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Empire Gado : dividende d’Edik gelé, décisions retardées, institutions interpellées

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Trois ans après la disparition de NASSINI Gado Tchaïsso, figure emblématique de l’entrepreneuriat togolais, la succession du fondateur des Hôtels Concorde demeure enlisé dans un contentieux familial aux répercussions économiques et judiciaires majeures. Ce qui n’aurait pu être qu’un différend successoral classique s’est mué en un feuilleton judiciaire révélateur des lenteurs structurelles du système.

Au cœur du litige, la gestion et la répartition des parts sociales de trois sociétés constituant le noyau du patrimoine entrepreneurial familial — Hôtel La Concorde SARL, Galerie La Concorde SARL et Centre Commercial Polyvalent SARL.

À la suite du décès du fondateur en janvier 2023, ces structures ne compteraient plus que quatre associés, dont NASSINI Edik, détenteur de 25 % des parts sociales.

Des dividendes gelés, des droits contestés

Associé à hauteur de 25 %, Edik NASSINI affirme être privé depuis trois ans de ses dividendes et de tout droit de regard sur la gestion des sociétés. Selon ses correspondances adressées au ministère en charge de la Justice, il aurait été empêché d’accéder aux sièges et annexes des entreprises, sur instruction présumée de sa mère, PAYAKELE Bérèkissou.

Au-delà de la question des dividendes, c’est celle de la gouvernance et du respect des statuts qui est soulevée. En droit commercial, la qualité d’associé confère des prérogatives précises : droit à l’information, droit aux bénéfices, participation aux décisions collectives. Leur suspension, si elle est avérée, poserait la question d’une éventuelle violation des principes régissant les sociétés à responsabilité limitée dans l’espace OHADA.

Accusations graves et climat de rupture

Le différend familial a pris une dimension plus préoccupante lorsque l’intéressé affirme avoir été interpellé à trois reprises en 2023, à l’initiative de sa mère, peu après les funérailles de son père. Il évoque également des procédures judiciaires engagées pour restreindre sa jouissance des biens successoraux.

D’autres éléments viennent complexifier le dossier :

  • Désaccords sur l’administration provisoire des biens ;
  • Contestations autour du rôle du notaire désigné du vivant du défunt ;
  • Allégations de concurrence déloyale à travers la création de sociétés parallèles ;
  • Maintien d’un dispositif de sécurité privé empêchant l’accès à des immeubles dont il revendique la copropriété.

Dans un cadre familial, le recours au règlement amiable est souvent privilégié. Mais lorsque le dialogue se rompt, l’arbitrage judiciaire devient l’ultime voie légitime.

Une lenteur judiciaire interpellante

C’est précisément sur ce terrain que l’affaire prend une portée nationale. Plusieurs dossiers en référé et au fond seraient pendants devant la Cour d’appel de Lomé, certains mis en délibéré depuis 2025 sans décision rendue à ce jour, selon les déclarations du plaignant.

Cette situation intervient alors que le Togo a engagé ces dernières années des réformes ambitieuses pour renforcer la crédibilité de son appareil judiciaire et améliorer le climat des affaires. Une justice lente, surtout en matière commerciale, peut fragiliser la confiance des investisseurs et entamer l’efficacité des politiques publiques.

L’enjeu dépasse donc le cadre strictement familial : il interroge la capacité des institutions à garantir l’exécution rapide et équitable des droits économiques.

Héritage moral et responsabilité institutionnelle

Le nom de NASSINI Gado Tchaïsso reste associé à la réussite entrepreneuriale nationale, à Lomé comme à Kara. L’imbroglio judiciaire actuel contraste avec l’image d’un bâtisseur qui avait structuré son empire pour prévenir les conflits successoraux.

Trois ans après son décès, une question demeure : comment un patrimoine organisé peut-il devenir le théâtre d’une exclusion alléguée et d’un contentieux interminable ?

Dans un État de droit, la justice n’est pas seulement un arbitrage, elle est une garantie d’équilibre social. Lever le voile sur cette affaire, statuer avec célérité et impartialité, c’est permettre à chaque partie de bénéficier légitimement des dividendes de ses actions — au sens juridique comme au sens moral.

Car au-delà des parts sociales et des immeubles, c’est la crédibilité institutionnelle qui se joue.

Trois ans après la disparition de celui qui incarnait la réussite entrepreneuriale nationale, l’imbroglio judiciaire continue d’éroder l’image d’un empire bâti sur la rigueur et la vision.

La levée du voile judiciaire apparaît désormais comme une exigence, non seulement pour les héritiers concernés, mais aussi pour la crédibilité institutionnelle et économique du pays.

Le défenseur

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