Au Togo, 30 % des clientes interrogées se confient d’abord à leur coiffeuse lorsqu’elles traversent une difficulté, contre moins de 1 % qui sollicitent en premier un professionnel de santé. C’est l’un des principaux enseignements de la Trust Study, publiée le 8 octobre 2026 par la Bluemind Foundation, à partir d’une enquête menée auprès de 576 femmes à Lomé, Kara, Sokodé et Dapaong.
La famille demeure le premier recours, citée par 41 % des répondantes, tandis que 89 % des clientes rencontrées en entretien affirment partager avec leur coiffeuse des préoccupations qu’elles n’abordent avec personne d’autre. Ces chiffres mettent en lumière la place particulière qu’occupent les salons de coiffure dans l’écoute et le soutien psychologique des femmes.
Face au manque de spécialistes en santé mentale, cette relation de confiance constitue un levier pour faciliter l’accès aux soins. Depuis 2021, le programme Heal by Hair forme des coiffeuses à repérer les signes de détresse, à écouter les clientes et à les orienter vers des professionnels qualifiés.
Selon l’étude, 69 % des clientes accepteraient une orientation vers un service de santé mentale proposée par leur coiffeuse, tandis que 30 % se disent encore hésitantes. La Bluemind Foundation rappelle toutefois que cette démarche ne peut être efficace sans des services de soins accessibles et abordables.
Présentée comme exploratoire, l’étude ne mesure pas directement les effets du programme sur la santé des bénéficiaires. Elle souligne néanmoins le potentiel des réseaux de confiance de proximité pour rapprocher les femmes des dispositifs de prise en charge psychologique.





