Le drame survenu ce dimanche 8 mars 2026 sur la « route des montagnes » dans la préfecture de Kozah remet tragiquement sur la table la question de l’insécurité routière au Togo. Le bilan provisoire communiqué par le ministère de la Sécurité est lourd : 14 morts, dont deux mineurs, et 58 blessés, après une collision entre un tricycle et un camion d’immatriculation étrangère transportant tous deux des passagers, alors qu’ils ne sont pas destinés à cet usage.
Face à l’ampleur de la catastrophe, le ministre de la Sécurité, Calixte Batossie Madjoulba, a immédiatement déclenché le plan ORSEC, permettant la mobilisation rapide des forces de sécurité, des services de secours et des équipes sanitaires. Les blessés ont été évacués vers des structures hospitalières tandis qu’une enquête est en cours pour déterminer avec précision les causes de l’accident. Les premières constatations évoquent un éclatement de pneu suivi d’une défaillance technique.
Une tragédie de plus sur les routes togolaises
Au-delà de ce drame, cet accident illustre une réalité préoccupante : les routes togolaises continuent de faire trop de victimes. L’utilisation de véhicules inadaptés pour le transport de personnes, l’excès de vitesse, l’état mécanique défectueux de certains engins et le non-respect du code de la route constituent des facteurs récurrents de ces tragédies.
Mais la question de l’infrastructure routière se pose également avec acuité. Sur plusieurs axes stratégiques, notamment la Route nationale n°1, colonne vertébrale du transport reliant le sud au nord du pays, la densité du trafic et l’étroitesse de certaines portions augmentent les risques d’accidents graves.
De nombreux observateurs estiment aujourd’hui qu’un dédoublement progressif de certaines voies majeures, en particulier sur les tronçons les plus fréquentés, pourrait contribuer à réduire les collisions frontales et améliorer la fluidité du trafic.
Responsabilité collective
Si l’amélioration des infrastructures demeure un enjeu majeur pour les pouvoirs publics, la sécurité routière repose également sur la responsabilité individuelle des usagers. Le ministère rappelle d’ailleurs que le transport de passagers dans des véhicules non adaptés constitue un danger réel et une violation des règles de sécurité.
Conducteurs, transporteurs et passagers sont ainsi appelés à plus de prudence et de discipline : respect des limitations de vitesse, entretien régulier des véhicules, refus d’embarquer dans des engins non sécurisés et application stricte du code de la route.
Sauver des vies, une urgence nationale
Depuis Lomé, le gouvernement a exprimé sa compassion aux familles endeuillées et ses vœux de prompt rétablissement aux blessés. Mais ce nouveau drame rappelle surtout une évidence : chaque accident évitable est une vie perdue de trop.
Entre renforcement des contrôles, modernisation des infrastructures et changement de comportement des usagers, la lutte contre l’insécurité routière doit devenir une priorité partagée. Car sur les routes togolaises, la prudence reste le premier rempart contre la tragédie.
Le défenseur






