Le congrès de l’Association Réveil de la Jeunesse (ARJ), initialement prévu les 29 et 30 août 2026, se tiendra finalement du 5 au 8 septembre. Dans cet entretien, le président continental de l’association, Ferdinand Djimadoum, revient sur les principales difficultés ayant conduit à ce changement de calendrier. Il évoque notamment les contraintes logistiques et financières, son arrestation et ses répercussions sur le fonctionnement de l’ARJ, ainsi qu’une affaire présumée de détournement de fonds dans certaines sections. Il apporte également des précisions sur son mariage, présenté par certaines rumeurs comme la cause du report, et détaille les dispositions prises pour assurer la réussite du prochain congrès.
Monsieur le Président, le congrès de l’Association Réveil de la Jeunesse est annoncé pour les 29 et 30 août prochains. Mais à quelques jours de cette échéance, des informations font état d’un possible report du congrès. Certaines rumeurs évoquent notamment votre mariage, qui aurait perturbé les préparatifs. Pouvez-vous nous confirmer ou nous démentir ces informations et nous dire ce qu’il en est réellement ?

Ferdinand Djimadoum : Le congrès d’une association constitue un moment fort et irremplaçable. Il permet de rassembler les membres, de débattre des orientations stratégiques et de prendre les grandes décisions démocratiques de la structure. Mais dans la vie, il y a les principes et les réalités.
Si je me réfère à mes cours de première année en sciences politiques, un principe est une règle, une idée ou une loi théorique de base, tandis que la réalité correspond à ce qui existe concrètement et se produit dans les faits.
Il est donc tout à fait normal qu’un congrès puisse être reporté lorsque les circonstances l’exigent. Cette décision dépend avant tout des règles fixées dans nos statuts.
Je voudrais également préciser que l’association a déjà manqué plusieurs opportunités de financement. Certaines réserves avaient notamment été exprimées par des partenaires concernant ma situation personnelle de célibataire. Aujourd’hui, certains partenaires accordent de l’importance à la stabilité et à la responsabilité personnelle du dirigeant lorsqu’il s’agit de financer une structure.
Mais je tiens à être clair : mon mariage ne constitue pas la raison du report. En tant que leader, je dois assumer mes responsabilités. Les murmures ne constituent pas un problème pour moi ; ce qui compte, c’est la réalisation parfaite de nos objectifs. Je le dis souvent : il faut écouter la foule et non la suivre.
Vous confirmez donc que le report repose sur des considérations liées à la préparation du congrès. Concrètement, quelles difficultés l’association a-t-elle rencontrées dans les semaines précédant cette échéance ?
Ferdinand Djimadoum : L’association a effectivement rencontré de sérieuses difficultés logistiques et financières dans la préparation du congrès. Nous avons notamment connu des retards dans la mobilisation des financements prévus.
Sur le plan logistique, la réservation de l’hôtel initialement envisagé n’a pas abouti. Nous avons également accusé un retard important dans la mise en place du comité d’organisation.
Ces différents problèmes ont progressivement rendu difficile le respect du calendrier initial. Or, nous ne voulons pas organiser un congrès dans la précipitation. Notre objectif est de garantir un événement de qualité, avec une bonne participation des membres et des conditions d’organisation à la hauteur des attentes.
Parmi les événements qui ont marqué cette période, vous avez vous-même été arrêté et détenu plusieurs jours à la suite d’accusations que vous avez toujours considérées comme infondées. Quel a été l’impact concret de cette affaire sur le fonctionnement de l’ARJ ?
Ferdinand Djimadoum : Une accusation portée contre un leader peut provoquer une crise profonde au sein d’une association. Elle peut entraîner la suspension de certaines activités et porter atteinte à la réputation publique de la structure.
Dans notre cas, cette situation a fragilisé le fonctionnement de l’association. Les réunions et les discussions ont parfois été davantage consacrées à cette polémique qu’aux projets de l’organisation.
