À l’occasion de la fête de l’Assomption, célébrée ce 15 août par l’Église catholique, le philosophe et universitaire togolais Roger Folikoué propose une lecture à la fois théologique et philosophique de ce mystère marial. Dans sa réflexion intitulée « L’Assomption de Marie dans le mystère du Dieu-avec-nous », il invite à dépasser la seule dimension traditionnelle de cette célébration pour y voir une manifestation de l’amour et de la grâce de Dieu.

Proclamé comme dogme par le pape Pie XII le 1er novembre 1950, le mystère de l’Assomption affirme que Marie, au terme de sa vie terrestre, a été élevée dans la gloire de Dieu avec son corps et son âme. Pour Roger Folikoué, cette élévation ne relève pas d’une initiative humaine, mais d’un acte de Dieu, dont l’amour constitue le fondement.
Dans son analyse, le philosophe établit un lien profond entre l’Annonciation et l’Assomption. Le Dieu qui se révèle à Marie comme « Dieu-avec-nous » est aussi celui qui la « prend-avec » lui dans sa gloire. Une même logique traverse ainsi l’ensemble du mystère chrétien : Dieu prend l’initiative, accompagne l’homme et l’appelle à entrer dans une relation vivante avec Lui.
L’Assomption devient alors, sous la plume de Roger Folikoué, bien davantage qu’une commémoration mariale. Elle ouvre une réflexion sur la résurrection, la grâce et la vocation de l’être humain à vivre dans la présence de Dieu. Marie apparaît ainsi comme une figure de confiance et d’accueil, une icône du « oui » donné à l’initiative divine.
À travers cette méditation, le professeur Folikoué élargit également la portée de la fête au-delà de sa seule expression confessionnelle. L’Assomption, estime-t-il, renvoie à une interrogation universelle sur la destinée humaine, la transcendance et l’espérance d’une vie qui ne s’arrête pas aux limites de l’existence terrestre.
Une invitation, en somme, à célébrer l’Assomption comme fête de la grâce, de l’élévation et de la rencontre avec Dieu.
L’ ASSOMPTION DE MARIE DANS LE MYSTÈRE DU DIEU-AVEC-NOUS
Le 1er novembre 1950, en la solennité de la Toussaint, le pape Pie XII, proclame officiellement le dogme de l’Assomption de Marie, célébrée le 15 août.
Mais cette fête était déjà célébrée depuis longtemps et la date du 15 août était déclarée, par exemple, jour férié par le Roi Louis XIII en 1638 en France.
L’ Assomption, fête religieuse, vient étymologiquement du latin assumer qui signifie « prendre-avec ».
Il s’ agit donc d’un acte de Dieu qui élève et non d’ un acte humain.
Elle se distingue ainsi de l’Ascension du Christ où Jésus s’élève lui-même car il est de nature divine.
Que nous apprend fondamentalement l’Assomption?
Premièrement, l’Assomption est un acte d’ amour de Dieu. Elle n’ est pas un acte de la Vierge Marie et, à ce titre, ce n’est pas un acte issu de ses mérites.
Deuxièmement, l’Assomption s’enracine dans le mystère d’ amour de notre Dieu qui s’ est révélé comme Dieu-avec-nous ( Emmanuel): l’Incarnation-rédemptrice.
A l’Annonciation l’ange avait dit à Marie : « Je te salue, comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. »
Oui, le Seigneur est-avec- toi. Celui qui est-avec, par amour à l’Annonciation , est le même qui prend-avec dans la révélation de l’Assomption.
Celui qui est parti au ciel avec son corps, car Il en est l’ auteur, est le même qui fait entrer la Vierge Marie dans sa gloire avec son corps glorifié.
Tout vient de Lui, tout est à lui et tout retourne à Lui.
Marie, dans ce mystère, rend intelligible la parole du Christ au Bon Larron sur la Croix : « aujourd’hui même, tu seras avec moi dans le paradis » (Lc 23, 43).
C’est Dieu et Lui Seul qui sauve et élève dans son amour inconditionnel.
Troisièmement, l’ Assomption, en tant qu’ unique acte divin par amour, dévoile que c’est dans l’être-avec- Dieu que se vit la Résurrection, comme expérience de présence à LA PRÉSENCE.
Quatrièmement, l’Assomption est une fête de la grâce divine et elle a besoin de notre Fiat à Dieu qui prend toujours et d’abord l’initiative.
Dans cette optique, la Vierge Marie est pour nous un modèle, une Icône.
Et ici je nous invite à méditer les paroles de la chanson de Jean-Claude Gianadda:
Refrain :
Devant ton icône, Marie,
Je cherche des choses à te dire ;
Devant ton icône, Marie,
Je ne trouve rien à te dire.
Alors tout simplement,
Je viens te regarder
Avec un cœur d’enfant,
T’entendre et t’écouter…
1.- Tu me parles de vigilance,
Et du silence du veilleur,
Celui qui scrute Sa Présence,
Et Son Passage en notre cœur.
2.- Tu me parles d’un bout d’argile,
Et du potier au cœur de Père,
Et des couleurs de l’Évangile,
Afin de peindre l’Univers.
3.- Tu me parles de la lumière,
Qui permet de Le discerner,
Au plus profond de son mystère,
Pour accueillir enfin la paix.
Si l’ Assomption est une fête catholique c’est bien parce qu’elle concerne tous les êtres humains. Elle n’est pas simplement une fête d’une religion dite Eglise catholique, car cette fête exprime une réalité des êtres humains dans leurs relations avec le Transcendant qui Seul est la Source de la Vie et de la vie qui ne finit pas ici sur la terre car la terre elle-même est son œuvre.
Bonne fête de l’ASSOMPTION.
Bonne fête de L’ÉLEVATION.
Bonne fête de la RENCONTRE-AVEC-DIEU.
Bonne fête de la reconnaissance de notre petitesse devant Dieu.
Roger la Joie de la Croix FOLIKOUE






