Le meeting organisé samedi à Hanoukopé par le Cadre national de concertation pour le changement (CNCC) devait démontrer la capacité de mobilisation de la nouvelle coalition de l’opposition togolaise. Il aura finalement exposé ses profondes limites et son incapacité à convaincre une population pourtant lassée du régime en place.
Réunissant l’ANC, les FDR, l’ADDI, le PSR et le Front citoyen Togo Debout (FCTD), cette première démonstration publique du regroupement s’est déroulée dans une ambiance terne, marquée par une faible affluence et un manque évident d’enthousiasme populaire. Malgré l’autorisation accordée par les autorités et les dispositions sécuritaires prises pour assurer le bon déroulement de la rencontre, les Togolais ont largement boudé l’appel.
Les leaders de l’opposition ont repris les discours habituels contre la Constitution de la Ve République et le pouvoir de Faure Gnassingbé. Mais ces messages, répétés depuis des années sans résultats concrets, peinent désormais à susciter l’adhésion. Pour beaucoup de citoyens, les querelles internes, les accusations de trahison, les divisions chroniques et le manque de cohérence stratégique ont fortement entamé la crédibilité de l’opposition.
Ce meeting a ainsi donné l’image d’une classe politique opposante en difficulté, incapable de transformer le mécontentement social en véritable dynamique populaire. Car si une partie de la population exprime une fatigue vis-à-vis du régime, elle semble tout aussi déçue par une opposition jugée peu crédible, sans vision nouvelle ni projet rassurant.
Les appels à l’unité lancés par plusieurs intervenants, notamment le Professeur Komi Wolou et Me Dodji Apevon, traduisent d’ailleurs une reconnaissance implicite des fractures qui minent l’opposition depuis des années. L’invitation à éviter les attaques entre opposants sonne comme l’aveu d’un malaise profond qui continue d’affaiblir leur combat.
Au final, cette mobilisation manquée ressemble davantage à un coup d’épée dans l’eau, ou, selon l’expression populaire, à de l’eau versée sur le dos d’un canard : sans impact réel sur une population désormais méfiante et détachée des appels politiques classiques.
Le défenseur





