Du 2 au 11 novembre, la capitale togolaise accueillera la 13ᵉ édition du Festival Émergence, placée sous le signe du « Festival Nomade ». Au programme : projections de films, formations, rencontres professionnelles et développement de collaborations entre cinéastes africains et européens.
Le cinéma africain s’apprête à vivre dix jours de rencontres et de découvertes à Lomé. Officiellement lancée le vendredi 23 octobre 2026, la 13ᵉ édition du Festival Émergence, rebaptisée pour l’occasion « Festival Nomade », entend faire de la capitale togolaise un espace privilégié de dialogue entre les professionnels du septième art des deux continents.

Portée par l’ambition de « faire voyager vos regards », cette édition met l’accent sur la diversité des expressions cinématographiques, la formation des jeunes talents et la création de nouvelles opportunités de coopération. Du 2 au 11 novembre, réalisateurs, producteurs, scénaristes, techniciens et autres acteurs de l’industrie du cinéma se retrouveront autour d’une programmation mêlant projections, ateliers et échanges professionnels.
L’Afrique et l’Europe réunies autour du cinéma
Cette édition marque une nouvelle étape dans l’ouverture internationale du festival grâce à son partenariat avec Off-Courts de Trouville, en Normandie, en France. Cette collaboration s’inscrit dans le cadre du programme européen Togo Créatif, qui encourage les échanges culturels, les partenariats artistiques et les coproductions entre les acteurs des deux continents.

Baptisée « Rencontre cinématographique Afrique-Europe au Togo », cette initiative vise à rapprocher les professionnels, à favoriser le partage d’expériences et à faire émerger des projets communs. Selon Joël M’Maka Tchedre, directeur du Festival Émergence, environ 150 invités sont attendus, dont une quinzaine de professionnels européens et une centaine de participants africains, principalement issus de l’Afrique de l’Ouest francophone.
À travers cette mobilisation, le festival ambitionne de dépasser le cadre des projections pour devenir un véritable espace de coopération, où les rencontres peuvent déboucher sur des collaborations durables.


Une sélection qui célèbre la diversité du cinéma africain
Le village du festival, installé à la Blue Zone de Cacavéli, constituera le principal point de rassemblement des festivaliers. Le public pourra y découvrir une programmation internationale mettant en valeur la créativité des cinéastes et la diversité des regards portés sur les réalités contemporaines.
La sélection officielle comprend 43 films répartis entre plusieurs catégories, notamment les courts métrages de fiction, les documentaires, les films d’animation et les longs métrages, auxquels s’ajoutent des œuvres présentées hors compétition. Les productions retenues proviennent de plusieurs pays africains, dont le Togo, le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Cameroun, le Niger, le Burkina Faso, le Maroc, la Tunisie, la Mauritanie, le Gabon, la République démocratique du Congo et l’Égypte, entre autres.
Les courts métrages de fiction occupent une place importante dans cette programmation. Parmi les œuvres togolaises figurent notamment The Bike, d’Emmanuel Torko, Électroâme, de Carole Tchalla, Silence brisé, d’Aimé Sohlo, et La dernière bougie, d’Essorongda N’Dakpaze.
La catégorie documentaire propose également des regards variés sur les mémoires, les identités et les réalités sociales. On y retrouve notamment Murmures d’une mémoire, d’Amanou Yelebo, du Togo, ainsi que Amor.e, de Loba Kodjo, une coproduction entre le Togo et la Côte d’Ivoire.
Du côté des longs métrages, cinq œuvres sont annoncées, parmi lesquelles La bonne, du réalisateur togolais Amassan Koffi Nicoue, aux côtés de productions ivoiriennes, camerounaises et maliennes. Le programme prévoit également une sélection consacrée au cinéma norvégien, destinée à ouvrir le public à d’autres univers et traditions artistiques.
La compétition récompensera plusieurs réalisations. Le prix du meilleur long métrage est doté de 500 000 francs CFA, grâce au soutien de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).
Formation et accompagnement des jeunes talents
Au-delà de la programmation artistique, le Festival Émergence entend contribuer au renforcement des compétences et à la professionnalisation des acteurs du secteur. Plusieurs ateliers seront consacrés au jeu d’acteur, à l’écriture cinématographique et au développement de projets de longs métrages.
Un laboratoire de création réunira par ailleurs des mentors africains et européens autour de 18 producteurs et auteurs-réalisateurs. L’objectif est de les accompagner dans la maturation de leurs projets, depuis la conception initiale jusqu’aux perspectives de production.
La transmission des savoir-faire aux nouvelles générations figure également parmi les priorités de cette édition. Une trentaine de jeunes professionnels ouest-africains travailleront avec une dizaine de participants européens et cinq techniciens togolais à la réalisation de courts métrages. Les productions issues de cette expérience seront projetées durant le festival.
En parallèle, des ateliers d’initiation au cinéma d’animation seront organisés dans des établissements scolaires. Une démarche qui vise à éveiller la curiosité des plus jeunes et à leur faire découvrir les possibilités offertes par les métiers de l’image.
Les partenaires misent sur de nouvelles collaborations
Les institutions partenaires soulignent la portée culturelle et professionnelle de cette initiative. Sandra Fernández, chargée de programmes à la section Coopération de la délégation de l’Union européenne, a notamment mis en avant le rôle du festival dans la formation, les échanges et la mise en réseau des professionnels du cinéma.
Ces espaces de travail et de rencontre peuvent, selon cette approche, favoriser la naissance de nouvelles collaborations entre les acteurs africains et européens, tout en renforçant les perspectives de développement de l’industrie cinématographique.
De son côté, Lionel Vignacq, conseiller de coopération et d’action culturelle et directeur de l’Institut français du Togo, s’est réjoui de l’intégration du Festival Émergence au programme Festival Nomade. Il a rappelé que Togo Créatif bénéficie du financement de l’Union européenne et est mis en œuvre par l’Institut français du Togo et le Goethe-Institut.
L’événement bénéficie également de l’appui de partenaires engagés dans la promotion de la création et de la diversité culturelles.
Lomé, carrefour des nouvelles ambitions cinématographiques
Avec cette 13ᵉ édition, le Festival Émergence entend donner une nouvelle dimension aux rencontres entre les cinémas africain et européen. En associant diffusion des œuvres, formation pratique et accompagnement des projets, le rendez-vous ambitionne de contribuer à la structuration d’un secteur confronté à des enjeux de financement, de production et de circulation des films.
Pour les cinéastes togolais et ouest-africains, ces dix jours représentent une occasion de présenter leurs créations, de confronter leurs expériences et de nouer des partenariats susceptibles de donner naissance à de nouvelles productions.
Du 2 au 11 novembre 2026, Lomé sera ainsi appelée à faire dialoguer les imaginaires, les talents et les cultures. Une ambition qui place la création au centre des échanges et confirme le rôle que les festivals peuvent jouer dans le développement et le rayonnement du cinéma africain.
La rédaction





