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Pâques : “Ecce Homo”, la Révolution de l’Amour

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En ce jour de Pâques, le message proposé par le professeur Roger Folikoue, RCJ, s’impose comme une méditation dense et profondément actuelle. À travers l’expression biblique « Ecce Homo » — « Voici l’homme », prononcée par Ponce Pilate en présentant Jésus flagellé — l’auteur déploie une réflexion qui traverse les siècles, les cultures et les systèmes de pensée pour toucher au cœur de la condition humaine.

D’emblée, Roger Folikoue interpelle : « le Ressuscité est aussi et toujours le Crucifié, une unique identité en des phases différentes ». Cette affirmation centrale refuse toute dissociation entre la souffrance et la gloire, entre la croix et la vie. Elle rappelle que la Résurrection n’efface pas la Passion, mais en constitue l’accomplissement. Le « Ecce Homo » devient ainsi un fil conducteur qui relie toutes les étapes de la vie du Christ, « jusqu’à l’Enfant de la mangeoire », inscrivant l’amour de Dieu dans une continuité incarnée.

Mais l’analyse va plus loin. Pour l’auteur, « le Ecce Homo résumerait […] toutes les différentes phases de l’existence de l’amour de Dieu manifesté » tout en dévoilant « le prototype de ce que nous sommes ». L’homme, dans cette perspective, n’est pas seulement une créature fragile : il est appelé à être « un homme vivant, debout, un Sacrement de l’Amour ». Une vision qui fait écho à la célèbre formule de saint Irénée de Lyon : « la gloire de Dieu, c’est l’homme vivant ».

Dans cette dynamique, la Résurrection apparaît comme une réponse aux interrogations universelles de l’humanité. « La mort n’a pas le dernier mot », insiste Roger Folikoue, rappelant que le Christ « ne supprime pas la mort physique », mais en renverse le sens. Il vient confirmer une intuition ancienne, présente « dans toutes les cultures » : l’existence d’une vie au-delà du visible. Ce que l’auteur nomme « l’universel-particulier » prend alors tout son sens : la Résurrection, événement singulier, devient message universel.

Ce caractère universel permet également de dépasser les frontières confessionnelles. « Le message de la Résurrection du Christ […] n’est pas réservé uniquement aux chrétiens », souligne-t-il. Il constitue une parole adressée à toute l’humanité, une invitation à reconnaître en chaque culture une « opus dei », une œuvre de Dieu appelée à être fécondée.

Le cœur de cette réflexion demeure toutefois l’amour. « Le Ecce Homo apporte fondamentalement un message d’amour : Dieu t’aime », écrit l’auteur. Un amour qualifié de « révolutionnaire », car il renverse les logiques d’exclusion et de condamnation. À travers les figures de Zachée, de la Samaritaine, de Judas ou de Pierre, Roger Folikoue montre un Dieu qui s’approche, qui habite, qui relève et qui fait confiance, même dans la faiblesse humaine.

Cette révolution touche également à la perception du corps. En s’opposant à certaines traditions philosophiques — notamment l’idée platonicienne du corps comme « tombeau de l’âme » — l’auteur affirme que « le corps n’est plus un tombeau mais […] une œuvre de Dieu ». Le corps devient ainsi lieu de présence, temple, espace de manifestation du divin.

Dans une lecture audacieuse, Roger Folikoue dialogue aussi avec la critique philosophique moderne. Il évoque Friedrich Nietzsche et les « philosophes du soupçon » comme Karl Marx, Feuerbach ou Freud, posant une question provocatrice : « Nietzsche ne serait-il pas une grâce pour nous ? ». Loin de rejeter ces critiques, il y voit une opportunité de purifier les représentations erronées de Dieu. Car, selon lui, « ce ne sont pas Dieu […] mais nos mauvaises et fausses représentations de Dieu qui empêchent de vivre ».

