Malgré les mesures de grâce annoncées par les autorités togolaises, la question des prisonniers politiques demeure entière.
Si plusieurs libérations ont été enregistrées ces dernières semaines, des dizaines de personnes restent encore privées de liberté, suscitant inquiétudes et appels pressants à un véritable geste d’apaisement.
D’après le Front Touche pas à ma Constitution et l’Association des victimes de la torture au Togo (ASVITTO), au moins 75 détenus d’opinion ont retrouvé la liberté dans le cadre des récentes décisions présidentielles. L’information a été confirmée par Kao Atcholi, deuxième porte-parole du Front et président de l’ASVITTO, qui précise toutefois que 68 autres prisonniers politiques restent incarcérés à ce jour.
Selon ces organisations, les détenus encore en prison répondent aux mêmes critères juridiques que ceux déjà libérés, notamment au regard des normes internationales relatives aux droits humains. Elles dénoncent ainsi des détentions qu’elles qualifient d’arbitraires et estiment que la dynamique enclenchée par les grâces reste incomplète.
Parmi les figures citées figurent Jean-Paul Oumolou, Margueritte Gnakadé, ancienne ministre de la Défense, ainsi que Kpatcha Gnassingbé, emprisonné depuis 2009 et condamné à vingt ans pour atteinte à la sûreté de l’État. Sa situation, en particulier, continue d’alimenter le débat politique et judiciaire.
Kao Atcholi appelle le président du Conseil, Faure Gnassingbé, à aller plus loin en autorisant la libération des détenus restants. Selon lui, les dossiers sont documentés et un tel acte constituerait un signal fort en faveur de la décrispation et du dialogue national.
Dans un contexte marqué par les appels à la vigilance citoyenne, aux réformes politiques et à un apaisement durable, les organisations de défense des droits humains insistent : sans la libération de tous les détenus d’opinion, la réconciliation restera inachevée et la nouvelle année politique commencera sous le signe des mêmes tensions persistantes.






