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VIH au Togo : 189 cas de discrimination signalés en 2025, les femmes les plus touchées

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À l’occasion de la Journée Zéro Discrimination, célébrée chaque 1er mars, le Réseau des associations de personnes vivant avec le VIH (RAS+) a présenté, le 6 mars 2026, le rapport annuel 2025 de l’Observatoire des droits humains et VIH. La rencontre s’est tenue dans la salle de réunion du Secrétariat permanent du Conseil National de Lutte contre le Sida et les IST à Lomé, en présence de la Coordinatrice résidente du Nations Unies au Togo, Coumba D. Sow, ainsi que de représentants gouvernementaux, d’organisations de la société civile, de confessions religieuses et de partenaires techniques et financiers.

Placée sous le thème « People First » (Les personnes d’abord), cette 11ᵉ édition de la Journée Zéro Discrimination a été marquée par la publication du 11ᵉ rapport national sur la stigmatisation et la discrimination liées au VIH.

189 cas signalés en 2025

Selon les données présentées par le président du RAS+, Kokouvi Augustin Dokla, 189 cas de violences, d’abus et de discriminations liés au VIH ont été enregistrés au cours de l’année 2025. La région du Grand Lomé concentre la plus forte proportion des signalements, représentant environ 40 % des cas, tandis que la région des Savanes en enregistre 2 à 3 %.

Les statistiques révèlent également une forte vulnérabilité des femmes, qui représentent 74 % des victimes de stigmatisation et de discrimination. Des cas touchant des enfants âgés de 10 à 14 ans ont également été documentés, signe que le phénomène traverse toutes les couches sociales.

Au-delà de la documentation, les bénévoles du réseau interviennent pour accompagner les victimes auprès des chefs traditionnels, leaders religieux, autorités judiciaires et forces de sécurité afin de les rétablir dans leurs droits.

150 actions de sensibilisation menées

En matière de prévention et de mobilisation communautaire, 150 activités de sensibilisation ont été menées en 2025 sur divers thèmes liés aux droits humains et au VIH. Ces actions visent à réduire la stigmatisation qui, selon les acteurs de la riposte, demeure l’un des principaux obstacles à l’accès aux soins et au dépistage.

Des chiffres alarmants sur la stigmatisation

Les données présentées lors de la rencontre montrent que la discrimination reste profondément ancrée dans les communautés. Au Togo, 33,6 % des personnes vivant avec le VIH déclarent avoir été victimes de remarques discriminatoires ou de commérages au sein de leur famille, dont 14,7 % au cours des 12 derniers mois. Par ailleurs, 34 % des personnes interrogées estiment que leur confiance en soi a été négativement affectée par leur statut sérologique.

À l’échelle mondiale, les chiffres sont tout aussi préoccupants : une personne vivant avec le VIH sur quatre affirme avoir subi des actes de stigmatisation et 85 % déclarent ressentir une stigmatisation internalisée, marquée par la peur du rejet ou la honte.

Un obstacle majeur à la lutte contre le VIH

Pour Angele Maboudou Akouavi, conseillère en information stratégique à ONUSIDA, la discrimination constitue un frein majeur à la riposte contre l’épidémie.

« La stigmatisation décourage le dépistage, l’accès aux soins et compromet les avancées réalisées dans la lutte contre le VIH », a-t-elle expliqué, rappelant que les objectifs internationaux 95-95-95 – dépistage, traitement et suppression de la charge virale – ne pourront être atteints sans une réduction significative des discriminations.

Vers l’objectif d’élimination du VIH d’ici 2030

Prenant la parole, Coumba D. Sow a salué les efforts du Conseil National de Lutte contre le Sida et les IST et de l’État togolais pour intégrer la lutte contre la discrimination dans les politiques publiques. Elle a également rendu hommage aux organisations communautaires et aux réseaux de personnes vivant avec le VIH qui, depuis des décennies, mènent le combat pour l’égalité et la dignité.

Pour les acteurs de la riposte, le rapport 2025 constitue à la fois un miroir des réalités vécues par les personnes concernées et un outil stratégique pour orienter les politiques publiques.

« Derrière ces statistiques, il y a des vies, des femmes, des enfants et des drames humains. Ensemble, nous devons mettre fin à la stigmatisation pour que le Togo puisse atteindre l’objectif de mettre fin à l’épidémie de VIH d’ici 2030 », a conclu le président du RAS+.

Le défenseur

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