En projetant 14,2 milliards FCFA pour la subvention des produits pétroliers en 2026, l’État togolais affiche une volonté de contenir, au moins partiellement, la pression énergétique sur le quotidien des ménages. L’objectif est clair : amortir le choc des coûts de l’énergie sur le panier de la ménagère, dans un contexte où chaque franc compte.
Mais derrière cette annonce se cache une baisse brutale par rapport à l’exercice précédent. En 2025, l’enveloppe avoisinait les 25 milliards FCFA. Une contraction de cette ampleur interroge. Est-elle le fruit d’anticipations optimistes sur les marchés internationaux ? D’un arbitrage budgétaire contraint ? Ou le signal d’un virage assumé vers une nouvelle architecture des aides publiques ? Le silence des autorités sur les motivations exactes nourrit le débat.
Cette inflexion intervient alors que les partenaires techniques et financiers, au premier rang desquels le FMI, encouragent une réorientation des subventions généralisées vers des dispositifs plus ciblés, notamment des transferts directs aux populations vulnérables. Sur le papier, l’approche promet davantage d’efficacité budgétaire. Sur le terrain social, elle pose une question centrale : comment protéger, sans heurts, des ménages déjà éprouvés par la vie chère ?
Depuis la dernière révision tarifaire de décembre 2024, les prix à la pompe sont restés stables. Le gasoil, l’essence super et les autres produits n’ont pas connu de nouvelle hausse. Cette stabilité, fragile mais salutaire, a offert un répit aux transporteurs, aux travailleurs informels et à l’ensemble des consommateurs. À l’orée de 2026, l’attente est forte : ne pas toucher aux prix à la pompe. Toute augmentation risquerait de déclencher une réaction en chaîne sur les transports, les denrées alimentaires et, in fine, le climat social.
Le volet social se joue également sur le terrain du gaz domestique, indispensable aux foyers et stratégique dans la lutte contre la déforestation. Là encore, l’enveloppe prévue recule, passant sous les niveaux de l’an dernier. Un signal qui mérite vigilance, tant ce combustible conditionne à la fois le bien-être des familles et les objectifs environnementaux du pays.
En définitive, la loi de finances 2026 ouvre un chantier sensible : concilier discipline budgétaire, justice sociale et stabilité des prix. À l’heure où le pouvoir d’achat demeure une préoccupation majeure, le gouvernement est attendu sur un engagement fort : préserver la paix sociale en renonçant à toute hausse des prix des carburants en 2026, tout en expliquant clairement les choix opérés. Car en matière d’énergie, la transparence est aussi un carburant de confiance.
La rédaction






