Dans un hommage empreint de foi, de reconnaissance et de profondeur philosophique, Roger Folikoué, philosophe et universitaire togolais, rend hommage à Papa Kokou Philippe Koudoglo, disparu récemment. Sans l’avoir connu personnellement de son vivant, l’auteur affirme avoir découvert sa personnalité à travers l’un de ses « fruits » : sa fille, Sœur Esther Koudoglo, qu’il a connue lorsqu’elle était étudiante à l’Institut supérieur Don Bosco d’Akodessewa.
S’appuyant sur la parole évangélique — « On reconnaît l’arbre à ses fruits » — Roger Folikoué transforme cet hommage en une réflexion sur l’héritage familial, la transmission et la foi. Il évoque notamment le parcours de Philippe Koudoglo, infirmier d’État et engagé au service de l’Église au sein de l’Ordre de Saint Jean International.
À travers le parcours de Sœur Esther, l’universitaire revient également sur les valeurs qu’il associe à son éducation : le sourire comme signe d’accueil, le goût de la formation et le talent musical mis au service de l’annonce de l’Évangile. Pour lui, ces qualités constituent autant de témoignages de ce qu’un parent peut transmettre à ses enfants.
Au-delà de l’éloge funèbre, le texte de Roger Folikoué se présente ainsi comme une méditation sur la mort chrétienne, perçue non comme une fin, mais comme un passage vers une autre vie. Il s’achève dans la prière, avec une invocation à la Vierge Marie pour accompagner Papa Philippe Koudoglo vers le « Royaume du Père Éternel ».
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HOMMAGE
À
PAPA KOKOU PHILIPPE KOUDOGLO
« On reconnaît l’arbre à ses fruits » ( Mt 7, 16; Lc 6, 44)
Papa Philippe KOUDOGLO, vous êtes venu dans ce monde un mercredi et, par filiation, vous êtes un natif de Koutoukpa, un village où j’avais passé, il y a quelques années, un court sejour grâce à la sœur Joséphine AMÉLAKPO.
Alors je peux vous dire : » Ewlessé ».
Oui Merci d’ avoir vécu au milieu de nous sur cette terre des hommes et des femmes.
Merci d’ avoir porté des fruits durant votre existence terrestre.
Merci d’ avoir été un lieu de manifestation de Dieu parmi nous, car vous êtes un de ses sacrements.
Merci d’ avoir soigné des hommes et des femmes en votre qualité d’infirmier d’état.
Merci d’ avoir servi l’ Église dans l’Ordre de Saint Jean International, Commanderie N° 464 et Auxiliary N°354 Sainte-Famille d’Atakpamé.
Merci d’exister à présent sous un autre mode. Car, pour nous les chrétiens, et ailleurs dans les traditions religieuses en Afrique, il y a une autre vie après celle de la terre.
La foi chrétienne nous enseigne que la mort n’ est pas la destruction de la vie mais sa transformation. Et ainsi dans le Christ, la mort est un passage vers la vie avec Dieu, Source de Vie.
Je peux alors paraphraser ce chant liturgique en disant :
Papa Kokou Philippe KOUDOGLO, contemplez désormais et davantage Dieu, l’Unique Source de vie.
Et vous me demandez : mon fils pourquoi cet hommage puisque tu ne m’as pas connu sur cette terre, mais moi Philippe, là où je suis maintenant, je te vois?
Papa, oui c’est vrai je ne vous ai pas connu mais en même temps je vous ai connu par un de vos fruits.
Et c’est en ce moment que l’ une des paroles évangéliques me remonte à l’ esprit :
« On reconnaît l’arbre à ses fruits. On ne vendange pas des raisins sur des ronces et on ne cueille pas des figues sur des chardons » ( Mt 7, 16 et Lc 6, 44).
Papa Philippe KOUDOGLO, je vous ai connu par la Soeur Esther KOUDOGLO, votre fille.
C’ est à l’ Institut Supérieur Don Bosco à Akodessewa, en ma qualité d’ enseignant de philosophie, que mes pas ont croisé ceux d’ Esther comme étudiante.
La première caractéristique qui a retenu mon attention est son sourire. Oui le sourire, un signe d’accueil et de disponibilité intérieure.
Pour Sainte Thérèse de Lisieux, le sourire est à l’origine de sa guérison miraculeuse (cf. le sourire de Marie , 13 mai 1883) mais le sourire est fondamentalement l’expression de la confiance en l’amour de Dieu.
Le sourire semble être un élément banal mais il est un puissant moyen d’ évangélisation. Il est, à ce titre, un signe de témoignage de l’amour reçu de Dieu et de l’amour de Dieu à révéler aux autres.
N’est-il pas, de ce fait, un des habits essentiels d’ un religieux ou d’une religieuse au-delà des diverses formes d’habits extérieurs?
La deuxième caractéristique de la sœur Esther qui a retenu mon attention, pour l’ éducateur que je suis, est son amour pour se former afin de développer ses talents pour les mettre au service des autres et de la mission.
Et la troisième est sa voix pour louer Dieu.
Je me souviens du projet que nous avions eu de créer un groupe musical, composé de religieuses, de religieux, de prêtres et des laïcs, pour faire des concerts, des opéras et des spectacles pour annoncer l’Évangile. Il s’agissait, pour nous, de faire de la musique et du spectacle un moyen d’évangélisation dans notre pays et sur notre continent.
Je pense ici au père Alphonse OWOUDOU, salésien, à certains étudiants de l’Institut Don Bosco et aux jeunes du groupe Kumbaya du Rameau de Jessé. Nous avions timidement commencé quelque chose mais hélas ça n’a pas pu aboutir.
Sr Esther, en te voyant avec ta guitare, je pense à la religieuse belge Jeanine Deckers en religion Sr Luc- Gabriel, connue sous le nom d’artiste Sœur Sourire, auteur et interprète de la chanson Dominique, un tube qui a connu un succès mondial.
Papa KOUDOGLO, par la sœur Esther, votre fille je vous ai connu car s’ il est vrai que les parents sont les présupposés des enfants, il est tout autant vrai que les enfants dé-voilent, par leur éducation, leurs parents.
Ils sont ainsi des couronnes sur la tête des parents.
Merci pour ce que vous et votre épouse , vous avez transmis à Esther et aux autres.
Que la Vierge Marie, invoquée à Togoville sous le nom de Mère de la Miséricorde et, à Ayomé, sous le nom de Médiatrice de toutes les grâces, vous tienne la main et vous conduise au Royaume du Père Éternel.
Et dans son Royaume, souvenez-vous de nous.
Magnificat
Roger la Joie de la Croix FOLIKOUE