Ainsi, le « Ecce Homo » devient principe de libération. Il « rétablit ce qui est faussé, assouplit ce qui est raide, réchauffe ce qui est froid », redonnant à l’homme sa dignité et sa joie de vivre. Il appelle également à une remise en question des pratiques religieuses elles-mêmes : « Et si la Pâques était un vécu quotidien et non une simple proclamation ? ».

Dans cette perspective, le message pascal dépasse le cadre liturgique pour devenir une exigence de vie. Il invite à marcher sur les « chemins d’Emmaüs » du monde contemporain, à bâtir « un Royaume de justice, de paix et d’amour », ici et maintenant.

En conclusion, la méditation de Roger Folikoue propose une vision profondément incarnée et universelle de Pâques. Le « Ecce Homo » n’est pas seulement une parole du passé : il est une interpellation vivante, un appel à devenir, aujourd’hui, des témoins de cette « joie pascale » au cœur du monde.

Joyeuses Pâques.

——————Le message au complet à découvrir 👇

ALLÉLUIA, ALLÉLUIA, ALLÉLUIA : ECCE HOMO

L’ expression « Ecce Homo, Voici l’ homme », est attribuée à Ponce Pilate, présentant Jésus flagellé et couronné d’épines à la foule.

Elle fait penser aussi à un ouvrage du grand philosophe nihiliste qui a proclamé la mort de Dieu pour la vraie libération de l’ homme, Friedrich Nietzsche.

Mais c’ est cette expression que nous retenons pour vous dire Joyeuses Pâques. Pourquoi ce choix?

D’ abord pour affirmer une chose simple: le Ressuscité est aussi et toujours le Crucifié, une unique identité en des phases différentes.
Mais le choix vise également à remonter jusqu’ à l’ Enfant de la mangeoire.

Le Ecce homo résumerait ainsi, d’ une part, toutes les différentes phases de l’existence de l’amour de Dieu manifesté mais, d’autre part, et plus fondamentalement, il de-voile le prototype de ce que nous sommes, de ce que nous devons être et de ce que nous rêvons tous d’être: un homme vivant, debout, un Sacrement de l’Amour.
On peut penser ici aux paroles de la chanson, l’amour a fait les premiers pas, mais aussi à la citation de St Irénée de Lyon  » la gloire de Dieu c’est l’homme vivant, l’homme debout ».

Par amour, Dieu s’est fait homme, le Verbe incarné (Noël); Dieu aime les hommes et Il les a aimés jusqu’au bout ( la passion du Christ); Dieu a traversé les ténèbres de la mort avec l’homme pour lui dire : « Je suis la Résurrection et la Vie , celui qui croit moi vivra, quand même il serait mort. » (Jn 11, 25)

Le Christ ne supprime pas la mort physique, une expression de notre finitude, mais il affirme que la mort n’a pas le dernier mot. Dieu par amour, et en son Fils, vient confirmer ce que les Hommes sentaient et appréhendaient depuis dans les différentes cultures: il y a une vie dans l’au-dela.
Oui l’au-delà de tout ce que nous voyons, l’au- delà du clair obscur; au- delà du visible, il y a une Vie Invisible.
C’est d’ailleurs la première révélation intimement liée à la conscience humaine et présente dans toutes les cultures et célébrée sous différentes formes.
C’est ce que nous pouvons appeler l’universel-particulier.

La Résurrection de Jésus-Christ, que nous désignons ici comme un particulier-universel, est la deuxième révélation qui vient apporter à son accomplissement ce qui est déjà en nous, la Vie
Et c’est à ce titre que le message de la Résurrection du Christ transcende un peuple et concerne toute l’humanité et par conséquent il n’est pas réservé uniquement aux chrétiens.

Le particulier-universel devient ainsi l’expression de la nécessaire contingence humaine qui porte, cependant, le message de l’universel devenant principe de vie qui féconde les particuliers existants.

Ecce homo est par conséquent le prototype, le principe de restauration et l’Étalon qui revitalisent les différentes cultures, saisies comme des opus dei (oeuvres de Dieu).

Le Ecce homo apporte fondamentalement un message d’amour et dit à chacun et à chacune : Dieu t’ aime.

