Quelques jours après la mort tragique de deux enfants par noyade dans une retenue d’eau issue de l’exploitation du sable à Dékadomé-Adjinoko, dans la commune de Vo 1, une délégation conjointe du gouvernement et du Collège de la Société civile de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE-Togo) s’est rendue sur les lieux, mercredi 7 octobre 2026, pour constater la situation et échanger avec les populations.
La mission, conduite notamment par le représentant du ministre chargé des Mines, Karamon Nagazama, directeur régional maritime des Mines et de la Géologie, le préfet de Vo, Leguèdé Kokou, le maire de la commune de Vo 1, Kalipé Kossi, ainsi que des représentants de la société civile de l’ITIE-Togo, a d’abord rendu visite à la famille endeuillée.

Au nom des autorités et des organisations présentes, la délégation a présenté ses condoléances aux proches des deux victimes. Un appui financier leur a également été remis. La mission s’est ensuite rendue sur le site de la tragédie afin de mieux apprécier les circonstances de l’accident et les conditions de sécurité autour de cette carrière de sable.
Pour la société civile, ce déplacement ne devait toutefois pas se limiter à un geste de compassion. Il s’agit également de tirer les leçons du drame et de réfléchir à des mesures concrètes pour prévenir de nouveaux accidents.
« Nous avons fait une délégation pour pouvoir venir dire nos condoléances à la famille et leur prouver effectivement nos compassions », a expliqué Emmanuel Vivien Tomi, représentant du Collège de la Société civile de l’ITIE-Togo. Il souligne que la mort des deux enfants a profondément ému les organisations de la société civile, désormais préoccupées par les risques auxquels restent exposées les populations vivant à proximité des carrières.

La sécurisation des sites abandonnés apparaît ainsi comme une urgence. Pour Emmanuel Vivien Tomi, les carrières laissées ouvertes, sans clôture ni dispositif de surveillance, représentent un véritable danger, notamment pour les enfants.

« Quand on laisse les carrières ouvertes comme ça, c’est un danger pour la population », a-t-il alerté, appelant à renforcer la sensibilisation des communautés et à mettre en place un mécanisme permettant aux populations de signaler rapidement les sites présentant des risques.
La question de la responsabilité n’est pas non plus éludée. Selon le représentant du ministère chargé des Mines, la carrière concernée serait exploitée illégalement. Une situation qui relance le débat sur le contrôle des activités extractives et le respect des règles de sécurité autour des sites d’exploitation.
Sur l’éventualité d’une procédure judiciaire, la société civile se veut prudente tout en affichant sa disponibilité à accompagner la famille. « Ce n’est pas à nous de porter plainte, c’est aux victimes d’abord de porter plainte », a précisé Emmanuel Vivien Tomi. Il assure néanmoins que les organisations de la société civile pourraient apporter leur soutien aux parents s’ils décidaient de saisir la justice.

Le drame de Dékadomé-Adjinoko dépasse désormais le cadre d’un accident isolé. Il met une nouvelle fois en évidence les dangers liés aux carrières de sable abandonnées ou insuffisamment sécurisées. Pour les acteurs présents sur le terrain, la prévention passe par un meilleur contrôle des sites, la sensibilisation des populations et la sécurisation systématique des carrières présentant un risque.
Au lendemain de cette tragédie, l’appel est donc clair : renforcer la responsabilité des acteurs, améliorer la surveillance des sites et protéger les communautés riveraines afin d’éviter qu’une autre famille ne soit frappée par un drame similaire.
La rédaction





