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Père Paul Amouzou : Roger Folikoué salue la mémoire d’un « passeur »

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La nouvelle de la disparition du père Paul Enyo Kokou Amouzou a profondément marqué Roger la Joie de la Croix Folikoué. Philosophe et universitaire, ancien compagnon de route du défunt au Grand Séminaire de Lomé, il livre un témoignage empreint d’émotion, de souvenirs et de réflexion sur le sens de la vie et du ministère sacerdotal.

Dans son hommage, Roger Folikoué revient sur les circonstances dans lesquelles il a appris le décès du prêtre, le 15 août 2026, jour de la fête de l’Assomption. Au-delà de la douleur de la séparation, il choisit de retenir l’image d’un homme de passage, d’un serviteur qui aura consacré 32 années de son ministère à accompagner les autres, notamment à Saint-Paul de Gbadi-N’Kunya, à Nyamassila et au Sanctuaire du Très Saint Sacrement à Lomé.

Pour évoquer la trajectoire de son ancien camarade de promotion, le philosophe s’appuie sur une image forte : celle du « passeur ». Une figure qui traverse tout son récit, depuis les années de séminaire et les parties de football de la promotion 1986 jusqu’au ministère pastoral du père Paul. À travers ses souvenirs, Roger Folikoué fait ainsi revivre une fraternité forgée au Grand Séminaire de Lomé et les engagements d’une génération de séminaristes confrontée aux bouleversements de l’Église au début des années 1990.

Son hommage prend également une dimension spirituelle et philosophique. S’inspirant notamment de King Mensah et de Jean-Claude Gianadda, il rappelle que l’existence humaine demeure un passage et que chacun est appelé à y « semer des fleurs », autrement dit à laisser derrière soi des gestes de bonté, de courage et de solidarité.

Pour Roger Folikoué, le père Paul Amouzou aura été de ceux qui ont choisi de passer en faisant le bien. Une manière de prolonger, au-delà de la mort, la mémoire d’un prêtre dont le parcours reste associé au service, à la fraternité et à la transmission.

Découvrons l’intégralité de l’hommage Rendu par Roger Folikoue…⏬

HOMMAGE À TOI PÈRE PAUL ENYO KOKOU AMOUZOU

Le 15 août 2026, fête de l’Assomption, j’ai découvert une circulaire de Mgr Moïse TOUHO, envoyée, par le père Hubert DADALE, sur la plateforme du Conseil Episcopal National Catholique pour les Communications Sociales du Togo.

Saisi d’émoi, j’ai appelé le père Hubert pour mieux comprendre ce qui est arrivé au père Paul AMOUZOU .

La mort nous surprend toujours alors même qu’elle est un élément constitutif de notre finitude. Elle n’ est pas la fin de tout mais un passage vers un autre mode d’exister.

Sa réalité ne dépend ni de nos convictions politiques ou religieuses ni de nos philosophies, ni de nos théologies, ni de nos différents statuts. Les chansons de deux artistes m’ ont alors traversé l’esprit : King Mensah et Jean-Claude Gianadda.

Le premier, dans « Amékouna » nous invite à l’humilité car dans la maison du grand prêtre traditionnel, du pasteur, du prêtre, du médecin etc. des gens meurent. La mort n’épargne aucun être humain et elle se moque de nos statuts, diplômes et fonctions que nous aimons exhiber.
King Mensah, Merci pour ce chant qui nous invite à une prise de conscience pour abandonner l’arrogance, la surestimation de soi, l’orgueil etc.

Jean-Claude Gianadda, quant à lui , nous rappelle que la vie est un passage. Découvrons d’ailleurs les paroles de la chanson comme testament du père Paul Enyo AMOUZOU.

Refrain:
Puisque la vie n’est qu’un passage
Sur ce passage, semons des fleurs
Avec un parfum de courage
Avec les gestes du passeur

1.Avec un sourire, avec cœur, semons des fleurs.
Tout seul, à deux ou à plusieurs, semons des fleurs.
C’est sûr qu’ensemble on est meilleurs semons des fleurs.

2-Avec utopie et candeur, semons des fleurs.
Avec le doute, avec douceur, semons des fleurs.
Pour le pire et pour le meilleur semons des fleurs.

3-Ici, là-bas ou même ailleurs, semons des fleurs.
Avec blues ou cœur d’rocker, semons des fleurs.
Quelque soit la saison d’ailleurs semons des fleurs.

Dernier refrain
Puisque la vie n’est qu’un passage
Sur ce passage, semons des fleurs.
Avec un parfum de courage.
Avec les gestes du passeur

Père Paul, n’ est-ce pas en qualité de passeur, comme Jean-Baptiste, que tu as vécu tes 32 ans de ministère sacerdotal à St Paul Gbadi N’Kunya, à Nyamassila et au Sanctuaire du Très Saint Sacrement à Lomé ?

Le passeur ne se met pas au centre, il fait passer et donc il ne retient pas à lui.

Cette image du passeur que je retiens en tenant compte de ton ministère sacerdotal est celle que j’ ai trouvée dans mes souvenirs en pensant à toi Paul que j’ ai connu au Grand Séminaire de Lomé.

En octobre 1986, nous formions la quatrième promotion du Grand Séminaire de Lomé.

Nous, nous venions de Lomé et toi avec Émile Midahoe, Luc Weleketi et Simon Ayena du diocèse d’Atakpamé et de Sokode, c’était Barodma.
Une promotion de séminaristes qui aiment jouer au football.

Je te revois comme ailier pour passer le ballon à Eugène Ahadji pour faire un tir puissant ou à Désiré Kpodar pour son coup de tête magique ou encore à Emmanuel Hodor, un des buteurs de notre promotion.
Toi Paul tu recevais le ballon des deux distributeurs du milieu, Vincent Agbovi et Victor Dossouvi.
Mais quand nous jouons entre nous mêmes, je me souviens de Pierre Ekpo, petit par sa taille et qui a un petit pied, qui pouvait te renverser, toi Paul, grand de taille, en sa qualité de défenseur.

Quelle complicité dans cette promotion de 1986?

Quelle audace dans cette promotion dans les années 1990-1991 durant les périodes de mouvement de grève qui a secoué les séminaires pour une amélioration des choses dans notre Église!
Vous les séminaristes d’Atakpamé vous aviez reçu, de votre évêque, des consignes de ne pas participer à ce mouvement mais les liens de solidarité sont restés puisque nous luttions pour l’intérêt général.

Le grand séminaire fut fermé à cause de ce mouvement et nos chemins se sont divisés. Certains, comme moi, sont allés à l’ Université de Lomé, d’autres sont envoyés ailleurs et d’autres ont repris après au grand séminaire de Lomé.
Tout est grâce

Passeur sur le terrain de foot, Paul, tu es aussi passeur sur le terrain pastoral.

Si la vie est un passage, comme l’affirment Gianadda et aussi nos traditions, alors semons des fleurs partout où nous passons à la manière de Jésus, l’ homme qui passait en faisant le bien.

Mon cher Paul, j’ai appris la nouvelle de ton retour au Père Éternel quand je pensais à un ami alsacien décédé depuis quelques années: François Meyer.

Oui nous sommes de passage sur cette terre mais nous avons l’obligation de rendre la vie plus belle et plus solidaire car cette vie terrestre est aussi un lieu de manifestation de l’amour et de la bonté de notre Dieu.

Et si nous devenions tous et toutes des missionnaires du mieux vivre ensemble dans l’harmonie des différences!

Paix à toi mon frère Paul.

Roger la Joie de la Croix FOLIKOUE

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