À travers une réflexion inspirée de l’Évangile selon Saint Luc (8, 1-3), le philosophe et universitaire togolais Roger Folikoué rend hommage aux femmes et à leur contribution, souvent discrète mais essentielle, à la vie de l’Église et de la société. En s’appuyant sur la présence des femmes aux côtés de Jésus, mais aussi sur plusieurs ouvrages consacrés à leur rôle et à leur dignité, l’auteur invite à porter un regard renouvelé sur celles qui, au quotidien, œuvrent au service de la vie, de la famille, de l’éducation, de la santé, de l’économie et de la foi. Une réflexion qui résonne également avec la figure de la femme africaine célébrée dans la littérature, notamment dans le célèbre poème de Camara Laye.

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GRATITUDE ET RECONNAISSANCE AUX FEMMES
L’ évangile du jour, Saint Luc 8, 1-3, met en exergue la présence des femmes dans l’itinérance de Jesus. La communauté qui entourait Jésus et se déplaçait avec lui était composée d’ hommes et femmes.
St Luc nomme ici certaines de ces femmes. Nous connaissons Marie Madeleine, Marthe et Marie, (celle qui écoutait Jésus et celle qui faisait le service, Lc 10, 38 – 42; elles étaient présentes à la résurrection de leur frère Lazare en Jean 11) mais St Luc cite deux autres : Jeanne, femme de Kouza, intendant d’Hérode et Suzanne et il ajoute: beaucoup d’autres.
En lisant ce passage de St Luc, j’ai pensé aux livres :
1- Le choix des femmes de Fatma Bouvet de la Maisonneuve.
2- La femme sacerdotale ou le sacerdoce du coeur de Jo Croissant.
3- La grâce d’ être femme de Georgette Blaquière.
4- 12 femmes dans la vie de Jésus d’ Anne Soupa.
Honneur à vous, femmes impliquées et engagées souvent de façon discrète mais efficace dans l’annonce de la Bonne Nouvelle.
Honneur à vous, ces nombreuses femmes qui fleurissent les autels, balaient les églises, les cours des paroisses, rendent propres les sanctuaires et les lieux de prière.
Honneur à vous femmes aux postes de responsabilité dans nos Églises et qui, malheureusement, ne sont pas nombreuses par faute de nos représentations sociales et religieuses.
Honneur à vous, ces femmes au service de la vie humaine, dans toute sa dignité, dans différentes institutions religieuses ou non.
La Bonne Nouvelle est avant tout une parole et un geste d’amour, d’attention et de proximité (Mt 25, 31-46).
Honneur à vous, femmes dans nos institutions scolaires et éducatives.
Honneur à vous, femmes dans nos structures de santé.
Honneur à vous, femmes dans nos différents marchés.
Honneur à vous, femmes dans nos institutions économiques et surtout dans l’informel.
Honneur à vous, femmes à la cuisine, à la maison pour le bien-être et l’éducation des enfants.
Honneur à vous, femmes dénommés « Agbagbadzelawo », c’est- à – dire celles qui se battent et se débrouillent dans le quotidien, par l’artiste peintre et slameur togolais Mawuli Trace.
La femme ne peut plus et ne doit plus être reduite à des stéréotypes relatés par Guy Bechtel dans son livre « Les quatre femmes de Dieu. La putain, la sorcière, la sainte et Bécassine. »
La putain : Symbole de la tentation charnelle et du péché de la chair, associé à l’héritage d’Ève.
La sorcière : Figure soupçonnée de pacte avec le diable, rejetée pour sa prétendue perversité ou son savoir.
La sainte : Modèle idéalisé mais inaccessible, souvent réduit à l’effacement, à la pureté virginale ou à la maternité sacrificielle.
Bécassine (l’imbécile indécrottable) : Stéréotype d’une femme mineure intellectuellement, incapable de discernement ou de savoir.
En lisant le passage de St Luc 8, 1- 3 , comment ne pas penser , en tant qu’Africain, au célèbre poème de Camara Laye ?
« Femme noire, femme africaine, ô toi ma mère, je pense à toi…
Ô ma mère, toi qui me portas sur le dos, toi qui m’allaitas, toi qui gouvernas mes premiers pas, toi qui la première m’ouvris les yeux aux prodiges de la terre, je pense à toi…
Femme des champs, femme des rivières, femme du grand fleuve, ô toi, ma mère, je pense à toi……
Merci pour tout ce que tu fis pour moi, ton fils, si loin, si près de toi ! »
Honneur à vous toutes, femmes connues ou non, célèbres ou non, Vous êtes des femmes au Service de la Vie dans le quotidien.
Être femme est une grâce et une mission.
Seul l’ amour fait vivre.
Roger la Joie de la Croix FOLIKOUE





