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Afrique : Le ciel s’ouvre, les prix vont-ils chuter ?

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Longtemps, voyager par avion en Afrique de l’Ouest a relevé du privilège. Sur de nombreuses liaisons régionales, les tarifs atteignaient des sommets, parfois supérieurs à ceux des vols intercontinentaux. En cause : une accumulation de taxes hétéroclites, des frais aéroportuaires élevés et une concurrence limitée, qui alourdissaient la facture jusqu’à représenter la moitié du prix du billet.

Ce modèle pourrait bientôt vaciller. La CEDEAO a enclenché une réforme d’ampleur visant à alléger le coût du transport aérien régional. En supprimant certaines taxes sans lien direct avec l’aviation civile et en réduisant sensiblement les redevances passagers et de sécurité, l’organisation ambitionne une baisse marquée des tarifs dès 2026, avec un objectif affiché pouvant atteindre 40 %.

Pour les voyageurs, l’enjeu est majeur. Une telle diminution rendrait l’avion plus accessible pour les déplacements professionnels, familiaux et touristiques, dans une région où les longues routes restent la norme malgré leurs risques et leurs coûts. Les principales liaisons entre capitales et pôles économiques devraient être les premières à bénéficier de cette dynamique, avec, à la clé, un essor attendu des voyages courts et du tourisme intra-régional.

Mais la réforme va au-delà du confort des passagers. En acceptant un manque à gagner fiscal immédiat, les États misent sur un cercle vertueux : davantage de vols, plus de passagers et, in fine, une activité économique renforcée. La CEDEAO table sur une progression significative du trafic aérien, susceptible de stimuler le commerce intrarégional, l’intégration économique et l’attractivité de la sous-région.

Le pari reste toutefois risqué. Le faible pouvoir d’achat moyen limite la capacité du marché à absorber une hausse rapide de la demande. Si l’effet volume espéré ne se matérialise pas, la question du financement et de l’entretien des infrastructures aéroportuaires pourrait rapidement se poser, plaçant les États face à des arbitrages délicats.

Autre variable clé : la concurrence. En abaissant les coûts d’entrée, la CEDEAO espère attirer de nouveaux opérateurs et densifier l’offre. Mais la taille du marché et les contraintes opérationnelles pourraient freiner l’appétit des compagnies, tentées de privilégier des zones plus rentables.

Consciente de ces fragilités, l’organisation régionale prévoit un mécanisme de suivi strict afin de s’assurer que la baisse des charges profite réellement aux passagers et ne se perde pas dans les marges des opérateurs.

Prometteuse mais encore fragile, la réforme ouvre néanmoins une perspective inédite : transformer le ciel ouest-africain en moteur de mobilité et d’intégration, là où il a longtemps constitué un frein. Reste à voir si, cette fois, les promesses tiendront altitude.

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