Le départ du président guinéen, le général Mamadi Doumbouya, pour un séjour privé en Grèce avec sa famille a ravivé les tensions politiques à Conakry. Présenté par la présidence comme le premier congé annuel officiellement annoncé par un chef d’État en exercice en Guinée, ce déplacement est présenté comme un geste de transparence après plusieurs années de gestion intensive du pouvoir.
Dans la foulée, le chef d’état-major des armées, le général Ibrahima Sory Bangoura, a multiplié les assurances sur la stabilité du pays, réaffirmant la fidélité des forces de défense au président, aux institutions et au peuple guinéen, tout en dénonçant d’éventuelles campagnes de désinformation pendant l’absence du chef de l’État.
Mais cette communication n’a pas suffi à apaiser la contestation.
Le collectif des Forces Vives de Guinée, qui rassemble partis d’opposition et organisations de la société civile, a appelé à « mettre fin à la dictature ». Il accuse le régime d’atteintes aux libertés publiques, d’arrestations d’opposants, de disparitions forcées, de torture et de musellement de la presse. Le collectif rejette également les dernières élections présidentielle et législatives, qu’il considère comme dépourvues de crédibilité.
Au pouvoir depuis le coup d’État de septembre 2021 ayant renversé Alpha Condé, Mamadi Doumbouya reste au centre d’une transition politique toujours contestée. Si les autorités assurent que les institutions fonctionnent normalement durant son absence, cet épisode met en lumière la persistance d’un climat politique tendu et les appels renouvelés à un retour à un ordre constitutionnel pleinement démocratique.