Cette situation a également eu des conséquences sur la mise en place du comité d’organisation du congrès. Heureusement pour moi, les enquêtes minutieuses menées par la police ont permis de faire la lumière sur cette affaire et j’ai finalement été libéré.
Si les accusations portées contre moi avaient été établies, je ne serais certainement pas aujourd’hui devant vous pour répondre à cette interview. Cette période a donc incontestablement perturbé le calendrier que nous avions initialement établi.
Revenons justement à votre mariage. On retient que le mariage n’est pas du tout lié au report du congrès n’est-ce pas ?
Ferdinand Djimadoum : Écoutez, en Afrique, le mariage est un signe important de maturité et de responsabilité. Il ne réunit pas seulement un homme et une femme ; il lie également deux familles et constitue une étape importante dans la vie d’une personne.
Lorsqu’on trouve la femme de sa vie, il faut naturellement une préparation sérieuse. Mais je veux être très clair : mon mariage n’a pas affecté l’organisation du congrès.
Ce qui a véritablement bouleversé notre calendrier, c’est surtout mon arrestation et les conséquences de cette situation sur le fonctionnement de l’association. Le calendrier initial n’a donc pas été respecté pour ces raisons.
Il serait donc injuste de faire porter au mariage la responsabilité du report du congrès.
Autre difficulté évoquée au sein de l’association : une affaire présumée de détournement de fonds impliquant des membres de l’ARJ au Tchad et en Côte d’Ivoire. Que pouvez-vous nous dire sur cette situation et quelles mesures avez-vous prises ?
Ferdinand Djimadoum : Le détournement de fonds est une affaire grave lorsqu’une personne s’approprie ou utilise à des fins personnelles des ressources qui lui ont été confiées pour les besoins de l’association. Nous appliquons à ce sujet l’article 17-2 de nos statuts, qui condamne fermement le détournement des fonds ou des biens de l’association.
Cette situation s’est produite dans deux sections de l’ARJ. Celle du Tchad et la section de la Côte d’Ivoire. Dans l’un des cas, la personne concernée a été arrêtée et se trouve actuellement entre les mains des autorités compétentes.
Je dois également me rendre prochainement sur place afin d’écouter les concernés et de comprendre exactement ce qui s’est passé. Si les faits sont établis, les dispositions prévues par nos statuts pourront être appliquées.
Notre position est claire : nul ne peut utiliser les ressources de l’association à des fins personnelles. Mais nous devons aussi laisser les autorités compétentes faire leur travail. La vérité doit être établie avant de tirer des conclusions définitives.
Après toutes ces difficultés, quelle décision avez-vous finalement prise ? Les membres et les partenaires peuvent-ils désormais retenir une nouvelle date pour le congrès ?
Ferdinand Djimadoum : Oui. Une activité associative peut tout à fait être reportée lorsque les raisons sont fondées. Un report peut notamment être justifié par un cas de force majeure, un empêchement majeur, des problèmes de sécurité ou encore une insuffisance critique dans les préparatifs susceptible de compromettre l’objectif recherché.
Dans notre situation, nous avons estimé qu’il était préférable de reporter le congrès plutôt que de maintenir les dates des 29 et 30 août dans des conditions qui ne seraient pas satisfaisantes.
Nous retenons désormais la période du 5 au 8 septembre 2026 pour la tenue du congrès. Ce délai supplémentaire doit nous permettre de revoir les choses au clair, de finaliser les préparatifs et de réunir les meilleures conditions pour la réussite de cette rencontre.
Je voudrais enfin rassurer nos partenaires et les membres de l’ARJ : il s’agit bien d’un report et non d’une annulation. Cette décision répond à des raisons fondamentales que nous avons clairement évoquées. Nous voulons profiter de ce délai supplémentaire pour régler les difficultés rencontrées et organiser un congrès à la hauteur des attentes de l’ensemble de nos membres et partenaires.
Propos recueillis par Ghislain Dossa Kakpo






