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CEET : une dette de plus de 300 milliards FCFA sous pression

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La Compagnie Énergie Électrique du Togo (CEET) fait face à une situation financière préoccupante. Dans son rapport publié en juillet 2026, le Fonds monétaire international (FMI) estime sa dette cumulée à environ 550 millions de dollars, soit plus de 300 milliards de FCFA à fin 2024. Ce montant représente près de 5,2 % du produit intérieur brut (PIB) du Togo, faisant des difficultés financières de l’entreprise publique un enjeu majeur pour les finances de l’État.

Les pertes enregistrées par la société confirment l’ampleur des difficultés. Pour la seule année 2025, elles sont estimées à environ 25 milliards de FCFA. Selon le FMI, ce déséquilibre s’explique notamment par des tarifs de l’électricité inférieurs d’environ 22 % aux coûts réels d’approvisionnement, auxquels s’ajoutent les dépenses élevées liées aux importations d’énergie, notamment depuis le Nigeria et le Ghana.

Une dette qui engage aussi l’État

Au-delà des chiffres, la structure de l’endettement de la CEET constitue une source de préoccupation. Environ 52 % de sa dette provient de financements contractés ou garantis par l’État, puis rétrocédés à l’entreprise. Ce mécanisme signifie que le gouvernement emprunte auprès de bailleurs de fonds avant de mettre les ressources à la disposition de la société publique, qui doit ensuite les rembourser.

Lorsque la CEET ne parvient pas à honorer ses engagements, le risque financier se reporte sur les finances publiques. L’État peut alors être contraint d’intervenir pour soutenir l’entreprise, au détriment de ses capacités à financer d’autres priorités, notamment la santé, l’éducation et les infrastructures.

Le FMI considère ainsi la situation comme un risque budgétaire important et appelle à une restructuration du secteur électrique afin de rétablir progressivement la viabilité financière de la compagnie.

Un audit attendu avant mars 2027

Face à ces difficultés, les autorités togolaises se sont engagées à publier, avant la fin du mois de mars 2027, un audit complet de la CEET couvrant ses dimensions institutionnelle, financière, technique et opérationnelle. Cette évaluation doit permettre de mieux cerner les causes des déséquilibres et de définir les mesures correctives nécessaires.

Un contrat de performance assorti d’objectifs chiffrés est également prévu. L’objectif est de renforcer la gestion de l’entreprise et de rendre les résultats des réformes plus facilement mesurables.

Sur la question des tarifs, le rapport du FMI ne prévoit pas, à ce stade, de nouvelle hausse au-delà de la grille appliquée depuis mai 2025. Il évoque toutefois la possibilité d’une tarification davantage alignée sur les coûts réels à moyen terme. Une perspective sensible, alors que les ménages restent directement exposés à toute augmentation de leur facture d’électricité.

Réformer avant de faire payer davantage les consommateurs

Le redressement de la CEET apparaît désormais incontournable. Toutefois, l’ajustement des tarifs ne saurait constituer l’unique réponse à ses difficultés financières. La réduction des pertes techniques et commerciales, le recouvrement des factures impayées, la maîtrise des coûts et l’amélioration de la gouvernance doivent occuper une place centrale dans le processus de réforme.

La transparence sur la situation financière de l’entreprise sera également déterminante pour restaurer la confiance et garantir une utilisation plus efficace des ressources publiques.

L’enjeu pour les autorités togolaises consiste donc à rétablir l’équilibre financier de la CEET sans faire peser l’essentiel de l’effort sur les consommateurs. Car, si les pertes continuent de s’accumuler sans correction structurelle, les contribuables risquent d’en supporter indirectement le coût, tandis que les ménages pourraient être confrontés à de nouvelles hausses tarifaires. La réussite de la réforme dépendra ainsi de la capacité de l’État à assainir durablement la gestion du secteur électrique tout en préservant le pouvoir d’achat des populations.

La rédaction

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