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Nucléaire : l’Afrique veut passer de l’ambition à l’action

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Le retour du nucléaire sur la scène mondiale ouvre une nouvelle bataille autour de l’énergie, de la souveraineté technologique et de l’intelligence artificielle. Face à l’explosion des besoins en électricité, notamment pour les data centers et les industries, l’Afrique entend désormais éviter de reproduire le modèle consistant à exporter ses ressources tout en important technologies et valeur ajoutée.

Dans cette perspective, le continent doit développer ses propres compétences, renforcer ses cadres réglementaires, attirer les investissements et construire des chaînes industrielles capables de créer davantage de valeur localement. Le nucléaire ne doit pas être opposé aux énergies renouvelables : solaire, hydraulique, gaz, stockage, interconnexions et nucléaire peuvent au contraire constituer un bouquet énergétique adapté aux réalités de chaque pays.

Pour Faure Essozimna Gnassingbé, l’un des principaux défis reste toutefois le financement. Les technologies existent et les besoins sont croissants, mais le coût du capital et la perception du risque freinent encore de nombreux projets. L’enjeu est donc de rendre les programmes africains crédibles et finançables en consolidant les institutions, la sûreté, la formation et la stabilité réglementaire.

Le Togo entend justement avancer sur cette voie. Membre de l’AIEA depuis 2012 et siégeant à son Conseil des gouverneurs pour la période 2025-2027, le pays a créé en 2025 son Commissariat à l’énergie atomique et renforcé son cadre national dans le domaine nucléaire. Un nouveau programme de coopération avec l’AIEA couvre également la période 2026-2031.

Le chef de l’État plaide par ailleurs pour une approche africaine concertée, fondée sur la mutualisation des compétences, la formation, des mécanismes régionaux de garantie et une capacité collective de négociation. Les petits réacteurs modulaires (SMR) pourraient constituer une voie d’accès intéressante, à condition de privilégier la sûreté, la maturité technologique, le coût, le financement et le transfert de compétences plutôt que les considérations géopolitiques.

Dans cette dynamique, Lomé se positionne comme un futur espace de concrétisation. Le Togo accueillera du 1er au 3 juin 2027 le Nuclear Energy Innovation Summit for Africa, avec une ambition clairement affichée : « From Ambition to Execution ». L’objectif sera de dépasser le stade des annonces pour faire émerger des projets concrets, des financements structurés, des partenariats industriels et des programmes de formation.

Pour le Président du Conseil, l’enjeu est ainsi de permettre à l’Afrique de ne plus seulement participer au développement du nucléaire mondial, mais de disposer de la capacité de choisir ses technologies, ses partenaires et son propre modèle énergétique.

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