Le Ecce homo est le signe de la révolution de l’ amour de Dieu, un Dieu qui n’ a pas peur de notre état de pécheur : À Zachée, il dit « Je dois habiter chez toi »; à la Samaritaine, il demande à boire ( j’ ai soif de toi); à Judas Iscariote, il dit:  » ce que tu fais, fais le vite »; à Simon Pierre, qui l’a pourtant renié, il confie la charge du troupeau ; à Jean, Voici ta Mère, prends la chez toi, et aux disciples désabusés, « Moi je suis avec vous tous les jours ».

Un amour révolutionnaire, source de transformation intérieure.

Le Ecce homo fait encore, au nom de l’amour révolutionnaire, une autre deconstruction.
Dans la culture grecque comme dans les autres cultures, il y a une représentation négative sur le corps considéré d’ailleurs par Platon comme le tombeau de l’âme.
En assumant notre humanité, Dieu a pris corps. Le corps n’ est plus un tombeau mais il est aussi une œuvre de Dieu.
Le corps c’est nous et nous sommes des Temples de Dieu.
Notre rapport au corps et de façon générale à ce que nous appelons le temporel, le passager, doit être regardé autrement pour être utilisé pour la gloire de Dieu.

Le Ecce homo libère, fondamentalement, l’Homme des mauvaises représentations sur lui-même et sur Dieu pour que tout être humain soit un chemin vers Dieu.

Ainsi, loin de maintenir l’être humain sous n’importe quelle forme d’ aliénation (femme va et ne pèche plus) , d’assujettissement (sois guéri de la lèpre) et d’exploitation de l’homme par l’ homme (le sabbat est fait pour l’homme et non l’homme pour le sabbat), le Ecce homo, dans le témoignage d’être tout à tous ( cf St Paul aux Corinthiens), constitue une réponse à la critique même de Nietzsche.

Nietzsche ne serait- il pas une grâce pour nous dans une démarche nécessaire et salutaire de déconstruction de nos préjugés sur l’homme et Dieu ? Le philosophe allemand ne serait- il pas d’ ailleurs d’actualité, tout comme les autres philosophes du soupçon (Karl Marx, Feuerbach, Freud), si nous nous laissons interpellés par leurs rudes et sévères critiques?

Car en réalité, ce n’est pas Dieu qui est source d’ aliénation , ce n’est pas non plus Dieu qui est mort ou qui doit mourir mais ce sont nos mauvaises et fausses représentations de Dieu qui empêchent de vivre , ôtent aux hommes et aux femmes la Joie de vivre et d’ exister ( cf François Varillon).

Et si le Ecce homo était le principe qui rétablit ce qui est faussé, assouplit ce qui est raide, réchauffe ce qui est froid, guérit ce qui blessé, redresse ce qui est courbé, libère ce qui est emprisonné, redonne la joie de vivre à tous ceux et à toutes celles qui sont coincé(e)s par une forme de la Bonne Nouvelle qui n’est plus Bonne Nouvelle.

Et si le Ecce homo était le principe vivifiant qui questionne nos pratiques, nos représentations et surtout nos institutions même religieuses dans leurs formes d’existence et de fonctionnement, alors la Pâques serait un vécu quotidien et non une simple proclamation par des mots car nous aurons compris que le Ecce homo a fait de nos chemins ses chemins d’Emmaüs.

Et alors nous, chrétiens, nous pourrons faire nôtres les paroles du chant d’Arlette Gilbert, transformées en musique par Raymond Fau :
Sur les routes des hommes et des femmes de notre temps, le Seigneur nous attend pour bâtir son Royaume de Justice, de paix et d’amour.
Ne serait-ce pas là la traduction en acte hic et nunc de la parole du Christ en Marc, le Règne de Dieu est au milieu de nous?

En communion avec les Essi, Awoussi, Akos, Akossiwa et Kossi soyons des témoins de la joie pascale au quotidien.

JOYEUSES PÂQUES

(Ekoué Roger la Joie de la Croix FOLIKOUE)

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