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samedi, avril 4, 2026
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ANSAT : une signature qui traverse les frontières… sans bouger

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Au Togo, certaines situations ont atteint un niveau de familiarité tel qu’elles ne surprennent plus — elles amusent presque. Et parfois, elles arrachent un sourire aussi gêné qu’hilarant.

Le 31 mars 2026, l’Agence nationale de la sécurité alimentaire du Togo (ANSAT) publie, avec tout le sérieux administratif requis, sa note de service fixant les prix des produits vivriers pour la nouvelle campagne. Maïs, riz, sorgho, haricot : tout est calibré, pesé, aligné. Une mécanique bien huilée, fruit d’un atelier tenu à Atakpamé. Jusque-là, l’histoire suit son cours normal — presque ennuyeux.

Mais comme souvent, c’est dans les petites lignes que le spectacle commence.

La note est signée par le colonel Ouro-Koura Agadazi, directeur général de l’ANSAT… et par ailleurs ambassadeur du Togo en France, basé à Paris. Jusque-là encore, pourquoi pas. Après tout, les carrières polyvalentes ne manquent pas.

Sauf qu’un détail fait trébucher la logique : le document est officiellement « fait à Lomé ».

Et là, le doute s’invite.
Faut-il comprendre que le colonel maîtrise désormais l’art de la bilocalisation ? Ou que son stylo, plus agile que son titulaire, voyage en première classe pendant que lui reste tranquillement assis ?

Dans un monde où la technologie permet les réunions à distance, le Togo semble avoir franchi un cap supplémentaire : celui de la signature intercontinentale instantanée. Ici, pas besoin de visioconférence — un stylo suffit. Et quel stylo !

Ce petit épisode, à la fois cocasse et révélateur, illustre une réalité bien connue : le cumul des fonctions, devenu presque une discipline nationale. Certains dirigent, administrent, représentent… tout à la fois. Une polyvalence impressionnante, certes, mais qui soulève aussi une question simple : à force d’être partout, ne finit-on pas par être nulle part ?

Le cas Agadazi n’est peut-être pas unique. Mais il a au moins le mérite d’offrir une image saisissante — celle d’un État où les signatures voyagent plus vite que les hommes.

Et dans cette histoire, une chose est sûre :
au Togo, même les stylos ont des passeports diplomatiques.

Le défenseur

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