Les Journées FIFA de juin 2026 auront laissé aux supporters togolais des motifs de satisfaction, mais également matière à réflexion. En deux rencontres disputées au Maroc, les Éperviers ont affiché deux visages différents, traduisant à la fois les progrès réalisés par le groupe de Patrice Neveu et les nombreux chantiers qui restent encore à mener avant les échéances officielles des éliminatoires de la CAN 2027.

Le premier rendez-vous face à la République Centrafricaine s’est soldé par un match nul (1-1), un résultat qui a mis en lumière certaines limites collectives de la sélection togolaise. Menés au score après l’ouverture de Goduine Koyalipou, les Éperviers ont longtemps éprouvé des difficultés à imposer leur rythme et à déséquilibrer un bloc centrafricain bien organisé. Toutefois, la réaction observée en seconde période a démontré la capacité du groupe à corriger ses insuffisances en cours de rencontre. Plus agressifs dans la récupération, plus mobiles dans les déplacements et plus cohérents dans l’animation offensive, les Togolais ont réussi à revenir au score grâce à Kévin Denkey avant de pousser sans parvenir à décrocher la victoire.

Ce premier match a surtout servi de révélateur. Il a confirmé que le Togo possède des ressources mentales intéressantes et une marge de progression importante dans la maîtrise collective, la création offensive et l’efficacité dans les trente derniers mètres.

Quatre jours plus tard, les Éperviers ont livré une prestation beaucoup plus aboutie face au Bénin. Malgré une entame difficile et un but encaissé dès la cinquième minute, les hommes de Patrice Neveu n’ont jamais paniqué. Progressivement, ils ont pris le contrôle de la rencontre pour finalement s’imposer avec éclat sur le score de 5 buts à 1.

Cette victoire, la plus large enregistrée sous l’ère Patrice Neveu, ne doit rien au hasard. Elle est le fruit d’une domination collective, d’une meilleure circulation du ballon, d’une intensité offensive retrouvée et d’une implication remarquable de l’ensemble du groupe. Les jeunes joueurs issus du championnat national ont répondu présents, démontrant que le réservoir local peut apporter des solutions crédibles à la sélection nationale lorsqu’il bénéficie d’un accompagnement adéquat.

Au-delà du score, plusieurs satisfactions se dégagent de ce rassemblement. D’abord la confirmation de l’excellente dynamique de Kévin Denkey, auteur de quatre buts en quatre matchs sous les ordres du technicien français. Ensuite, l’intégration progressive de nouveaux joueurs qui enrichissent les options disponibles pour le staff technique. Enfin, la solidité psychologique affichée par un groupe capable de réagir après avoir été mené au score lors des deux rencontres.

Le bilan comptable est positif : une victoire, un match nul et une série désormais portée à quatre rencontres sans défaite. Cependant, il serait prématuré de céder à l’euphorie. Les matchs amicaux permettent de mesurer des progrès, mais ils ne constituent pas une finalité. Les véritables réponses viendront lors des éliminatoires de la CAN 2027, où le niveau d’exigence sera nettement supérieur.

Le Togo doit donc retenir les enseignements positifs de cette fenêtre FIFA tout en gardant les pieds sur terre. Sur le plan du jeu, de nombreux aspects doivent encore être améliorés : la gestion des débuts de rencontre, l’efficacité offensive face à des blocs compacts, les automatismes dans les transitions, la rigueur défensive sur certaines phases et la maîtrise collective dans les moments clés.
L’encadrement technique devra également poursuivre son travail d’élargissement de l’effectif afin de renforcer la concurrence et maintenir une dynamique de performance durable. La progression observée ces derniers mois montre qu’une équipe est en train de se construire, mais cette construction nécessite du temps, de la continuité et un soutien constant de l’ensemble des acteurs du football togolais.

Si cette fenêtre FIFA peut être considérée comme une réussite globale, elle doit surtout être perçue comme une étape et non comme un aboutissement. Les Éperviers ont envoyé des signaux encourageants, retrouvé de la confiance et offert des raisons d’espérer à leurs supporters. Désormais, l’objectif est clair : garder le cap, poursuivre le travail avec humilité et détermination, corriger les imperfections encore visibles et transformer les promesses en résultats lors des compétitions officielles.
Le chemin vers une qualification à la CAN 2027 reste long, mais les bases semblent progressivement se mettre en place. À Patrice Neveu et à ses hommes de confirmer, dès septembre prochain, que les progrès observés au Maroc ne sont pas un simple feu de paille mais bien le début d’une nouvelle ambition pour le football togolais.
La rédaction





