Près de deux mois après la tentative de coup d’État du 7 décembre 2025, la justice béninoise durcit le ton. La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a requis cinq ans de prison ferme contre un journaliste et un policier, poursuivis pour des faits liés à l’apologie d’atteinte à la sûreté de l’État, l’incitation à la haine et à la rébellion via les réseaux sociaux.
Au centre du dossier, des publications numériques considérées par l’accusation comme favorables au putsch avorté. Le journaliste est accusé d’avoir relayé un message annonçant la prise de pouvoir par des mutins, tandis que le policier aurait tenu des propos jugés complaisants envers les auteurs de la tentative.
À la barre, le journaliste conteste toute adhésion à un projet insurrectionnel. Il évoque des menaces reçues en amont des événements et affirme avoir agi dans un climat de peur, soucieux de protéger sa famille. Il soutient également n’avoir fait que relayer des informations déjà diffusées par la télévision nationale, sans intention de soutenir les putschistes.
Au-delà des peines requises, attendues en délibéré le 24 mars 2026, ce procès met en lumière un débat crucial : la responsabilité des professionnels de l’information en période de crise, à la croisée de la liberté d’expression, de la sécurité individuelle et de la stabilité de l’État. Une affaire emblématique, suivie de près par l’opinion publique béninoise et au-delà.






