t-il en actes son appel à l’unité nationale par un recours immédiat au droit de grâce ?
Durant la période préélectorale, le futur chef de l’État avait insisté sur la nécessité de rassembler un pays confronté à des tensions persistantes. Mais cette ambition se heurte à un paysage judiciaire marqué par l’incarcération de plusieurs figures politiques dont les procès ont suscité de vives réactions, tant au niveau national qu’international.
Parmi les détenus les plus emblématiques figurent Reckya Madougou, condamnée à une lourde peine après sa candidature à la présidentielle, ainsi que Joël Aïvo, poursuivi pour atteinte à la sûreté de l’État. À leurs côtés, d’autres profils aux trajectoires politiques diverses, comme Hugues Comlan Sossoukpè, Olivier Boko, Oswald Homeky ou encore Candide Azannai, alimentent un débat sensible sur justice, pouvoir et réconciliation.
Dans ce contexte, une éventuelle grâce présidentielle serait interprétée comme un signal fort, voire fondateur, du nouveau quinquennat. Elle pourrait aussi rouvrir le débat sur l’équilibre entre impératif de justice et volonté d’apaisement politique.
Au-delà des cas individuels, c’est bien la ligne politique du nouveau président qui se dessine en filigrane. Après les périodes marquées par Mathieu Kérékou, Boni Yayi et Patrice Talon, l’orientation que donnera Romuald Wadagni à son mandat sera scrutée dès son investiture.
Le choix d’user — ou non — de la grâce présidentielle pourrait bien en constituer le premier acte décisif.
La rédaction






